Holcim-PRB navigue au plus près de la zone d'exclusion des glaces, les écarts se réduisent sur The Ocean Race

 

17 jours de mer et aucun répit. Les IMOCA lancés dans cette troisième étape de The Ocean Race nous livrent un spectacle époustouflant mais à bord les équipages sont malmenés. L’indien et le Pacifique font fi du bien-être de ceux qui s’aventurent dans ces latitudes reculées. 

 

Crédit : PolaRYSE

Désormais dans le Pacifique, les marins du projet GO CIRCULAR résistent à chaque saut de vagues et foncent toujours vers l’est, plus concentrés que jamais. Toujours en tête, ils scrutent les cartes météo et surveillent du coin de l’œil leurs adversaires dont la plupart a révélé quelques problèmes techniques. 
 
Alors que ses adversaires naviguent plus au nord, Kevin Escoffier a choisi d’empanner cette nuit pour se rapprocher toujours un peu plus de la limite des glaces, limitant ainsi légèrement la route à parcourir jusqu’au Cap Horn. Le monocoque vert et bleu continue de s’appuyer sur un flux solide (entre 25 et 30 nœuds) de nord-est pour continuer à tracer sa route. Le décalage en latéral positionne Malizia très proche du tableau arrière de Holcim-PRB (17,6 milles au classement de 17h HF). Cela ajoute un peu de pression sur le leader qui semble déterminé à ne rien modifier de sa méthode comme l’explique Kevin Escoffier cet après-midi. « Je ne regarde pas trop derrière. J’essaye de naviguer de la façon dont je sais faire, en bon marin, en faisant marcher le bateau. Nous devons rester concentrés car on sait que c’est seulement comme ça que l’on évitera les soucis techniques, les bêtises lors de manœuvre. Ça je m’emploie à le faire et à le répéter à bord. C’est vraiment important. Je regarde Itajaí, amener l’équipage et le bateau là-bas en pleine forme. Si c’est ça, le contrat sera rempli ».
 
En tête depuis le départ, Holcim-PRB a placé le curseur sans avoir constamment de référent à proximité et en exploitant des conditions parfois différentes de celles de ses concurrents. Depuis hier, Malizia a profité d’une météo et d’un angle de vent plus favorables et a gagné beaucoup de terrain. Il menace le leadership de Holcim-PRB sur la cartographie. L’engagement de chaque équipe rend le match magnifique et les coups de chacun sont placés sur le long terme. Il faudra donc attendre la suite de ce scenario à suspens pour savoir si Holcim-PRB a bien positionné ses pions comme l’explique Kevin Escoffier. « Malizia a un placement que nous ne pouvions pas avoir dans tous les cas. Nous avons peut-être forcé un peu le trait quant à notre choix de route dans le sud hier. Seul l’avenir le dira. Mais quand on est devant, ce n’est pas simple en termes de stratégie car on n’a pas du tout le même vent que les poursuivants qui arrivent avec le nouveau vent. A chaque fois, nous avons réussi à garder un peu d’avance ». Plus de 6 000 milles restent à courir et autant de petits et grands placements sont à jouer. De quoi satisfaire pleinement les quatre compétiteurs du monocoque suisse.

Source : Effets mer