lundi 13 juin 2016

New York - Vendée / Podium 100% foiler, reste à trouver la posologie : "Ce bateau, il me fait peur !"

Les bateaux de la New York - Vendée sont amarrés aux Sables d'Olonne. Après le sacre de Jérémie Beyou (Maître CoQ) mercredi, Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) et Alex Thomson (Hugo Boss) sont venus compléter le podium. Paul Meilhat (SMA), 4e et premier non-foiler de la course, les a rejoints le lendemain matin. L'occasion de tirer leurs premiers bilans.


Gitana 16 à l'arrivée de la New York - Vendée
Credit : B Stichelbaut

Un podium 100% foiler
Jérémie Beyou (Maître CoQ) a savouré bien légitimement une victoire qui récompense son talent, mais aussi son pari technique osé d'avoir équipé son IMOCA de 2010 de foils dernier cri.

Cette New York - Vendée (Les Sables d'Olonne), c'est donc la troisième victoire d'un foiler en trois courses et le tout premier podium 100% foiler de la classe IMOCA.

Les avaries du premier jour, qui ont créé deux pelotons de favoris, ont privé de leur droit à la parole deux non-foilers en mesure de défendre les performances de leur « catégorie », Quéguiner - Leucémie Espoir de Yann Eliès et PRB de Vincent Riou.

Paul Meilhat, de son côté, a su mener SMA en 4e position, sur une course volontairement prudente (avec une vitesse moyenne même légèrement supérieure à celle d'Hugo Boss).

A noter que dans la course qui s'est jouée entre Yann Eliès et Morgan Lagravière (Safran), les différences de vitesses n'ont pas été flagrantes.


Foiler avec modération
Il semble qu'un des grands enseignements de cette transat ouest-est soit que les solitaires, dans des conditions météo qu'ils retrouveront l'hiver prochain dans les mers du sud, n'utiliseront leurs foils qu'avec modération.

Cet appendice sustentateur est un « plus », un exhausteur de vitesse dont il ne faut pas abuser sous peine de nuire à leur santé nerveuse, et qu'il se révèle nécessaire - et terriblement efficace - qu'à certaines allures. Reste à trouver la bonne posologie...



Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) : « Améliorer un peu le confort des bateaux »
« Terminer 2e, aux Sables d'Olonne, avec un bateau en bon état, ce n'était pas gagné au départ vu le plateau qu'il y avait sur cette course ! A mon avis, le rythme d'Alex Thomson, 25 nœuds de moyenne sur un bateau à foils, ce n'est pas à faire. Alex avait besoin de tester le potentiel de son bateau par rapport aux autres. Il peut être rassuré, il a fait un super boulot ! 

Moi, j'ai choisi d'adopter un rythme proche de celui que nous aurons à prendre sur le Vendée Globe. L'objectif est de durer et de finir. Il y a des solutions pour améliorer un peu le confort des bateaux, je crois aussi que l'homme s'habitue à tout. 

Au début, je trouvais ça dur, et plus ça va, plus j'en fais mon affaire. Et puis ça ne durera pas trois mois comme ça. Techniquement, le gros est validé, les foils aussi, l'objectif est maintenant de le préparer pour le tour du monde, pour qu'il tienne trois mois ».


Alex Thomson (Hugo Boss) : « Il va falloir du temps pour s'habituer à ce bateau »
« Les foils sont fantastiques ! Ca change vraiment tout ! Sur mer plate, on gagne 5 nœuds, c'est énorme. Si la mer est formée, le gain sera de 2 à 3 nœuds par rapport aux anciens foils. Ce sont de sensations incroyables : c'est le futur, ça ne fait aucun doute.

Au près, je pense que mon ancien bateau était un peu plus rapide. Mais au reaching et au portant ce bateau est beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus rapide.

A bord je suis obligé de marcher à quatre pattes comme un bébé, ce n'est pas confortable du tout. Une seconde d'inattention et le bateau tombe dans une vague, il s'arrête brutalement et vous vous retrouvez projeté vers l'avant. C'est réellement très inconfortable, aller « aux toilettes » est pratiquement impossible, dormir est extrêmement difficile. Tout est dur. 

Il va falloir du temps pour s'habituer à ce bateau. Sur l'ancien bateau, j'étais tout le temps à l'aise. Celui-ci, je vous assure qu'il me fait peur ! »



Classement de la Transat New York-Vendée (Les Sables d'Olonne) 
1/Jérémie Beyou (Maître CoQ)
Arrivé le 8 juin à 14h 37min 52s en 9j 16h 57min 52s (Vitesse moyenne 14,85nds)

2/Sébastien Josse (Edmond de Rothschild)
Arrivé le 8 juin à 17h 6min 49s en 9j 19h 26min 49s à 2h 28min 57s du premier (Vitesse moyenne 14,7nds)

3/Alex Thomson (Hugo Boss)
Arrivé le 8 juin à 18h 43min 33s en 9j 21h 03min 31s à 4h 5min 41s du premier (Vitesse moyenne 14,57nds)

4/Paul Meilhat (SMA)
Arrivé le 9 juin à 9h 59min 27s en 10j 12h 19min 27s à 19h 21min 35s du premier (Vitesse moyenne 14,59 nds)

5/ Vincent Riou (PRB)
Arrivé le 10 juin, à 8h 38min 53s en 11j 10h 58min 53s (Vitesse moyenne 13,42 nds)

6 - Tanguy de LAMOTTE (Initiatives Cœur) en 11 jours 15h 38mn 39s
7 - Kojiro SHIRAISHI (Spirit Of Yukoh) en 12 jours 01h 21mn 40s
8 - Fabrice AMEDEO (Newrest-Matmut) en 12 jours 06h 20mn 15s
9 - Morgan LAGRAVIERE (Safran) en 13 jours 05h 59mn 45s
10 - Jean-Pierre DICK (StMichel-Virbac) en 13 jours 06h 21mn 24s
11 - Yann ELIES (Quéguiner-Leucémie Espoir) en 13 jours 06h 56mn 36s
12 - Conrad COLMAN (100% Natural Energy) en 14 jours 06h 55mn 57s
DNF Pieter HEEREMA (No Way Back)
AB Armel LE CLEAC'H (Banque Populaire VIII)

Par la rédaction
Source : I.Delaune

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