Jérémie Beyou enchaine les nav' avant la Route du Rhum : "on est déjà dans la phase de performance"

Jérémie Beyou enchaîne les navigations depuis la mise à l'eau du foiler Charal le 21 août. Avec ce premier IMOCA entièrement conçu autour des foils, le skipper s'alignera le 4 novembre au départ de la Route du Rhum. Reste à rendre Charal le plus opérationnel possible pour l'épreuve en solitaire.


Crédit : Y Zedda / Alea / Charal


Fignoler ce qui doit l'être

Le travail, les réflexions, les navigations, les questionnements tournent autour de deux axes majeurs : fiabiliser le bateau de telle manière que Jérémie Beyou ne subisse pas un souci technique qui le priverait de l'arrivée à Pointe-à-Pitre, et maîtriser et optimiser les performances de Charal. « On doit avoir navigué 14 fois depuis la mise à l'eau sans rencontrer de problème majeur, dit le skipper plutôt serein, et on a encore un petit temps d'avance sur le programme. 

On doit fignoler ce qui doit l'être, avec le changement à venir de différentes pièces, mais on est déjà dans la phase de performance et de développement. Il faudrait que je parvienne à me frotter à des conditions particulières, comme un passage de front en solitaire, pour valider l'essentiel ».


Bertrand Pacé : "Trouver les clés de la stabilité"

L'urgence, pour l'heure, est à la performance, avec une double ambition : naviguer « safe et vif ». Un savoir-faire d'expert que porte Bertrand Pacé, rôdé aux exigences de la Coupe de l'America depuis 1987 et 8 fois vainqueur du Tour de France à la Voile. « Les paramètres de la performance, explique-t-il, sont multiples sur un IMOCA. Il y a les foils, dans leur extension et leur orientation (le rake), la quille, la surface de voilure et les réglages de voilure.

Notre mission est de permettre à Jérémie d'avoir les idées très claires sur les voiles à choisir en fonction des conditions, sur l'usage de ses foils selon les circonstances, et les inclinaisons de la quille. Ce bateau a un fort potentiel, ce qui signifie aussi qu'il a du mal à garder son potentiel constamment. Trouver les clés de la stabilité, assurer un maximum de situations saines, c'est ce qui va nous animer au cours des 12 ou 13 jours de navigation qui sont programmées d'ici le départ vers Saint-Malo.

Et c'est d'autant moins facile que ces foilers nous imposent de réfléchir sur l'archimédien et l'aérien, lorsqu'il vole. Ce sont deux paramétrages différents ».


Que tous soient à 100% au moment de la Route du Rhum

Le skipper est prêt. Deux semaines de diète lui ont permis d'effacer 4 kilos, héritage des séances intenses de musculation de la Volvo Ocean Race, puis il a enchaîné avec trois semaines de foncier et deux semaines de préparation physique pour terminer cette longue boucle autour de la mise à l'eau de Charal.

Reste à peaufiner le travail jusqu'au départ, et à prolonger également l'approche mentale. « On enchaîne différentes phases et, ces temps-ci, nous avons travaillé à mettre de l'huile dans les rouages du Charal Sailing Team, pour peaufiner nos modes de communication. On essaie aussi d'être à l'écoute de l'équipe, qui a énormément bossé jusqu'à la mise à l'eau. L'intention est que les membres du team soient à 100% de leur potentiel au moment où viendra la Route du Rhum ».

par la rédaction
Source : I Delaune