mardi 4 juillet 2017

The Bridge / Sodebo Ultim' troisième à New York, Thomas Coville : " Je suis forcement déçu "

Partis le 25 juin, l’équipage de SODEBO ULTIM’ a mis 8 jours 16 heures 18 minutes et 55 secondes entre le Pont de Saint-Nazaire et le Pont Verrazano qui marque l’entrée de la baie de New York. L’aube se levait à peine, à 05h 18mn et 55 sec (11h 18 mn et 55 sec, heure française), ce mardi 4 juillet au matin, quand Thomas Coville et sa Dream Team, ont coupé, en troisième position la ligne d’arrivée de la Transat de The Bridge. Les six hommes du bord ont parcouru 3549 milles à la vitesse moyenne de 17,04 nœuds. Ils racontent.


Crédit : Th Martinez

Les mots de Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’

Vous finissez troisième, quel sentiment ressentez-vous ? 
"En tant que skipper, je suis forcement déçu mais il ne peut y avoir qu'un seul gagnant. Quand on navigue comme ça d'est en ouest, il y a des rebondissements et beaucoup de jeux d’élastique. A chaque fois que l'on revenait sur les leaders, nous avions un nouvel espoir et nous nous sommes battus pour. 

L’écart est relativement proche car il y a eu un vrai match. Sur le niveau de maîtrise des bateaux, il y a une vraie homogénéité."


Qu'avez-vous pensé de la concurrence ? 
"L’adversaire a bien joué, très bien joué. François (Gabart) a un bateau plus récent que le nôtre, mais il faut savoir le mener ! IDEC SPORT a très bien joué stratégiquement. Une très belle course de Francis (Joyon) !

Macif est plus léger et plus large que nous. Il est plus véloce dans le petit temps et dans les relances.
IDEC SPORT est « le » bateau de référence de l’équipage autour du monde. Pour cette course, il avait typé le bateau avec une voile de petit temps.

Sur l’échiquier de l’Atlantique, MACIF et IDEC SPORT n’ont pas laissé de place même si à trois reprises, le décalage se comble et se reconstruit. C’est quasiment exponentiel.
Il n'y a pas d'erreur de la part de François et de Francis. Il y a une homogénéité en termes de compétences et c'est du très haut niveau qui présage des régates exceptionnelles. C'est positif pour ce qu'on essaie de construire avec le collectif."


Cette transat ne vous a pas épargné, quelles difficultés avez vous dû surmonter ? 
"C’est un sport mécanique. Nous allions vite quand nous avons percuté un thon de bonne taille. Dans le choc, le safran tribord a cassé au ras du plan porteur, ce qui a été bien sûr un handicap pour la performance.

Nous avons aussi eu une fuite du système hydraulique, sur la fin de course. La réparation prend du temps sur la récupération et la navigation.

La blessure de Thierry a été très impressionnante pour lui et pour nous. Mais il ne faut pas résumer cette course à cela. J’ai eu la chance de naviguer avec une super équipe, c'était jubilatoire, professionnel, avec de la rigueur et de l’humour."





Les mots de l'équipe 

VINCENT RIOU : « Nous avons eu quelques belles soirées avec de belles vitesses. On a tous partagés la barre pour profiter de l’instant. Sodebo Ultim’ est une des références parmi les bateaux les plus rapides au monde. C’est un bateau abouti, tout terrain, simple et bien pensé. Il est facile à manœuvrer. Il a été voulu et adapté au solitaire. Ce n’est pas un bateau conçu pour l‘équipage. »

BILLY BESSON : « Je ne pensais pas qu’on pouvait vivre une aventure dans une course ! Il y a de l’humain et la rencontre avec la nature. Mon premier cachalot, j’en ai parlé tout la journée. C’est une autre voile que la voile olympique. »

THIERRY BRIEND : « Depuis une journée et demie, je ne peux pas faire grand-chose. Je suis allongé, un peu inutile, mais bien entouré, et l’équipage a été aux petits soins. On a eu des conditions très calmes pour finir. Hier soir, à travers le hublot, j’ai vu quelques feux d’artifice tirés à droite et à gauche. C’était les derniers moments tranquilles et sympas ensemble. »

JEAN-LUC NÉLIAS : « Dans un équipage, c’est toujours bien de profiter et de partager l’expérience des autres et les cultures différentes. Tu es toujours content de voir dans l’œil des autres, sa découverte. L’arrivée à New York est toujours magnifique. Aujourd’hui, nous avons pu naviguer dans la baie à la voile jusqu’au Pont de Brooklyn avec du vent et pas de courant. »

LOÏC LE MIGNON : « Au-delà de la régate, c’était un truc sympa de se rappeler l’histoire. Cette course a pris un caractère particulier lié à cette histoire entre la France et les Américains. C’est aussi la première fois qu’on traversait en équipage en Ultim. C’est la première porte ouverte. »


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par la rédaction
Source : A Bourgeois