Violette Dorange a franchi la ligne d’arrivée de la 1000 Race ce vendredi à 20h26, après 5 jours, 8 heures, 26 minutes et 35 secondes d’une course particulièrement intense. La jeune navigatrice complète ainsi le podium de cette 5e édition (avant jury) au terme d’un superbe bras de fer face à Elodie Bonafous et Francesca Clapcich, avec qui elle se sera longtemps rendue coup pour coup au cœur du golfe de Gascogne. La skipper d’Initiatives Cœur est parvenue à prendre un avantage plus net sur ses concurrentes directes. Pour sa première course en solitaire à bord de ce bateau, la benjamine de l’épreuve aura confirmé avec beaucoup de maîtrise tout son talent, au terme d’une prestation particulièrement solide face à une concurrence relevée.
« Premier podium en IMOCA sur ma première course en solitaire… franchement, je pouvais difficilement rêver mieux. Et surtout, j’ai adoré cette course. On a eu des conditions incroyables du début à la fin. Il y a eu beaucoup de moments de pétole où il fallait être ultra attentive à la moindre risée, mais aussi des phases où ça glissait super bien, mer plate, soleil… que du bonheur. Et puis il y a eu un vrai match en mer. On était plusieurs à se battre tout le temps, avec Francesca, Elodie, Corentin… Les positions n’arrêtaient pas de bouger. J’ai longtemps été deuxième, puis je suis redescendue quatrième, cinquième, avant de revenir. C’était hyper intense et vraiment passionnant à vivre. Au final, je crois que j’ai très peu dormi pendant cinq jours. Dès qu’il y avait de la molle, il fallait rester à l’affût parce qu’un petit nuage ou une petite risée pouvait faire gagner énormément. Et quand ça allait vite, il fallait être sans arrêt sur les réglages, sur les manœuvres, sur les trajectoires. À force, il y a eu des moments où je sentais mon cerveau partir un peu dans tous les sens. J’avais l’impression de dormir debout parfois. Et là, maintenant que tout retombe, je sens la fatigue arriver d’un coup. Mais c’était tellement prenant… Il y a eu énormément d’empannages, de virements, de manœuvres : on n’a jamais vraiment soufflé. La fin de course a été particulièrement intense aussi. Avant le départ, j’avais rendu ma déclaration de voile quelques minutes en retard, et ça m’a valu dix minutes de pénalité. Du coup, pendant toute la remontée au près, je n’avais que ça en tête : réussir à creuser suffisamment l’écart avec Elodie (Bonafous) pour conserver cette troisième place. Je pensais pouvoir me reposer un peu avant l’arrivée… mais pas du tout ! J’ai passé mon temps à mouliner sur les réglages, border, choquer, relancer le bateau à la moindre risée. Je voulais vraiment aller chercher chaque dixième de nœud. Et je pense que ça a payé. Ce qui est super rassurant aussi, c’est de voir que le bateau est fiable et performant. Cet hiver, l’équipe a beaucoup travaillé dessus, on a fait plusieurs modifications, et là on voit que ça fonctionne. Même si ce n’est pas un bateau de dernière génération, il est rapide dans beaucoup de conditions. Cette course, c’était un vrai test grandeur nature, et honnêtement ça me met énormément en confiance pour la suite. »
