samedi 31 octobre 2015

Transat Jacques Vabre / Première semaine de course, les IMOCA à la loupe

A l'issue d'une semaine de course, force est de constater que la flotte des IMOCA de la Transat Jacques Vabre a payé un lourd tribut au mauvais temps qui sévit sur l'Atlantique Nord. Trois dépressions successives ont transformé l'Atlantique en un champ de mines. Les équipages comme les bateaux ont été fortement éprouvés. Ce samedi, 10 bateaux sont en course, 5 sont en escale ou en cours et 5 ont officiellement abandonné.


Banque Populaire VIII, IMOCA à foils en tête de la Transat Jacques Vabre.
Credit : Y.Zedda

Doutes dès le départ
Plusieurs skippers avaient exprimé leurs doutes lors du briefing de départ de la Transat Jacques Vabre quant à la situation météorologique que la flotte risquait de rencontrer. Le dilemme était le suivant : d'une part, faire confiance aux routages qui optimisaient les trajectoires et envoyaient les équipages viser le cœur d'une dépression particulièrement creuse avec, à la clé, des vents pouvant atteindre les 45 nœuds et une mer formée (creux de plus sept mètres) et dans un second temps la possibilité de mettre cap au sud avec des vents et une mer plus portants, plus facile à négocier.

La deuxième solution consistait à piquer vers le sud-ouest dans le golfe de Gascogne afin d'éviter le plus gros de la dépression, mais au risque de s'enquiller de longues heures au près, allure qui est loin d'être la préférée des monocoques IMOCA. De plus, cette option obérait fortement tout espoir de bien figurer au classement final.


On fait les comptes
A ce jour, ils sont cinq à avoir déclaré leur abandon, pendant que cinq autres équipages ont décidé de rejoindre un port. Pour plusieurs équipages, la jeunesse du projet, le manque de temps pour fiabiliser la machine, associés au très mauvais temps ont été à la racine des soucis techniques rencontrés. C'est le cas notamment de Edmond de Rothschild, Safran, et HUGO BOSS.

Fiabiliser un IMOCA, c'est aujourd'hui plusieurs mois de travail, des heures de navigation d'entraînement comme on répète ses gammes, des aller-retours fréquents entre les données recueillies en mer et le travail de chantier pour optimiser la machine.

D'autres pouvaient s'estimer prêts ; mais il ne faut pas perdre de vue que la casse mécanique fait aussi partie du sport. A bord de Maître CoQ, Jérémie Beyou et Philippe Legros ont estimé que la réparation de leur étai ne leur garantissait pas de pouvoir affronter le mauvais temps à venir. La déchirure de la grand-voile de Le bateau des Métiers by Aérocampus condamnait Arnaud Boissières et Stan Maslard à l'abandon.

Autres équipages à mettre le cap sur les côtes, Bastide Otio de Kito de Pavant et Yann Régniau et Adopteunskipper.net de Nicolas Boidevézi et Ryan Breymaier. L'équipage de St Michel - Virbac a annoncé hier qu'il ferait une escale technique à Madère suite à la rupture de plusieurs lisses dans le poste avant. SMA de Paul Meilhat et Michel Desjoyeaux, bord de fuite du voile de quille arraché, se rend en Guadeloupe.


Des efforts récompensés
Si les hommes de l'Ouest ont subi des conditions particulièrement dures, ils ont aussi recueilli les fruits de leur option puisque les équipages les plus radicaux Banque Populaire VIII, PRB, Quéguiner/Leucémie Espoir (et SMA) ont nettement creusé le trou sur la concurrence. Ces équipages sont aussi parmi ceux qui ont le plus navigué en amont de cette Transat Jacques Vabre. Ce sont aussi les mêmes qui ont trusté les podiums depuis le début de la saison de course.

Derrière, il faut noter les belles prestations de Tanguy de Lamotte et Sam Davies (Initiatives Cœur) qui rencontrent des soucis de safran, et de Thomas Ruyant et Adrien Hardy (Le Souffle du Nord). Partis sur une route médiane, ils mènent le peloton des partisans de l'option Est. En quatrième et cinquième position, ils pointent néanmoins à plus de 250 milles des leaders.


Un foiler en tête
Dernier représentant de la nouvelle génération des monocoques IMOCA encore en course, l'équipage de Banque Populaire VIII, leader depuis hier, a une sacrée responsabilité sur les épaules. Nul doute que ses performances seront passées au crible !


Par la rédaction
Source : I.Delaune/IMOCA

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