dimanche 1 octobre 2017

Mini Transat / Clarisse Crémer : "Je pars dans l’optique d’arriver de l’autre côté coûte que coûte !"

Après deux années de préparation intense, entre recherche de sponsors, entraînements, qualifications et formations techniques, Clarisse Crémer s’apprête à réaliser son rêve. Ce dimanche à 16h, elle sera au départ de la Mini Transat à bord de son Mini TBS aux côtés de 80 concurrents. ITW.


Crédit : P Bouras

Après deux ans de travail acharné, vous y êtes !
« Je ne réalise pas du tout. Je suis vraiment contente d’être là, mais je ne me mets pas la pression. Je me sens prête donc pour l’instant je ne suis pas trop stressée. J’appréhende en revanche la journée de dimanche car je n’aime pas trop les départs… Mais je vais essayer d’en profiter parce que ça n’arrive pas tous les jours de vivre ça, sortir de l’écluse, avoir toute ta famille qui vient pour toi. »


Comment vous sentez-vous ?
« Pile Poil est prêt, Tanguy (Le Turquais) m’a bien aidée à le peaufiner. De mon côté, j’ai essayé de me préparer, d’anticiper ce à quoi je pourrais être confrontée. Je me prépare à affronter des conditions de mer que je n’ai jamais connues, des houles du large, le fait d’être seule, de ne voir aucun bateau, de n’entendre personne… Mais encore une fois, je ne saurais jamais avant d’y être comment je vais réagir. »


La solitude vous fait-elle peur ?
« Pour l’instant non. Mais peut-être que je vais vite me rendre compte que ça me rend folle ! Je prends le départ de la Mini Transat en sachant bien que c’est en solitaire, je me prépare à ça. Pour l’instant je n’y pense pas. Ce qui m’aide sans doute aussi c’est de savoir que la première étape est relativement courte. »


Qu’est-ce qui vous angoisse le plus ?
« L’abandon sans hésiter. Je serais tellement déçue si je devais abandonner. Après c’est la vie, c’est comme ça. Mais si je dois m’arrêter quelque part, je ferai tout pour repartir, j’aurais besoin de clôturer cette aventure. Je pars dans l’optique d’arriver de l’autre côté coûte que coûte ! »


Quelle est la plus grosse difficulté à partir de dimanche ?
« La casse ! Je ne suis pas une championne du bricolage, alors si je dois changer un bout dehors ou réparer un trou dans le bateau dans une mer démontée, ça ne va pas être simple…
Ensuite c’est la gestion du sommeil. M’obliger à aller dormir pour rester lucide alors que j’ai envie de rester à la barre, d’être à fond tout le temps. »


Dans quel état d’esprit serez-vous dimanche au moment de quitter le ponton ?
« J’ai hâte de partir parce que je n’aime pas trop le moment juste avant. Je pense que je vais me forcer à ne pas être trop stressée et à essayer de réaliser que je suis contente d’être là. Je serai forcément hyper tendue, je vais essayer de me souvenir de tout ce que j’ai fait pour être là et de me dire que mon projet est déjà réussi parce que je suis au départ ; et de me souvenir que lorsque tu penses que tu peux être devant les autres, tu as déjà 50% du boulot. Ensuite ce sera parti pour 4050 milles en solitaire ! »


Dimanche 1er octobre
13h : sortie des bateaux du Bassin des Chalutiers (La Rochelle)
16h : départ de la première étape de la Mini Transat La Boulangère
Arrivée prévue autour du 8/10 octobre à Las Palmas de Gran Canaria

par ma rédaction
Source : J Cornille