mardi 15 novembre 2016

Vendée Globe / Le groupe de tête fait le trou, Tanguy de Lamotte abandonne

Le Pot-au-Noir étire la flotte et si les premiers en sont sortis et touchent un alizé plus soutenu leur permettant d'accélérer, les poursuivants sentent maintenant le ralentissement. Toujours leader, Alex Thomson (Hugo Boss) devrait couper (déjà) l'équateur vers 21h ce soir. Ca se complique en revanche pour le deuxième groupe de la flotte, stoppé dans le Pot au Noir. Parmi les piégés, JP Dick à 324 milles. Tanguy de Lamotte a fait un point aujourd'hui après sa casse de tête de mât. Et vu l'étendue des dégâts, le skipper d'Initiatives Coeur semblait très sceptique sur sa capacité à poursuivre la course. 



Credit : Armel Le Cléach


L'hémisphère Sud en ligne de mire
Alex Thomson capitalise sur l'avance acquise dans le Pot au Noir, qu'il a traversé comme une fleur. Le skipper britannique pourrait franchir l'équateur et ainsi basculer dans l'hémisphère sud dans la soirée, aux alentours de 21h (heure française). Il devrait au passage améliorer de plus d'une journée le temps de référence à l'équateur détenu depuis 2004 par Jean Le Cam (en 10 jours et 11 heures et 28 minutes).

De quoi réjouir le skipper d'Hugo Boss : « Je pense que cette traversée du Pot au Noir a été la plus facile de ma carrière. Normalement, les riches s'enrichissent à ce stade. Comme je suis plus au Sud que les autres, je vais toucher le vent fort avant mes poursuivants. D'après les routages, je devrais m'approcher du cap de Bonne Espérance dans une dizaine de jours. »

Derrière, Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) naviguent à vue, le tout après plus de neuf jours de course et près de 3000 milles parcourus. Ils sont attendus à l'équateur entre 1 et 2 heures du matin.


"Pas un vrai Figaro !"
L'écart est également infime entre Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) et Paul Meilhat (SMA), respectivement 4e et 5e à 80 milles. Le Vendée Globe prend plus que jamais des allures de régate planétaire. « Ce début de course ressemble à du Figaro », commente Yann Eliès, toujours calé à la 8e place à 195 milles. « Mais pas un vrai Figaro car d'habitude je suis devant ! »

Les huit premiers (d'Alex Thomson à Yann Eliès) vont pouvoir profiter de conditions plus stables et naviguer plusieurs jours de suite vers le sud avec un vent soutenu en bâbord amures. Se posera ensuite la question de l'endroit où il faudra mettre le clignotant à gauche pour faire route vers le Sud du Cap de Bonne Espérance. Tout dépendra de la position de l'anticyclone de Sainte Hélène.


La flotte s'étire
Le groupe des poursuivants se démène encore dans les grains et les calmes du Pot au Noir. La queue de flotte ne sera pas épargnée. Au pointage de 15h ce mardi, Arnaud Boissières, 15e et calé en milieu de tableau, accusait un retard de 536 milles. Les écarts devraient encore se distendre entre les premiers qui vont cavaler dans les alizés et les derniers qui vont subir des zones de calme.


Tanguy de Lamotte sceptique cet après-midi : "ce n'est pas rassurant"
Joint cet après-midi, Tanguy de Lamotte (Initiatives Cœur) a fait le point sur sa situation, quatre jours après son avarie de tête de mât. « Je ne suis pas complétement novice en matière de composite et de ce que j'ai pu voir, ce n'est pas rassurant. Réparer cela en mer est impossible. 

Il faut vraiment ne pas prendre de risque pour partir dans les mers du Sud. Je n'ai fait que 2000 milles et il en reste 20 000... Ce n'est pas la même situation qu'Yves Parlier qui avait réparé son mât en Nouvelle-Zélande (lors du Vendée Globe 2000-2001, ndr). Pour lui, il était aussi long d'aller dans un sens que dans l'autre. 

Je suis assez partagé sur l'envie de rester en course et l'envie de ne pas prendre de risques. Et c'est probablement l'envie de ne pas prendre de risques qui va l'emporter... J'aimerais bien dire que je vais continuer mais il faut rester sage et prendre la bonne décision. » 


Ce soir, Tanguy de Lamotte a été contraint d'annoncer son abandon. Le marin rentre donc aux Sables d'Olonne.




Les marins racontent
Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys, 22e à 747 milles) :
« Le Pot au Noir est une zone compliquée mais j'ai hâte d'y être. Cela marquera la fin d'un premier tronçon du parcours. C'est Catherine Chabaud qui m'a donné le bon conseil de fonctionner par tronçons. Cette course est tellement vertigineuse que l'imaginer dans sa globalité est impossible. »

Conrad Colman (Foresight Natural Energy, 16e à 599 milles) :
« Cela va être difficile pour moi après le Pot au Noir. Si tout se passe bien dans cette zone, je pourrais garder une avance sur le groupe de poursuivants. Mais si nous sortons du Pot au Noir au reaching (vent de travers, ndr), je pourrais perdre des milles. »


À 18H00 
1 Alex THOMSON HUGO BOSS
2 Armel LE CLÉAC’H BANQUE POPULAIRE VIII à  56.34 nm
3 Vincent RIOU PRB à 57.17 nm
4 Paul MEILHAT SMA à 80.03 nm
5 Sébastien JOSSE EDMOND DE ROTHSCHILD à 80.41 nm

Par la rédaction
Source : Mer et Media

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Vous souhaitez intervenir sur cet article ?