vendredi 2 décembre 2016

Vendée Globe / Gros coup de vent sur la route, les marins tentent de négocier au mieux

Le stress monte dans les rangs du Vendée Globe : les dépressions attendues dans les mers australes risquent de malmener les hommes et les bateaux. Tous vont donc probablement naviguer en bons marins, et devraient mettre de côté la compétition durant quelques heures. Yann Eliès (Queguiner-Leucémie Espoir) a même prévu de ralentir pour ne pas se faire piéger dans la tempête. "Je ne peux pas me permettre d'aller là-dedans."



Credit : A.Courcoux/Queguiner/VG

Grosse dépression sur la route
« Cette dépression va peut-être s'accoupler avec une autre plus vieille, venant du Sud, pour se transformer en tempête avec des creux de 6 à 8 mètres. Je ne peux pas me permettre d'aller là-dedans. Après avoir retourné le scénario dans tous les sens, je crois que le mieux c'est de ralentir. » explique Yann Eliès. Le triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, compétiteur dans l'âme, va donc ranger dans la poche de son ciré son envie de batailler.

Une dépression se forme dans les eaux chaudes au sud-est de Madagascar et se déplace rapidement vers les eaux froides du grand Sud. Un gigantesque œil générant des vents violents et une mer énorme vise clairement les Kerguelen. Dans 24 heures, si Yann Eliès continue sur sa lancée, il pourrait s'y trouver au beau milieu.

400 milles devant son étrave, Paul Meilhat (SMA) et Jérémie Beyou (Maître Coq) étudient ce même phénomène météo, mais devraient se trouver en avant, dans des conditions musclées (40 nœuds) mais plus maniables.


Le Cap Leeuwin dans 48 heures !
Pendant ce temps-là, le duel entre Alex Thomson (Hugo Boss), en tête de 18 milles, et Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) se poursuit le long de la Zone d'Exclusion Antarctique à coups d'empannages. Dans 48h, le duo infernal devrait doubler (déjà !) la longitude du cap Leeuwin au sud-est de l'Australie.


Les marins racontent
Yann Eliès, Queguiner-Leucémie Espoir : "Le mieux, c'est de ralentir"
« Je me creuse les méninges pour négocier au mieux la tempête de dimanche. Il y aura un gros coup de vent sur la zone de course et je ne peux pas continuer à faire une route optimum. Il faut que je ralentisse pour la laisser passer. Je ne peux pas passer devant et je ne dois pas rentrer dedans non plus. C'est un peu le souci de la journée. Je ne peux pas me permettre d'aller là-dedans. Après avoir retourné le scénario dans tous les sens, je crois que le mieux c'est de ralentir. »

Kito de Pavant, Bastide Otio :
« Je vois arriver le gros « baston » dans 24 heures. Du vent, il y en aura, on ne pourra pas l'éviter mais j'aimerai éviter un peu la mer. Depuis le début, je ne suis pas dans une position où je peux aller vite. On va avoir une période un peu agitée. On va voir ce que ça donne. C'est ce qu'on est venus chercher donc, on ne va pas se plaindre. »

Louis Burton, Bureau Vallée :
« J'ai 25 nœuds, pas mal de mer. Mais tout va bien. L'idée c'est de bombarder au max et de rester devant le passage de vent pas fort. Encore toute la journée sur cette amure là. Le cap de Bonne Espérance, ça sera demain soir. La mer était assez grosse et assez courte. J'espère que la météo va être un peu en ma faveur, ce qui n'a pas été le cas depuis une quinzaine de jours. »

Alan Roura, La Fabrique :
« J'attends la suite de la dépression dans quelques heures. Il va y avoir une grosse baston et après ça devrait aller. La mer était grosse, le bateau était en surf permanent, impossible de le freiner. C'est surtout la hauteur de la mer qui me faisait un peu peur. Le bateau passait les 30 nœuds en surf. Le bateau n'a pas de souci. En plus, il adore le gros temps, c'est juste que la mer est assez "hard". On sent qu'on est dans le Sud. Il faut être vigilant. Je commence à prendre le rythme avec mon bateau. J'ai 25/30 nœuds et j'ai l'impression qu'il y a pétole. »

Paul Meilhat, SMA :
« C'est mouvementé depuis hier. Le front nous a rattrapés au milieu de la nuit. Il y avait des rafales à plus de 40 nœuds et la mer était dans un état impressionnant. Depuis, ça a molli, il y a pas mal de changements de voiles. C'est quand même une bonne chose qu'on passe devant la grosse dépression. Ça va nous permettre de ne pas se faire rattraper par les gars de derrière. On devrait avoir 30 ou 40 nœuds mais pas plus. »


À 15H00 
1 Alex THOMSON HUGO BOSS
2 Armel LE CLÉAC’H BANQUE POPULAIRE VIII à  18.15 nm
3 Sébastien JOSSE EDMOND DE ROTHSCHILD à 541.17 nm
4 Paul MEILHAT SMA à 1143.76 nm
5 Jérémie BEYOU MAITRE COQ à 1145.72 nm

Par la rédaction
Source : Mer et Media