vendredi 20 mai 2016

The Transat / Solidaires en Peloton s'impose en Class40, Thibaut Vauchel Camus : "Un moment rare"

Superbe victoire ! Cette nuit, Thibaut Vauchel Camus a passé la ligne d'arrivée de The Transat bakerly à 4h12 HF, premier Class40 à New York. Après sa deuxième place sur la Route du Rhum, cette victoire confirme que la navigation en solitaire lui va bien. Encore sous le coup de dix-sept jours de course particulièrement difficiles et d’une bataille intense, le skipper de Défi Voile Solidaires En Peloton raconte.



Thibaut Vauchel Camus remporte The Transat en Class40 à New York
Credit : A.Ross


Solidaires en peloton-ARSEP s’impose en 17 jours et demi sur cette traversée de l’Atlantique, dont l’issue finale s’est jouée au large de Terre-Neuve. Thibaut Vauchel-Camus n’a réellement fait le break sur Phil Sharp que lorsque celui-ci a déchiré sa grand-voile et sur Louis Duc parti dans le Sud, il y a deux jours.

Mais l’issue n’était pas encore écrite car 200 milles plus au Sud, Louis Duc avait suivi en solitaire une voie qui laissait encore des opportunités pour la victoire… Et jusqu’à deux jours avant son arrivée, Thibaut Vauchel-Camus ne pouvait pas encore se libérer de l’inquiétude d’un retour méridional.


L’arrivée :
« C’est une sensation très particulière. Tu passes la ligne et tu retrouves les potes venus à ta rencontre. On est loin de l’effervescence de la Route du Rhum. Ici, c’est tout calme. Comme la ligne d’arrivée est très au large, tu as tout le temps de savourer. Tu sens les odeurs qui changent, tu vois la ville qui grossit, c’est un moment rare… »


La dureté de la course :
« Ce parcours est vraiment violent. Je garderai le souvenir de ce long bord le long de la zone d’exclusion des glaces. On avait l’impression que ça ne finirait jamais. C’est là que j’ai cassé une cloison de pied de mât quand le bateau est retombé dans une vague particulièrement creuse. Heureusement qu’à ce moment, j’étais calé à l’intérieur. Sinon, je crois que j’aurais volé dans le bateau. »


Une concurrence de haut vol :
« Je n’oublie pas tous ceux qui se sont arrêtés sur le bord du chemin, Maxime (Sorel) tout d’abord, puis Armel (Tripon). Isabelle (Joschke) a été incroyable. Elle aurait vraiment mérité de pouvoir se battre jusqu’au bout. Phil (Sharp) m’a aussi donné du fil à retordre. Louis (Duc), comme d’habitude a fait une course super intelligente. Il a utilisé ses armes en faisant des choix de route radicaux qui auraient pu être payants. Je n’oublie pas non plus tous les autres qui sont encore en course. Quand on voit les pépins que tout le monde a subis, on mesure qu’il faut aussi de la réussite pour gagner. »


Le poids de l’histoire :
« Quand je n’en pouvais plus, je pensais à ceux qui nous ont précédés. En 1960, Jester avait mis 40 jours, je crois. Là, j’en mets dix-sept. On navigue sur des bateaux rapides, on a plein de données météo à disposition, des vêtements de mer adaptés… Je n’oublie pas que si on peut vivre nos rêves aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu ces défricheurs, des Chichester, des Tabarly qui ont fait rêver les gens et provoqué cet engouement pour la course au large. »


Solidaire toujours :
« Plus ça va, plus je me dis qu’il y a des corrélations évidentes entre ce genre de course et le combat des patients qui luttent contre la sclérose en plaques. Savoir toutes ces personnes qui me suivent, qui m’encouragent alors qu’ils doivent lutter pour leur survie, c’est un moteur d’une puissance incroyable. Je reste très fier de pouvoir me battre pour cette cause. »


Repos avant la Québec Saint Malo
Place maintenant à un repos bien mérité avant d’attaquer la remise en état d’un bateau qui a bien souffert durant cette traversée. Ensuite, ce sera le convoyage jusqu’à Québec pour le deuxième grand rendez-vous de la saison, la Transat Québec//Saint-Malo dont le départ sera donné le 10 juillet.




En chiffres
Passage de la ligne d’arrivée : jeudi 19 mai à 22h 12min 56 sec (NY) soit le vendredi 20 mai à 4h 12min 56sec (HF)
Durée de course : 17 jours 12 heures 42 minutes 56 secondes
Distance parcourue : 3804 milles
Vitesse moyenne : 9.04 noeuds
Vitesse orthodromique : 7.25 noeuds

Par la rédaction
Sources : Ch.TCHATAT - OC Sport

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