Une arrivée en fanfare digne de la légende d'Istanbul pour Chabagny et Bérenger!

La Corne d'Or à Thierry Chabagny, Istanbul à Nicolas Bérenger ! Telle est la fin de l'histoire à l'issue de la 5ème et dernière étape de la « Capitale Européenne de la Culture-Cap Istanbul » partie hier de l'autre côté de la mer de Marmara.

Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) a offert un spectacle et des images aussi magiques qu'insolites qui resteront dans les mémoires de la course au large. Seul à la barre de son monotype, il a déboulé en tête dans les eaux qui réunissent l'Orient et l'Occident. Après une navigation judicieuse et inspirée en mer de Marmara, il a en effet poursuivi de plus belle au milieu des bouchons de cargos, en attente d'embouquer les eaux du Bosphore aux portes de la Corne d'Or : au près serré, il a louvoyé et slalomé entre ces cathédrales d'acier, tirant toute la quintessence de son Suzuki Automobiles. Après une jolie parade au large des coupoles et minarets de cette citée légendaire pour aller virer une bouée cardinale à l'entrée du Bosphore, il a coupé la ligne à 13 heures 57 minutes et 37 secondes. Il a ouvert le bal des arrivées qui se sont succédées à un rythme soutenu en ce début d'après-midi, mettant un terme à cette épreuve sans nulle autre pareille, où se mêlent âpre compétition et magie du voyage.

Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) : « C'est une énorme satisfaction. Cette victoire d'étape, c'est ma première en solitaire. Que ce soit à Istanbul, c'est tout un symbole : ce petit parcours au milieu des cargos avec les mosquées en toile de fond, il n'y a qu'ici, entre l'Orient et l'Occident, qu'on peut naviguer de la sorte en Figaro. Pour cette étape, je me suis souvenu des schémas que nous avions l'an passé de la mer de Marmara : je me suis fait plaisir, je me suis écouté complètement. Je suis comblé, cette victoire vient conclure une course que j'avais pourtant très mal débutée, mais au cours de laquelle j'ai tout donné pour reprendre confiance et complètement inverser la tendance. »


À l'issue d'une dernière étape d'une course au temps, le bonheur du premier peut aussi consacrer un poursuivant qui bataille pour la plus belle des victoires : celle au classement général toutes étapes confondues. Cette Cap Istanbul 2008 fait bien les choses : difficile en effet de ne pas souligner que les deux compères qui s'étaient imposés en double et ensemble l'an passé ne sont autres que Thierry Chabagny et... Nicolas Bérenger. Et s'il en est un qui n'a eu de cesse de marteler qu'il voulait sa victoire en solitaire à tout prix, c'est bien le skipper de Koné Elevators ! L'envie de briller et de l'emporter ne l'a jamais quitté depuis le départ de Nice. Jamais au fil des cinq étapes de cette « Capitale Européenne de la Culture-Cap Istanbul », il n'a baissé les bras. Aujourd'hui, Nicolas décroche à 36 ans sa première victoire en solitaire, celle qui lui manquait pour inscrire son nom au rang des meilleurs navigateurs. Pour ne rien gâcher, il réalise donc le doublé sur la course à l'issue d'une ultime et dernière étape dont les honneurs reviennent de droit à son complice d'échappée méditerranéenne de l'an passé. En état de grâce tout au long de la course, Nicolas l'emporte à force de régularité aux avant-postes. Aussi fougueux, qu'accrocheur, méticuleux ou encore besogneux, le skipper de Koné Elevators a trouvé la recette pour conquérir la magique Istanbul de la plus belle manière : seul à la barre d'un monotype après 1660 milles parcourus sur la Méditerranée traversée d'Ouest en Est servie par des conditions météo aussi aléatoires que complexes.

Nicolas Bérenger (Koné Elevators) : « Je n'ai pas gagné une seule étape et je l'emporte : cela pourrait paraître un peu décevant, mais non au contraire cela prouve qu'en Méditerranée il faut être régulier et clairvoyant. Mon grand-père m'a appris ça et j'ai essayé de l'appliquer au pied de la lettre. La Méditerranée est une mer capricieuse, il faut plus y regarder la surface de l'eau que les modèles et les fichiers derrière l'ordinateur. Là, sans doute résident des clés pour en percer les mystères. Quant à la réussite, je l'ai provoquée et je l'ai eue : ce n'est que du bonheur. La Cap Istanbul est une grande course en solitaire, j'espère qu'elle aura un jour le même prestige que La Solitaire qui dans l'esprit des gens reste la référence. Mais je vous assure qu'on navigue sur les mêmes bateaux et que le niveau sur l'eau y est aussi très élevé. Ce qui change le plus, c'est peut-être la quantité de sel dans l'eau ! »

Gildas Morvan (Cercle Vert) monte ainsi sur la 2è place du podium au classement général. Dans la foulée, il s'octroie le titre de Champion de France de Course au Large. Ensuite, difficile d'ignorer la performance pleine de promesses de François Gabart (Espoir Région Bretagne). Du haut de ses 25 ans, ce jeune skipper a frappé un grand coup : il monte sur la 3ème marche du podium du classement général à l'issue des 5 étapes. Le coup d'éclat de ce jeune bizuth ne manque ni de force, ni de conviction.

Gildas Morvan (Cercle Vert) : « 2ème, je suis vraiment très content de ce résultat. C'est la première fois que je disputais la course et c'était pour moi une totale découverte. J'ai été régulier et c'est l'essentiel, d'autant qu'il ne m'a pas manqué grand chose pour l'emporter. Mais surtout, avec ce résultat, je signe la victoire sur le Championnat de France de Course au Large, qui couronne des grands noms comme Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, ou encore Franck Cammas. C'est une très grande satisfaction et évidemment c'est la régularité et la constance qui payent. Cette année, j'ai gagné la Course des Falaises, je termine 2è de la Solitaire et 2è de la Cap Istanbul. Je termine sur le podium de chacune de ces épreuves... Et cela fait très plaisir ! »

François Gabart (Espoir Région Bretagne) : « 3ème au classement général, c'est forcément pour moi une énorme satisfaction. C'est inespéré après une année de participation sur le circuit. On me l'aurait dit en début de saison, je ne l'aurai pas cru ! C'est déjà une très grande chance d'avoir pu naviguer sous les couleurs du jeune espoir de la Région Bretagne. Je suis évidemment très fier de terminer derrière Gildas, qui est Champion de France de Course au Large et avec lequel j'ai eu le privilège de batailler tout au long de la course. Entre nous, cela s'est joué à pas grand chose ? La Cap Istanbul, c'est une course magnifique qui offre au-delà de la compétition la magie du dépaysement. Hier, nous étions dans les Dardanelles, aujourd'hui nous arrivons à la voile à Istanbul : c'est un autre monde. »

Source : Cap Istanbul