Route du l'or
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Images / Record pulvérisé pour Giovanni Soldini et ses hommes à San Francisco !

Arrivés hier soir à San Francisco à 18h 31′ 59” TU, Giovanni Soldini et ses hommes ont pulvérisé la Route de l'Or. Sur leur monocoque VO70 Maserati, ils ont rallié New York à SF en 47 jours, 42 minutes et 29 secondes, soit une dizaine de jours de mieux que le record à battre de Yves Parlier en 1998 sur Aquitaine Innovations. Et le record sur le maxi catamaran Gitana 13 de Lionel Lemonchois en 2008 n'est pas si loin (43 j, 38 mn) !






Credit : B.Kils

Route de l'Or / Dernières heures de mer à bord de Gitana13

Partis depuis six semaines , le maxi Catamaran Gitana 13 est attendu à San Francisco demain dans la matinée. En attendant, Lionel Lemonchois et ses neuf équipiers s’offrent un « tricotage » pour rallier San Francisco.

Dominic Vittet : « La route directe nous guide vers le Nord, mais dès que ça mollit trop nous virons de bord pour retrouver plus de pression, puis dès que le vent forcit nous remettons le cap vers la bordure de l’anticyclone… et vice versa »

Nicolas Raynaud : " Pour la toute première fois, on peut espérer que la distance inscrite sur notre GPS est bien celle qui nous reste à parcourir pour boucler cette longue boucle entreprise depuis New York. Fini les multiples way points intermédiaires qui ont rythmé notre navigation sur cette Route de l’Or. ... nous devrions bien franchir la ligne demain matin jeudi 28, soit dans l’après-midi French time. ... Avec sans doute encore un ou deux petits bords de recadrage à effectuer, l’arrivée n’a jamais semblé aussi loin alors qu’elle n’a jamais été aussi proche. Tant que la ligne n’est pas franchie… "


Route de l'OR / Gitana 13 en "souffrance" sur cette fin de parcours

Les hommes du Gitana Team ont dû batailler sans relâche dans les petits airs pour se frayer un chemin cap au Nord-Ouest. Dans les prochains milles, Gitana 13 devrait s’écarter des côtes à la recherche d'un flux plus soutenu (de 5 à 7 nœuds de mieux).

Lionel Lemonchois : Chaque mille gagné vers San Francisco n’est plus à prendre !
« Ces petits airs sont toujours difficiles pour les nerfs car ils requièrent une attention de tous les instants. Nous essayons de profiter de toute la toile grand voile haute et grand gennaker – pour optimiser la moindre risée. Dans la journée, le soleil est insoutenable et nous nous réfugions dès que possible dans les coques de Gitana 13. Nos quelques milles depuis l’équateur ne resteront certainement pas dans nos esprits comme les plus agréables de ce record mais nous prenons notre mal en patience … »
« Notre fin de parcours reste très incertaine et avec les faibles rendements de ces derniers jours nous avons d’ores et déjà pris un peu de retard sur notre timing. Mais ce qui est malheureusement acquis, ce sont les longues heures de près qui nous attendent.»

Route de l'Or / San Francisco n’est plus qu’à « une Route du Rhum » de notre étrave ! ( 4 400 milles à parcourir).

Thierry Duprey du Vorsent : c’est un peu le désert ici !

« Cela fait cinq jours que nous avons sensiblement les mêmes conditions. ... Toute la garde robe de Gitana 13 est sortie : nous naviguons sous grand voile haute, grand gennaker et la trinquette génoise est déroulée lorsque le vent faiblit. Nous n’avons pas croisé un seul bateau depuis longtemps : c’est un peu le désert ici ! ... Les réglages des voiles réclament de l’attention, mais nous n’avons pas eu trop de manoeuvres à effectuer ces derniers temps et le quart de trois équipiers de permanence sur le pont suffit à mener le bateau. Ceux du quart de stand by en profitent donc pour s’atteler à l’entretien et au nettoyage de Gitana 13, mais aussi pour s’accorder quelque temps libre.



Nicolas Raynaud : notre responsable informatique embarqué, le fameux Zolive, a eu du pain sur la planche.

"... Et dans la nuit d’hier, un vent de panique a soufflé à bord : le réseau ne marchait plus, impossible d’exploiter comme d’habitude son ordinateur attitré. Car bien sûr, Grand Nuage Mort (Dominic Vittet) a le sien, avec la cartographie (Maxsea) et autres logiciels de routage qui tournent en permanence. Juste à côté, un autre poste est dévolu à la communication avec la terre pour les échanges de fichiers et autres mails. On peut appeler ce poste celui du Capitaine Lionel, vu que c’est sur ce clavier qu’il tapote ! Dans l’autre coque, celle de bâbord, se tient le « cyber café » qui, comme son nom l’indique est ouvert à tous et cela 24 heures sur 24 s’il vous plaît. Avec ses deux postes, dont l’un plus spécialement dédié à la photo et la vidéo, il a fière allure.
Toute la performante interactivité entre ces postes étant en panne, notre responsable informatique embarqué, le fameux Zolive, a eu du pain sur la planche. Il y a passé une grande partie de la nuit mais, après une courte mais efficace liaison téléphonique avec notre tour de contrôle basée à la Trinité sur Mer, tout est rapidement rentré dans l’ordre. Le Gitana Team avait encore frappé, notre marche en avant peut continuer tout en tapotant sur nos petits claviers."

Route de l'Or / Lionel Lemonchois repart à l'assaut du chrono !

Contraints par une météo plus que délicate de faire le dos rond depuis samedi, les 10 hommes du bord font de nouveau route vers le cap. Le passage est programmé dans la soirée, voire demain vendredi, dans la matinée.

Dominic Vittet : pas une partie de plaisir !
« Pour notre passage du Horn, le vent devrait avoir faibli à 25 nœuds … mais la centaine de milles qui nous sépare du Cap ne sera vraiment pas une partie de plaisir ! »

Olivier Wroczynski. : ravis que cette attente se termine
« Nous sommes naturellement ravis que cette attente se termine. Compte tenu de la situation météo nous n’avions pas d’autre choix que de faire le dos rond, mais c’est assez dur lorsque l’on part pour une course contre la montre de se retrouver à patienter en zigzaguant le long des côtes. C’est assez drôle de vivre des situations proches de celles des récits historiques que l’on a pu lire sur le Cap Horn. Cela ajoute de la magie aux lieux et à notre aventure »

Nicolas Raynaud : on est venu pour ça et on y arrivera !!
" En dehors de la performance du record de cette légendaire route maritime, qu’il soit jeune ou moins jeune, chaque membre d’équipage de GITANA 13 a embarqué dans cette aventure pour la même raison : passer le cap Horn, contre vents et marées ! Peu importe le temps que cela prendra ou ce qu’il faudra endurer, personne à bord ne songe à se plaindre, on est venu pour ça et on y arrivera !!...Le Cap Horn, on a envie d’y aller !! Quand on y est : on a envie d’en partir au plus vite !!"

Route de l'Or / Dernier jour en Terre de Feu pour Gitana 13 ?



Dominic Vittet : C’est plutôt viril comme conditions.
« Depuis 3 jours le vent n’est jamais tombé en dessous des 28 nœuds et hier soir un nouveau passage de front a été accompagné de 37 à 38 noeuds de vent ! C’est plutôt viril comme conditions. Bien que nous devions gérer un méchant clapot nous avons trouvé refuge près des rivages de la Terre de Feu. Nous progressons sous mât seul (aucune voile n’est hissée, ndlr), mais les 40 m2 de surface de l’espar suffisent déjà à nous faire avancer à petite allure…»

Nicolas Raynaud : Ca va secouer sévère.
"Alors que nous amorcerons notre virage puis notre remontée vers le nord, il faudra être rapide afin de passer avant l’arrivée de la nouvelle dépression. ... Si elle a la mauvaise idée d’aller plus vite que prévu, à coup sûr la porte vers le nord sera barrée à double tour."
Notre dernière journée en Terre de Feu.
"Cette terre hostile, désertique, aux falaises sableuses, nous aura protégés du plus gros de la mer. Reste que celle-ci nous a quand même empêché hier mardi de nous diriger vers le détroit de Magellan. Trop court, trop abrupt, nous avons du y renoncer. Alors, à la cape courante, nous avons vérifié une nouvelle fois Gitana 13 et puis, nous sommes reposés. Nous nous octroyons depuis trois jours des tranches de six heures de sommeil, les quarts de stand-by n’ayant plus de raison d’être. C’est donc en pleine forme que nous repartirons demain, direction San Francisco !"

Les dernières images du bord sont ici !

Route de l'Or / Au Cap Horn demain ?

15ème jour de mer à bord de Gitana 13 pour Lionel Lemonchois. La descente le long des côtes brésiliennes n’a pas été simple pour ces 10 hommes alternant entre des zones de calme et de grains. Hier après-midi, les étraves du maxi catamaran filait à une vitesse moyenne supérieure à 20 nœuds vers le Cap Horn qu'il pourrait atteindre demain.


Lionel Lemonchois : « Nous ne sommes pour l’instant pas sûr de pouvoir passer le Cap Horn dans la foulée. La fenêtre est très étroite et compte tenu des prévisions de vents forts, si nous ne parvenons pas à la prendre samedi matin, nous devrions peut être nous mettre à l’abri jusqu’au 4 février. »

Le carnet de bord d'Olivier Wroczynski : L’heure du HORN va sonner
C est comme 2 jours avant le bac mais 35 ans plus tard. Moi je suis venu pour ça : passez le CAP HORN.
N’étant pas vraiment marin, même après 17 ans de multicoques, mi préparateur mi équipier, pas plus que je n’étais montagnard après 12 ans de vente de virages dans les alpes ou pilote après quelques saisons d ULM un peu partout dans le pays.
Moi j’aime bien m’adapter aux différents milieux humains que je ne fais que traverser et laisser une petite empreinte après m y être intégré sans heurts. Hé bien dans 2 jours je serais comblé : je serais cap hornier comme dans les livres. Est-ce que ça va le faire ?Vous le saurez dans le prochain épisode : PAPY est CAP HORNIER
Zolive


Les chiffres du record :
Distance entre New York et San Francisco de 14.000 milles.
Record détenu en 1998 par d’Yves Parlier et son monocoque « Aquitaine Innovations » en 57 jours 3 heures 21 minutes.

Route de l'or / Progression pénible pour Gitana 13 le long des côtes brésiliennes

Les nerfs des dix marins ont été mis à rude épreuve ces derniers jours.

Lionel Lemonchois nous raconte ces derniers jours difficiles :
« Depuis le Pot-au-Noir (dont ils sont sortis le 23 janvier dernier), ce n’est pas facile ! Nous avons dû batailler avec des vents instables, tant en force qu’en direction, et déjouer les pièges de zones de grains puis de calmes… c’était un peu longuet ! Ce week-end, nous avions rendez-vous avec une jolie dépression orageuse au large du Brésil. Il a fallu s’en dégager pour passer. Nous avons réalisé notre premier empannage de ce record samedi en fin de matinée. La nuit de samedi à dimanche a été le passage le plus délicat, avec plus de quatre heures de pétole (zone sans vent). Quatre longues heures, où notre vitesse n’a pas excédé les 4 nœuds ! »
Gitana 13 file désormais entre 25 et 30 noeuds. Pour les prochains jours, l'objectif est de contourner l’Anticyclone de Sainte-Hélène par l’Ouest, en longeant les côtes uruguayennes et argentines.

Suivez leur aventure grâce à leur carnet de bord.