dimanche 15 mai 2016

The Transat / Vincent Riou (PRB), deuxième à New York : "Je n’avais plus aucune voile plate"

Deuxième ! En franchissant la ligne d’arrivée à New York à 20h 20’ 11’’ heure française, Vincent Riou prend la deuxième place de The Transat bakerly en IMOCA. Un résultat d'autant plus satisfaisant que le skipper de PRB était privé de deux voiles majeures, ayant perdu deux génois 36 heures après le départ. Son temps de course officiel : 12 jours 04 heures 50 minutes 12 secondes à la moyenne de 12,74 nœuds sur l’eau. Il finit 2 heures 21 minutes 32 secondes derrière le vainqueur IMOCA Armel Le Cléac’h. 


Vincent Riou et PRB, 2e de The Transat à New York
Credit : Lloyd Images

Privé de deux voiles majeures 36 heures après le départ, Vincent Riou a révélé, peu avant son arrivée, comment il a dû penser sa course autrement. Au niveau du Cap Finisterre, le skipper de PRB a en perdu deux génois ; l’un de 150 m² essentiel pour faire du près ou du louvoyage dans 0 à 18 nœuds de vent ; l’autre de 200 m² utilisé pour les mêmes angles de vent entre 0 et 15 nœuds de vent. Deux voiles qui lui ont cruellement manqué dans toutes les traversées de dorsale et sur la période d’arrivée après la porte des glaces.


Pouvez-vous nous dire avec le recul des 12 jours de course comment vous analysez votre course ?
Vincent Riou : « Il y a une chose qui m’a guidé sur cette Transat. Une chose que je n’ai pas choisie voire même que j’ai subie. J’ai perdu deux voiles 36 heures après le départ : mon JO et mon J1 (génois utilisés dans les conditions expliquées ci-dessus, ndlr). Cela s’est passé au niveau du Cap Finisterre. 

J’ai voulu anticiper un empannage que je prévoyais en début de nuit. Avant la tombée du jour, j’ai matossé mes voiles. Elles étaient pleines d’eau, je les ai déplacées sous le vent et je les ai sanglées à un chandelier. Ce sont des manœuvres toujours compliquées et plus dangereuses dans la nuit. C’est pour ça que j’ai voulu anticiper. 

Trente minutes plus tard, mon pilote a décroché et le bateau est parti au lofe. Dans ce violent mouvement du bateau, les voiles sont passées à l’eau. »


Dans quel état d’esprit étiez-vous à ce moment-là ?
« La situation n’était pas bonne du tout. En clair, je n’avais plus aucune voile plate pour faire la course. Cela a forgé toute ma route. Dès le lendemain, Armel (Le Cléac'h) s’est décalé au nord et j’étais contraint de rester sur ma route. 

J’étais sous gennaker alors que lui était sous génois. 24 heures après le Cap Finisterre, je passe un front et suis 50 milles dans le sud de Banque Populaire. Là, je reste empétolé. Mais je ne pouvais pas faire autrement en l’absence de mon J1 si je voulais garder mon gain à l’ouest. Après cela, je n’ai fait que subir. Dans toutes les zones de transition, je n’avais pas les bonnes voiles. »

« C’était difficile à gérer surtout que cela est arrivé très tôt dans la course. En résumé, le 2ème jour, je perds mes voiles et le 3ème jour, j’ai un positionnement contraint. C’est la première fois que cela m’arrive de perdre des voiles. Je pense à ce moment-là que je ne suis pas bien. Mais l’expérience me fait aussi dire qu’en voile, rien n’est jamais perdu d’avance. Je ne me suis jamais démobilisé et ça valait la peine. Mais c’est vrai que 48 heures après le départ, ce sont clairement tous mes points forts qui sont partis à l’eau d’un seul coup. Tous mes principaux arguments se sont envolés. »


Au sujet des bateaux à foils ?
"Je ne crois pas que la question est : foiler ou non foiler. C’est surtout le mec qui arrivera à enchainer au mieux toutes les transitions, celui qui ne fera pas d’erreur qui réussira à gagner. On n’a pas vu de gros écarts de vitesse entre les bateaux sur cette course. La leçon à en tirer, c’est que nous faisons du solitaire. Et que dans ce cadre, ce sont surtout les hommes qui font la différence. De toute façon, c’est sûr, le bateau il faut qu’il soit rapide et fiable. »


Quelles conclusions en tirez-vous ?
« Armel a très bien navigué, il a parfaitement enchainé. Le niveau est très relevé. Cela ne laisse place à aucune erreur. J’ai fait une bêtise et c’est normal que mes adversaires l’exploitent et saisissent toutes les opportunités. Nous avons fait une super régate, je suis dans le match. Je pense qu’il manquait quand même un troisième larron qui pourrait être éventuellement Edmond de Rothschild. 

Je n’avais pas traversé l’Atlantique en solo depuis longtemps. C’était vraiment top ! Cela m’a permis de continuer à apprendre sur mon bateau, de progresser. C’est incroyable ce que l’on peut engendrer comme connaissance dans ce contexte de traversée de l’Atlantique en course. Je suis évidemment déçu de n’avoir pas pu exploiter tout le potentiel de PRB mais je n’ai pas perdu mon temps ! »


Prêt pour la transat retour New York – Les Sables d’Olonne ?
« Pour la suite, je suis à fond. J’ai ma revanche à prendre. Nous avons dix jours pour préparer le bonhomme et la machine pour la transat retour et on est reparti ! »


Les chiffres de la course de Vincent Riou (PRB) :
Ligne d’arrivée à 14h 20m 11s (locales) soit 20h 20m 11s (HF)
Durée de course : 12J 4H 50M 11S
Distance parcourue : 3730 milles
Vitesse orthodromique : 10.42kn
Vitesse moyenne : 12,74kn
Ecart avec le premier : 2h 21m 32s




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Par la rédaction
Source : Effets Mer

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