lundi 5 décembre 2016

Record / Tout schuss vers le Cap Horn, Thomas Coville ne faiblit pas et enfonce le clou

"Ça ne rigole pas !" A bord de Sodebo Ultim, Thomas Coville n'en finit plus d'impressionner. Au milieu du Pacifique, le marin solitaire enregistre des moyennes de 27 noeuds sur 24h et avale 600 milles par jour. Avec 1417 milles d'avance sur le temps du record détenu par Francis Joyon, Sodebo Ultim' se dirige à très grande vitesse vers le Cap Horn qu’il devrait franchir en milieu de semaine, dans la nuit de mercredi à jeudi. Contraint de descendre en dessous de la latitude du Cap Horn jusqu’aux soixantièmes sud, le skipper va retrouver le froid glacial venu tout droit de la banquise antarctique. ITW


Crédit : Th Coville

Un rythme de malade
« J’attends avec impatience le Horn avec l’espoir que je puisse relâcher un peu car je commence à être fatigué. Mais je ne peux pas lâcher car il y a une dépression derrière et elle ne doit pas me rattraper, sinon elle me broie. Ça ne rigole pas car devant il y a un boulevard. Je ne peux pas mollir pour toujours rester devant cette dépression.

Le Horn, c’est dans quatre jours et pourtant ça me paraît encore tellement loin. J’espère que ça ira mieux après mais chaque océan a sa particularité et il faudra continuer d’enchaîner en espérant que la montagne sera plus facile à gravir. Depuis le début, nous avons eu de bons enchaînements avec une bonne météo et mer nature a été plutôt clémente avec moi. Il faut tenir sur la distance et s’imposer ce rythme de malade. »


Rester en avant de la dépression
« Avant chaque grand océan, il faut bien se positionner au bon endroit météo pour suivre le système le plus longtemps possible. Ce qui explique le fait de faire beaucoup de manœuvres. C’est un moment crucial où il faut tout donner, sans s’économiser même s’il fait -5° en température ressentie à bord de Sodebo Ultim'. C’est ce qu’on a réussir à faire sous la Nouvelle-Zélande. Je m’accroche pour rester dans ce système car derrière il y a une dépression qui s’est formée au niveau des Fidji et je ne veux pas me faire rattraper. Il ne faut pas qu’elle me passe dessus. »


Sur le fil du rasoir
« Je suis à 27 nœuds de moyenne en ce moment. Depuis le début, nous sommes toujours dans ces gammes de vitesse. Pour les tenir c’est un engagement à la fois physique et psychologique très intense. Depuis 27 jours, j’ai la pression de ces vitesses et ce bruit infernal. J’ai l’impression d’être sur le fil du rasoir, le principe du multicoque, c’est que tu évolues entre l’eau et l’air et tu es comme un funambule. C’est ce qui rend l’exercice périlleux mais aussi magique. Mais il n’y a aucun moment de répit, aucun moment de silence. C’est comme si tu as de l’acouphène en permanence dans les oreilles. Je ne me suis jamais réellement posé. C’est un engagement permanent. »





Hier, Thomas Coville a parcouru les deux tiers du parcours de ce tour du monde en solitaire entre Ouessant et Ouessant. Le tout en  28 jours de course seulement !

Temps de Sodebo Ultim' du 05/12/2016 à 11:45
AVANCE : 1417.11 NM D'AVANCE
DISTANCE PARCOURUE SUR 24H : 608.6 NM
VITESSE MOY. SUR 24H : 25.4 NDS

par la rédaction
Source : A Bourgeois