samedi 5 novembre 2016

ITW / Loick Peyron en visite aux Sables d'Olonne : "Le Vendée Globe reste une aventure planétaire"

Deuxième du tout premier Vendée Globe (1989/90) derrière Titouan Lamazou, Loïck Peyron était mercredi aux Sables d'Olonne. Le skipper est venu saluer les marins qui, comme lui en 1989, 1992 et 2008, vont prendre le départ de la chevauchée planétaire dimanche prochain. Rencontre.


Crédit : Jean-Louis Carli / AFP / DPPI / Vendee Globe


Vous sentez-vous pionnier de ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance ?
« J’étais un jeune premier, mais pas un pionnier. Je suis dans le sillage des pionniers. Nous n’étions pas les premiers à faire le tour du monde en course. Il y avait déjà eu le Golden Globe avec Monsieur Moitessier et Robin Knox Johnston. Eux ont été les vrais pionniers. 

Sur le premier Vendée Globe, nous étions des suiveurs. Le truc qui était nouveau, c’est qu’on était des régatiers et pas seulement des aventuriers. Même si la régate a pris le pas, ça reste une aventure planétaire. 

Je garde en souvenir la haie d’honneur dans le chenal des Sables, c’est un truc de dingue. Et quand on en revient, c’est incroyable. Il faut dire aussi que les moyens de communication n’étaient pas les mêmes, on revenait d’un monde inconnu.  »


Y a-t-il de la frustration de n’avoir terminé qu’un seul Vendée Globe sur trois ?
« Je prends trois départs et je finis qu’une fois. C’est finalement la grande statistique du Vendée Globe. Il n’y a qu’environ 50% de la flotte qui termine. C’est frustrant, mais c’est comme ça. En 2008, c’était d’autant plus frustrant que je maîtrisais le jeu avec Gitana 80. Tout était parfait, j’étais en tête quasiment tout le temps le premier mois et puis je démâte. Ca fait partie du jeu, il y a pire quand même. »


Le Vendée Globe : régate ou aventure ?
« Les deux ! Il y en a qui ont envie de finir, d’autres de gagner. Terminer un Vendée Globe, c’est une aventure, et c’est une sacrée aventure d’être au départ ! C’est la clé de l’intérêt de cette épreuve. C’est l’une des rares compétitions, tous sports confondus, où l’aventure a toute sa part quel que soit le bateau. Dès que c’est aléatoire, dès qu’il y a de l’incertitude, c’est l’aventure. »


Et ces foils, c'est la grande nouveauté de cette édition du Vendée Globe. Qu’en pensez-vous ?
« C’est normal, il y a une évolution naturelle à vouloir avancer. On a envie d’être performant. Pour quelle raison ? Je ne sais pas. Je ne serais pas contre une certaine décroissance. On n’est pas obligé d’être plus beau, plus fort, plus rapide, plus riche. C’est pour ça que j’aime la monotypie. 

Mais l’homme aime créer des machines qu’il met du temps à maitriser certes, mais qu’il finit toujours par maîtriser. Intellectuellement, c’est super intéressant de creuser. Le bateau d’Eric Tabarly, Pen Duick II lancé en 1964, était pour l’époque un bateau délirant : trop grand, trop puissant. Quelques mois plus tard, il était déjà désuet. C’est la grande évolution des choses.

Concernant les foils, je passe en ce moment mes journées à « foiler » sur des engins particuliers aux Bermudes (NDLR : il travaille sur le projet Artemis pour l'America's Cup). Ca augmente le facteur de stress pour le pilote. Ceux qui ont des foils ont des chances d’aller plus vite, mais iront-ils aussi plus loin ? On est sur des engins inconfortables, stressants en terme de vitesse, un peu comme en multicoque en solitaire. C’est exigeant, cela demande beaucoup d’attention."


Quels sont vos pronostics pour cette 8e édition du Vendée Globe ?
« Aucun pronostic, aucun favori sur le Vendée Globe. C’est impossible tant il y a de paramètres ingérables ! La force, c’est le binôme, un bateau et un bonhomme. Il y a d’abord un marin qui respecte son bateau et lui-même. »

Par la rédaction
Source : OM / M&M

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