mercredi 12 octobre 2016

Vendée Globe / Météo, sécurité, performance, l'informatique est partout, Morgan Lagravière détaille

Zoom aujourd'hui sur le poste informatique de Safran. Regroupant toutes les fonctions et les indicateurs, Morgan Lagravière l'utilise pendant ses navigations. « Toute l'électronique du bord est concentrée dans ce meuble : outre l'indispensable ordinateur de bord, j'ai accès à tous les cadrans qui me donnent les informations indispensables à mes navigations. » 


Credit : JM Liot/DPPI

Pour la performance
« On retrouve toutes les informations sur la direction du vent, sa force, la vitesse du bateau, les angles de quille, etc. En faisant le comparatif avec les polaires de vitesses – courbes qui définissent les performances attendues en fonction de l'allure et la vitesse du vent – je peux savoir si le bateau est bien réglé ou non. 

Il reste quand même une part d'intuition qui me revient : il faut que je sois capable d'appréhender l'état de la mer, l'instabilité du vent, que je sache anticiper ce qui va se passer dans les prochaines heures. Chaque choix est un compromis : on ne peut pas être en permanence à 100 % des polaires de vitesse. Ce qui importe avant tout, c'est la vitesse moyenne. »


Les logiciels de navigation
L'ordinateur de bord recueille aussi, via les communications satellites, les fichiers de prévision de vent. A partir de là, il propose les choix de route pour les heures à venir. « Bien évidemment, il va falloir être capable d'interpréter les solutions proposées. Quand on est face à des situations compliquées, on peut vite se retrouver à passer trois à quatre heures par jour devant l'ordinateur. En revanche, quand les conditions sont stables, je réduis le temps de veille à cette table à cartes numérique… Une à deux heures par jour suffisent. »


Gare à la collision
« C'est une angoisse permanente pour les navigateurs solitaires. Tout le monde craint le risque de collision. A bord, je dispose d'un radar qui va permettre de détecter tout ce qui se trouve à la surface de l'eau : bateaux, mais aussi obstacles relativement volumineux. 

Je dispose aussi de l'AIS, un dispositif d'alarme couplé à la VHF qui me permet d'identifier un autre navire, de connaître son cap, sa vitesse et d'évaluer les risques de routes de collision. Théoriquement, tous les navires professionnels (cargos, bateaux de pêche) doivent avoir leur AIS en marche. Dans la pratique, c'est autre chose… »


Images, vidéos, mails
Appels téléphoniques, production d'images, envoi de mails, tout cela fait partie de la panoplie du coureur d'océans d'aujourd'hui. Entre les vacations officielles et les conversations avec son équipe, Morgan Lagravière essaye de ne pas trop se disperser. « Personnellement, j'aime bien envoyer des petits mails à mes proches. Le téléphone crée des décalages parfois difficiles quand tu parles avec quelqu'un qui est à terre, alors que tu es dans ta bulle.

J'essaie aussi de donner des nouvelles à l'aide de petites vidéos que je tourne à bord. Mais, il faut être clair, l'objectif premier, c'est la course : c'est aussi pour cela que vous recevez plutôt des vidéos des moments où tout va bien. Quand les choses deviennent compliquées, c'est la compétition qui reprend ses droits. »

Par la rédaction
Source: Safran

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