Du 23 septembre au 2 octobre 2026, le Championnat du monde offshore en double mixte s'est disputé pour la première fois en Méditerranée, à Marseille, sur le plan d'eau des Jeux olympiques de Paris 2024. Au terme de plus de deux jours complets en mer pour la finale, le titre mondial revient à nouveau à un équipage tricolore. Thomas André, tenant du titre après sa victoire en 2025 à Cowes avec Théa Khélif, devient le premier double champion du monde, cette année avec Colombe Julia. Ils s'imposent en finale après avoir terminé deuxièmes de leur course qualificative.
Le Championnat du monde, un format exigeant à élimination directe
Fondé sur le principe de l'élimination directe, le format de l'épreuve propose deux courses qualificatives, une course de repêchage, puis une finale unique de plus de 230 milles dans laquelle tout se joue. Vainqueurs des deux courses qualificatives, les Français Christopher Pratt et Maïlys Radulic-Ferrat et les Belges Jonas Gerckens et Djemila Tassin figuraient parmi les favoris de la finale, aux côtés du deuxième équipage français et des équipages allemand, australien et suédois.Donné mercredi 30 septembre à 11 h 30, le départ de la finale a immédiatement plongé les équipages dans des conditions soutenues, avec un vent de 25 à 30 nœuds et une mer formée. Ces conditions ont entraîné l'abandon de l'équipage allemand Lina Rixgens et Andreas Baden. Le parcours méditerranéen de la finale a mené la flotte de Marseille jusqu'à Cannes, avant un retour à Marseille. Un tracé exigeant, riche en rebondissements, avec des navigations de nuit usantes. C'est finalement dans un vent faible que Thomas André et Colombe Julia ont franchi la ligne d'arrivée à Marseille cet après-midi, après avoir toujours été bien placés et pris la tête de la flotte hier soir. Le podium est complété par les Australiens Annie Stevenson et Peter Winter, médaillés d'argent, et par les Belges Jonas Gerckens et Djemila Tassin, médaillés de bronze. Le deuxième équipage français termine sixième.
Thomas André, premier double champion du monde de la discipline
Avec ce sacre à domicile, la France confirme sa domination sur la discipline, avec deux victoires en trois éditions. Thomas André devient le premier double champion du monde de course au large en double mixte, après sa victoire l'an dernier en Angleterre, à Cowes. Une performance qui complète ses deux autres podiums de l'année : 1er de la Plastimo Lorient Mini 6.50 et 3e de l'Aventura en Figaro Beneteau 3, deux courses disputées en double. La nouvelle spécialité de Thomas !Thomas André, champion du monde : « Ce n'est pas tous les jours qu'on peut défendre un titre, quel qu'il soit. Alors quand l'occasion s'est présentée à Marseille, j'avais très envie de le défendre. Le choix de Colombe s'est imposé assez simplement. On se connaît depuis le 470 : on était dans la même équipe il y a sept ou huit ans, et on a eu la même trajectoire, d'abord le parcours olympique, puis la course au large. Même si on n'avait jamais navigué ensemble avant, on avait peu de doutes sur notre compatibilité. Ce que je retiens surtout, c'est d'être revenu sur la même compétition et de l'avoir gagnée à nouveau. Ce n'est pas simple, quand on a gagné, de revenir, surtout en Méditerranée, et de produire le même effort que l'année précédente. J'en suis assez fier. Et avec Colombe, on s'est plutôt bien trouvés, c'est une belle découverte. Revenir sur un circuit plus fédéral, où l'on représente notre pays, nous rappelle de bons souvenirs du 470. »
Colombe Julia, championne du monde : « Pour revenir sur la régate, l'aller a été assez classique : une grande remontée au près, avec beaucoup de virements le long des côtes. C'est quelque chose qu'on fait souvent en Figaro, donc avec Thomas, on était bien calés sur notre rythme. Franchement, l'aller s'est passé comme on le voulait. Le retour, lui, était plein d'incertitudes, et ce n'est pas facile à gérer. Mais je pense qu'on y est bien parvenus, parce qu'on s'est fait confiance en permanence. Être en tête dans ces conditions n'a rien d'évident : on sert un peu de crash test, de bateau repère pour les autres, qui voient où il ne faut pas aller. On a réussi à conserver notre place de leader très régulièrement, et même quand on l'a perdue, on s'est donné les moyens de la retrouver assez vite. »
Source : M Mermod
