Sam Goodchild attendu demain 11h à Concarneau, MACSF second IMOCA de la 1000 Race dans l'après midi

 

Une partie de la flotte de la 1000 Race a désormais débordé le waypoint Gallimard, franchi en premier ce jeudi matin à 5h08 (HF) par Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance), tandis que d’autres bataillent encore dans les derniers pièges de la molle. Mais pour les leaders, le décor a changé : place désormais au grand bord final vers Concarneau. Le premier est attendu demain entre 7h30 et 11 heures au ponton de Mer Concept quand les derniers concurrents devraient couper la ligne dans la nuit de vendredi à samedi, entre 1h et 5h. Une dernière remontée au près dans un flux d’est bien installé, mais loin d’être une formalité. Car dans le golfe de Gascogne, les dépressions cut-off ont parfois le sens du timing d’un grain de sable glissé dans une mécanique bien huilée : tout semble simple… jusqu’au moment où ça cesse brusquement de l’être.

Crédit : MACIF


Goodchild et Horeau accélèrent avant le dernier grand bord

Le plus dur n’est peut-être pas encore derrière eux, mais Sam Goodchild et Corentin Horeau (MACSF) ont clairement réalisé la bonne opération dans la molle de ces dernières heures. Après avoir mieux résisté que le reste de la flotte dans les petits airs de la nuit, les deux hommes ont retrouvé ce jeudi des vitesses à deux chiffres et abordent le grand bord final vers Concarneau dans les meilleures dispositions. En tête, le skipper de MACIF Santé Prévoyance continue de contrôler la situation sans pour autant relâcher son attention. « C’est un peu le dernier rush », glissait-il ce jeudi matin, déjà concentré sur les deux derniers gros pièges de cette fin de parcours : une transition délicate et une cellule pluvieuse capables de redistribuer les cartes en quelques instants. « Après, il y aura sans doute d’autres pièges, mais ce sont vraiment les deux points sur lesquels j’ai l’œil. » Avec son avance, le Franco-britannique peut désormais davantage se concentrer sur sa propre trajectoire que sur le jeu de ses poursuivants. « Après la marque Gallimard, j’ai fait le choix d’aller chercher un vent plus solide en partant à 90° de la route. C’est toujours un peu inconfortable de quitter une situation stable pour parier sur quelque chose qu’on ne voit pas encore vraiment, mais derrière ils étaient encore dans la molle, donc il fallait oser. » Une chose est sûre : après avoir beaucoup récupéré ces dernières heures, Sam aborde cette dernière ligne droite avec davantage de fraîcheur. « Je me sens beaucoup mieux maintenant. J’ai réussi à bien dormir après les journées très instables du début de course, et ça change énormément pour attaquer ce dernier bord. »

Entre les trois filles, le match devient incandescent

Derrière le duo de tête, impossible de détourner les yeux du combat que se livrent Elodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), Violette Dorange (Initiatives Cœur) et Francesca Clapcich (11th Hour Racing). Les trois navigatrices, qui s’entraînaient encore ensemble il y a quelques semaines dans le cadre des stages du Pôle France Finistère Course au Large, passent sans transition du statut de partenaires d’entraînement à celui d’adversaires directes pour le podium. Et le plus fou, c’est sans doute l’intensité de cette bataille à trois après déjà quatre jours de mer. « Hier soir, j’avais l’impression d’être revenue à l’entraînement en Figaro Beneteau à Port-la-Forêt », racontait Elodie Bonafous. « Voir Francesca bord à bord, se retrouver à portée de voix après autant de temps de course, c’était presque irréel. » Dans cette pétole où le moindre souffle d’air vaut presque un ticket de Loto gagnant, les trois concurrentes se rendent coup pour coup sans jamais relâcher la pression. « On est quasiment collées toutes les trois. Dans ces conditions-là, tu veux être la première à relancer dès qu’un peu d’air revient, donc tu restes sous pression en permanence. » Pour la Finistérienne, cette nuit restera aussi comme une petite victoire personnelle. « La pétole, ça n’a jamais vraiment été mon terrain préféré en Figaro Beneteau. Souvent, je m’en sortais un peu moins bien que les autres quand le vent revenait. Alors avoir réussi à repartir en premier cette fois, franchement, ça me fait super plaisir. » Depuis ce matin, les vitesses ont enfin retrouvé des couleurs et les trois bateaux avancent désormais à des allures beaucoup plus conformes à leur potentiel. « Là, ça ne rigole plus du tout ! », riait encore la navigatrice d’Association Petits Princes – Quéguiner. « On est à 6-7 nœuds et, comparé à cette nuit, ça ressemble presque à une descente de col en vélo ! » Mais cette histoire-là est encore très loin d’avoir livré son verdict. Car le grand bord de près jusqu’à Concarneau pourrait encore rebattre les cartes entre les trois navigatrices. « Le bateau de Violette va vite au près, celui de Francesca aime moins cette allure… Moi, il va falloir que je sois vraiment au taquet si je veux tenir. Quand ça se joue aussi serré, chaque dixième de mille grappillé finit par prendre une valeur folle ».

Philosophie, patience… et football

Plus au nord, la situation reste beaucoup plus délicate pour Nico d’Estais et Arnaud Boisisères (APRIL Marine – Recherche co-partenaires) encore englués dans les dernières zones sans pression. Les vitesses peinent parfois à dépasser deux nœuds et les trajectoires ressemblent davantage à des zigzags de survie qu’à de grandes inspirations tactiques. Mais le skipper de Café Joyeux garde, lui, un calme et un humour imperturbables. « Dans la molle, peu importe le bateau, ça ne marche pas très bien », résumait-il avec philosophie. « Là, les voiles font flop flop… j’ai donc arrêté de vouloir faire compliqué. Je vais tout droit vers la marque virtuelle et finalement ça marche aussi bien ! » Le navigateur assume même une certaine affection pour ces longues heures suspendues. « Je ne suis pas un grand stressé de la pétole. J’aime bien ça… enfin, j’aime bien prendre mon mal en patience. Et puis on a eu de quoi se divertir avec les matchs d’Arsenal et du PSG. » Pendant que certains surveillent la tête de course, lui préfère regarder dans le rétroviseur. « Avec Cali, on se fait un petit duel pour la cuillère de bois… et je vais tout faire pour la lui laisser ! »

ETA
- MACIF: A partir de 11h00
- MACSF: A partir de 16h00
- Petits Prince - Queguiner : à partir de 17h00
- Initiatives Coeur: à partir de 20h00
- 11th Hour: và partir de 21h00
- APRIL MARINE: samedi à partir de 6h00
- CAFE JOYEUX: samedi à partir de 7h00

Source : M Honoré