VOR / "Il nous reste trois jours humides et effrayants" pour le leader Telefonica

Le passage de la dépression qui arrive par le sud-ouest est imminent. En tête, Telefónica a déjà accéléré tandis que CAMPER et Groupama s'y préparent. La brise monte, monte, monte ... « Pour le moment, il y a 20 à 25 noeuds de vent, le soleil est de sortie, c'est très agréable, on se promène. »


© Yann Riou - Groupama sailing team - Volvo Ocean Race


À bord de Telefónica, confortable leader depuis six jours, Andrew Cape est serein. Il devance CAMPER with Emirates Team New Zealand de 108,5 milles et Groupama sailing team de 321,3 milles. Bien placé au sud en bordure de l'anticyclone de Sainte-Hélène, il pense « avoir un meilleur angle dans la brise, pour glisser sur le front plus longtemps. » Mais le navigateur australien sait aussi que l'ambiance va changer dans les prochains jours. Le front froid et ses vents de nord-ouest touchent déjà Telefónica, qui filait à 24,4 noeuds au classement de 13h00 UTC.

« Pour l'instant c'est parfait, mais quand on va vraiment atteindre le front, ça va devenir plus venté et plus mouillé. Ce sera la nuit, ce qui rendra les choses encore plus effrayantes. Notre vitesse pourrait facilement dépasser les 30 noeuds. » L'occasion de battre le record de l'étape - ou celui de la distance parcourue en 24 heures - mais surtout d'enfin avancer vers Le Cap. « On veut tous en découdre maintenant. On en a eu assez. Ça fait 18 jours qu'on y est, il nous reste trois jours - trois jours humides et effrayants. Je crois que tout le monde a hâte d'arriver, de boire une bière et de voir sa famille. »

Marquée par le démâtage de PUMA Ocean Racing lundi après-midi (le bateau américain a depuis été approvisionné en carburant et fait route vers l'île de Tristan da Cunha où il sera gruté), la flotte se méfie aussi de la casse que pourrait engendrer le gros temps à venir. « Évidemment, on ne veut rien casser mais on doit quand même pousser le bateau pour arriver à temps. Si on ralentit, ça ne fera qu'empirer les choses. Aucun doute, on a sorti les voiles de course et on fonce. »

Pour CAMPER et Groupama, le défi est le même - ne pas casser, mais profiter de la brise pour avancer. Avec le défi supplémentaire suivant : ne pas se laisser attraper par les calmes de l'anticyclone. Jean-Luc Nélias, navigateur pour Groupama 4 : « La dépression qui passe au sud de l'anticyclone, sur les cinquantièmes rugissants, va nous aider à faire le tour de l'anticyclone de Sainte-Hélène.  Le boulot des six jours de navigation qui nous restent jusqu'au Cap, ce sera alors d'éviter les zones de vent faible liées à l'anticyclone. »

Positions à 13h00 UTC le 23 novembre 2011 :
1. Team Telefónica (Iker Martínez), à 1553,1 milles du Cap
2. CAMPER with Emirates Team New Zealand (Chris Nicholson), + 108,5 milles
3. Groupama sailing team (Franck Cammas), + 321,3 milles
4. Abu Dhabi Ocean Racing (Ian Walker), retrait de l'étape 1
5. Team Sanya (Mike Sanderson), retrait de l'étape 1
6. PUMA Ocean Racing powered by BERG (Ken Read), retrait de l'étape 1

Source : Volvo Ocean race