samedi 7 mai 2016

The Transat / Superbe duel en tête des Ultimes, léger avantage François Gabart : "C’est forcément usant"

Alors que la mi-course de The Transat bakerly vient d’être dépassée, l'Ultime MACIF termine le contournement de l’anticyclone des Açores par le sud. Il fait maintenant route vers New York, où il devrait arriver mardi. Toujours en tête, avec en fin d'après-midi une cinquantaine de milles d'avance sur Thomas Coville, François Gabart s’attend à une fin de course tendue. A noter que la tempête, qui a balayé la flotte hier et cette nuit avec des pointes à 60 noeuds, ne semble pas avoir fait de casse majeure. 


Credit : Y.Riou/Macif

ULTIME : Un duel au couteau
Depuis le départ de Plymouth lundi dernier, ils ne se quittent pas ! Ayant tous les deux choisi de contourner l’anticyclone des Açores par le sud, François Gabart et Thomas Coville jouent au chat et à la souris. C’est le premier qui mène les débats depuis deux jours, à la faveur d’un petit décalage au sud. « Plus tu vas vers l’extérieur de l’anticyclone, plus tu fais du chemin, mais plus tu as de vent », explique-t-il.

Ce duel avec Thomas Coville n’est pas sans lui rappeler celui qu’il a livré sur le dernier Vendée Globe, avec Armel Le Cléac’h : « A chaque fois que je fais une course et que j’ai un petit copain à côté de moi, j’y pense. Cela a été un super entraînement pour gérer la pression sur le long terme. Là, les deux bateaux sont à moins de deux heures l’un de l’autre. C’est forcément usant, mais c’est la compétition ! Maintenant, il va falloir naviguer le mieux possible et ne pas faire d’erreur pour essayer de maintenir Thomas derrière nous jusqu’à la fin. »


Se préparer au sprint final
Les dernières 48 heures sous l’anticyclone des Açores ont été particulièrement propices à la glisse du trimaran MACIF qui a pu exprimer tout son potentiel, posé sur ses foils : « Pas beaucoup de mer, du vent, une température idéale, c’est hyper agréable, confirme François Gabart. Dans ces conditions, le bateau vole complètement, il n’y a plus rien dans l’eau, le flotteur sous le vent devient sec ! »

Le skipper en profite pour emmagasiner du sommeil en vue des derniers jours de course. « Je dors le plus possible, parce que je sais qu’il reste du boulot. Il y aura vraisemblablement pas mal de manœuvres à faire, du vent assez instable et j’aurai du coup moins l’occasion de me reposer. »

Après cinq jours de course, l’homme semble en tout cas se porter à merveille : « Musculairement, je suis maintenant bien chaud, les bras se sont habitués à tourner les colonnes de winch. Je passe aussi pas mal de temps à bricoler et à optimiser le bateau pour qu’il soit à 100% de son potentiel pour la fin de course. »


Une  fin de course assez désordonnée
Navigant au portant depuis la sortie de la Manche, le trimaran MACIF, qui en aura fini dans la journée de samedi avec le contournement de l’anticyclone des Açores, va accélérer peu à peu, au fur et à mesure qu’il pointera ses étraves vers New York :

« Nous allons retoucher du vent fort à partir de la nuit prochaine, pour un long bord bâbord (vent venant de la gauche) qui va nous rapprocher de New York. Ensuite, il y aura un thalweg ; à savoir une dépression face à du vent fort, qu’il s’agira de négocier au près. La fin de course a l’air assez désordonnée, avec toujours de l’air mais qui tourne dans tous les sens. »

L’atterrissage sur New York, prévu mardi, devrait donc être assez délicat : « Si tout va bien, nous serons lundi soir à 150-200 milles de New York, mais le vent tombe complètement sur la fin. Si bien que nous pourrons aussi bien arriver en fin de nuit que mardi soir. Ça va être compliqué, avec pas mal de manœuvres, il va falloir se battre ! Il est probable que j’arrive fatigué à New York ! »



Elle était attendue, elle est venue et elle a sérieusement balayé l’Atlantique Nord. La dépression açorienne a été violente mais brève et a secoué tous les partisans de la route Nord. Les marins racontent.


Thibault Vauchel Camus (Class40 – Solidaires en peloton-ARSEP) : 
« Je suis encore un peu dans le coup de vent. Il y a des claques à plus de 35 nœuds. J’ai vu 56 nœuds à l’anémomètre cette nuit ! On a été bien servi, mais ça a été que du portant. J’ai même dû me mettre en fuite quelques heures… Je suis bien content que mon pilote marche si bien et j’ai battu le record du bateau à 27 nœuds. C’est sympa mais pas trop souvent. » 

Louis Duc (Class 40-CARAC) : 
« Tout va bien, on dirait même que c’est les vacances… Grand soleil en terrasse ! Un peu humide encore par contre… Il y a encore 30 - 35 nds dehors, j’ai passé la nuit sous 3 ris trinquette arisée, les portes fermées pour être un minimum au sec. Cette nuit, c’était un peu la piste du Dakar : à fond les ballons dans les bosses ! 40-45 nds de vent, avec des rafales à plus de 50, le bateau déboulait à plus de 20 nds la dedans… Rien de cassé à bord et je ne vais pas tarder à renvoyer de la toile progressivement. »

Isabelle Joschke (General-Horizon Mixité) : 
« C’était incroyable. Une fois qu’on avait fait le tour de la dépression par le nord et qu’on est rentré dans le Sud-Ouest, le vent est remonté très fort, très rapidement et très vite on a eu 45-50 nœuds, et pendant plusieurs heures entre 50 et 60 nœuds, parfois un peu plus. Le bateau allait bien, il allait très, très, vite. Moi, j’étais à l’intérieur. 

Je me demandais ce qu’il allait se passer, ce que je pouvais faire si ça partait en sucette, si le bateau pouvait supporter ça. Dans les surfs, il y avait un bruit de dingue. C’était vraiment stressant, et en même temps assez drôle aussi. Je n’avais jamais navigué dans des conditions comme ça, dans autant de vent. J’ai amené le bateau à 25 nœuds, cela ne m’était jamais arrivé. C’est vraiment une expérience.»


Classements le 7 mai à 12h GMT +1 :
Ultimes
1. François Gabart (Macif), à 1 458 milles de l'arrivée
2. Thomas Coville (Sodebo), à 43 milles
3. Yves Le Blevec (Actual), à 218 milles

IMOCA
1. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), à 1 740 milles de l'arrivée
2. Vincent Riou (PRB), à 44 milles
3. Jean-Pierre Dick (St-Michel Virtbac), à 84 milles

MULTI50
1. Lalou Roucayrol (Arkema), 1 847 milles de l'arrivée
2. Gilles Lamiré (French Tech - Rennes St Malo), à 130 milles
3. Pierre Antoine (Olmix), à 255 milles

CLASS40
1. Phil Sharp (Phil Sharp Racing), à 2 108 milles de l'arrivée
2. Isabelle Joschke (Generali - Horizon mixité) à 3 milles
3. Thibault Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton - ARSEP) à 18 milles

Par la rédaction
Sources : S.André - The Transat - ScanVoile

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