Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel ont franchi le dernier des trois caps majeurs de leur tour du monde ce dimanche à 01h 47min (heure française). Ils en profitent pour signer une nouvelle performance : le record de la traversée du Pacifique* en 7 jours, 12 heures et 12 minutes. Surtout, depuis leur départ il y a 26 jours, 4 heures et 46 minutes, Sodebo Ultim 3 reste plus rapide qu’IDEC Sport qui détient le Trophée Jules Verne depuis 2017. Au passage du mythique rocher, Thomas Coville et ses hommes disposent de 10 heures et 59 minutes d’avance sur l’équipage de Francis Joyon.
Crédit : SU3
Le cap Horn, le franchissement d’un mythe
Thomas Coville : « Le cap Horn, j’ai l’habitude de l’appeler le cap de « bonne délivrance ». C’est l’inverse du cap de Bonne Espérance qui nous fait rentrer dans l’hémisphère Sud où on est livrés à nous-mêmes. Ces derniers jours, on a eu de la mer formée, du vent fort, des icebergs et beaucoup de glaces donc ça renforce encore plus notre joie de le franchir ! »Benjamin Schwartz : « Le cap Horn, c’est tout un symbole car c’est la sortie du tunnel des mers du Sud et le retour dans des conditions plus clémentes. Personnellement, c’est la première fois que je vais aussi loin dans un tour du monde sans escale ! »
Nicolas Troussel : « Les passages des caps sont toujours des moments très agréables à vivre ensemble. Ce sont les rares où nous sommes tous ensemble sur le pont. À chaque quart, on essaie de faire notre boulot du mieux possible en s’assurant que le bateau est à 100 % de son potentiel. Et c’est génial de voir qu’on est déjà au cap Horn ! »
Frédéric Denis : « Passer les trois caps mythiques dont le cap Horn, c’est un rêve de gosse, un moment très fort dans la vie d’un marin. Ça marque aussi la fin du grand Sud qui n’a pas été tendre avec nous avec des conditions musclées et pas mal de mer. Je ne sais pas si je me rends compte vraiment qu’on vient de passer le Horn. Il va peut-être falloir un peu de temps ! »
Guillaume Pirouelle : « À chaque fois qu’on passe un cap, c’est une nouvelle étape, cela montre qu’on avance, qu’on se rapproche de l’arrivée. Il n’y a pas si longtemps, jamais je n’aurais imaginé franchir le cap Horn. C’est une super expérience, on est super content de le vivre : hormis Thomas (Coville), nous sommes six à le passer pour la première fois ! C’est un beau moment à vivre, surtout après notre abandon sur la tentative l’an dernier. C’est génial de signer un nouveau temps de référence mais notre objectif, c’est le record à Ouessant. »
Léonard Legrand : « Dépasser le cap Horn, c’est à la fois très symbolique et très satisfaisant. On quitte le Pacifique, le froid et on revient dans l’Atlantique, un environnement qu’on connaît mieux, qui a quelque chose de rassurant. Mais le cap Horn, c’est vraiment incroyable. Il y a peu de marins qui l’ont réalisé et encore moins en étant en tête sur le record du Trophée Jules Verne. Maintenant, on a le droit de se faire un tatouage ou de se faire poser une boucle d’oreille mais ce n’est pas trop la préoccupation du moment ! (rires)»
Sodebo Ultim 3, toujours en avance sur le record
Grâce à l’engagement de l’ensemble de l’équipage, Sodebo Ultim 3 sont en avance sur le chrono à battre. Sodebo Ultim 3 s’offre le record du Pacifique en 7 jours et 12 heures et 12 min*, dépassant un record détenu depuis 2017 par François Gabart (7 jours, 15 heures). Cela s’ajoute au record à l’équateur et aux temps de référence réalisés depuis Ouessant et le cap de Bonne Espérance puis le tronçon jusqu’au cap Leeuwin. Si ces chronos saluent leur constance, les 7 marins n'ont qu’un record en tête : faire mieux que les 40 jours et 23 heures du Trophée Jules Verne.Benjamin Schwartz : « On sait dans quoi on se lance quand on part sur un tour du monde mais nous avions l’espoir d’avoir un meilleur enchaînement en termes de météo. On a toujours été 300 à 400 milles derrière là où nous aurions voulu être dans le Pacifique. Finalement, nous sommes dans les temps que nous avions prévu au Horn. On sait qu’il y a de nouveaux choix importants à faire sur la remontée de l’Atlantique Sud. Ce sera à l’arraché jusqu’au bout et on espère que ce sera en notre faveur. On est toujours devant IDEC Sport et c’est ce qui compte.»
Pierre Leboucher : « Globalement, on a réussi à bien se débrouiller malgré les conditions qu’on a eu. Il a fallu se battre, ça n’a pas toujours été facile de manier le bateau. Ce n’est pas toujours évident de trouver le bon dosage pour ne pas casser et aller vite en permanence. Le vent fort et la mer formée ne nous ont pas permis de faire une trajectoire plus tendue. D’ailleurs, par rapport à IDEC Sport, nous avons déjà parcouru des centaines de milles en plus.»
Nicolas Troussel : « Pour l’instant, c’est un super chrono. Nous sommes à fond depuis le début et on réussit à trouver les meilleures trajectoires possibles. Il y a forcément de la satisfaction à rester devant IDEC Sport. Nous sommes fiers et contents de ce qu’on a réalisé jusque-là. Mais on sait que ce qui compte ce n’est pas le temps au cap Horn mais celui à l’arrivée à Ouessant ».
Léonard Legrand : « On a fait beaucoup de route mais on l’a fait rapidement. C’est ce qui nous permet de rester plus rapide que l’équipage de Francis Joyon. C’est à la fois satisfaisant d’être devant mais il y a aussi une pointe de frustration : si on avait eu de meilleures conditions, on aurait pu aller encore plus vite. Ce qui est satisfaisant, c’est de voir que l’équipe et le bateau sont toujours à 100 %. Ça nous permet de nous projeter sur la suite sereinement !»
L’Atlantique Sud, un nouveau défi
Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel savent qu’il ne faudra pas relâcher la pression. La remontée de l’Atlantique est souvent périlleuse et les conditions du moment le confirment. En effet, plusieurs dépressions sont actuellement en formation au large des côtes argentines et uruguayennes. La semaine à venir s’annonce donc cruciale.Thomas Coville : « Dans une compétition, le plus difficile a très souvent lieu à la fin. Bien entendu, on va avoir moins froid et il y aura moins d’icebergs. Mais nous pouvons encore avoir des dépressions, des conditions difficiles… À nous de réussir à bien finaliser ce qu’on est en train de construire. Le plus dur n’est pas derrière nous mais devant nous ! »
Benjamin Schwartz : « On se rapproche un peu plus de l’arrivée et le prochain point de passage ce sera l’équateur et surtout la ligne d’arrivée. Il y a un peu d’impatience de découvrir l’issue de cette tentative. On a toutes les cartes en mains pour battre ce record, et tous les messages que l’on reçoit via le site de la carto nous boostent ! »
Frédéric Denis : « On sait que la situation à venir n’est pas simple et qu’il va falloir qu’on reste particulièrement concentrés. Mais on ne va rien lâcher, malgré la fatigue. C’est chouette de voir une équipe aussi dédiée à la bonne marche du bateau. On ne ménage pas nos efforts. Et puis c’est sympa de voir qu’on commence à pointer l’étrave vers la ligne d’arrivée ! »
*sous réserve de la validation du WSSRC
Source : A Bourgeois

