Alan Roura est plus que jamais déterminé à fédérer les talents suisses de la voile en vue de la course autour du monde en équipage, The Ocean Race. La recherche de partenaires et la poursuite des entraînements sera la priorité de ce début d’année.
Lancé il y a un an, le projet d’équipe suisse de course au large va évoluer en 2026. Imaginée par Alan Roura, Simon Koster et Elodie Jane Mettraux et développée en un temps record, la Swiss Offshore Team a marqué les esprits en 2025. La pertinence et la fraîcheur de l’équipe a en effet amené une touche de bonne humeur et de fraîcheur sur The Ocean Race Europe, évènement phare de la saison en équipage de la classe IMOCA. Entre août et septembre, de Kiel à la baie de Kotor au Monténégro, le Team AMAALA permettait surtout de mettre le pied à l’étrier de plusieurs marins suisses de la nouvelle génération.
Une motivation intacte
Si l’équipe suisse n’a pas vraiment eu les moyens techniques de jouer le haut du tableau, avec un projet lancé tardivement grâce à l’engagement d’un sponsor de dernière minute, l’essentiel était ailleurs pour Alan Roura et Simon Koster. Avec le plus vieux bateau de la flotte et ses foils d’un autre temps, les deux marins et la relève qu’ils ont encadrée pendant plusieurs semaines n’ont ainsi jamais rien lâché et accumulé les expériences positives.La belle histoire de ces jeunes marins - dont plusieurs n’avaient même jamais passé une nuit en mer avant de se lancer dans l’aventure - n’a d’ailleurs laissé personne indifférent. Que ce soit sur les pontons, auprès des autres équipes, ainsi qu’auprès du grand public - plus de 5,5 millions de vues dans les médias et sur les réseaux sociaux - qui a bien saisi la démarche de cette équipe pas comme les autres.
« Je suis plus que jamais déterminé pour que le projet reparte de plus belle, expliquait Alan Roura, en plein convoyage retour de son bateau depuis AMAALA, en mer rouge, vers son port d’attache de Lorient. Parce que nous avons tous envie d’aller plus loin. De voir plus loin. On s’est rendu compte l’an passé qu’il y avait une dynamique de malade dans et autour de cette équipe, on veut que ça continue. » Le skipper genevois, réputé pour sa capacité à rebondir et sa ténacité, va donc y consacrer toute son énergie après la fin du partenariat avec AMAALA. Dans l’idéal, le team souhaiterait trouver un maximum de soutiens d’entreprises suisses, pour donner encore plus de sens et une vraie visibilité au savoir-faire made in Switzerland.
Un groupe « fort et soudé »
En dépit d’un contexte économique compliqué, peu propice à la création de nouveaux partenariats, l’optimisme reste donc de mise. Car grâce à AMAALA et Hublot, un projet fort a pu être lancé. « Pas question de baisser les bras, affirme le navigateur de 32 ans, nous sommes convaincus que parmi tous les gens qui croient en ce projet, certains vont se décider à sauter le pas. »Côté calendrier, les perspectives sportives restent inchangées. « En 2026, le gros morceau sera The Ocean Race Atlantic, entre New York et l’Europe, qui se courra en équipage mixte cet automne, précise Alan. Et très vite, en 2027, ça enchaînera sur un tour du monde avec The Ocean Race. Ça va donc aller très vite et il n’y a plus de temps à perdre. » « C’est certain qu’on aurait tous préféré que la suite du projet s’enchaîne, car pendant quelque temps nous allons perdre ce confort de pouvoir se projeter et de s’entraîner tôt dans la saison, explique Guillaume Rol, l’un des talents qui s’est révélé en 2026. L’objectif principal de ce début d’année sera donc de convaincre de nouveaux partenaires. »
Comme tous les autres membres de l’équipe qui ont découvert le large, le jeune romand garde le moral. « Ma motivation est intacte, dit-il. Et l’expérience vécue sur le The Ocean Race Europe, la découverte de ce que peut être une course de ce niveau sur de tels bateaux ne peut que m’inciter à vouloir poursuivre sur cette voie. Cette première expérience a permis de créer très rapidement un groupe fort et soudé. »
Équipage, double, solo, compétitions offshore et lacustres : un programme vaste et complet
En ce qui concerne la partie offshore, le choix du bateau est encore ouvert, avec deux possibilités. Une refonte complète du bateau actuel, qui a bien besoin d’un coup de jeune via, surtout, de nouveaux foils pour pouvoir prétendre régater avec les meilleurs. Ou l'acquisition d’un bateau plus récent qui offrirait davantage de garanties de performance et une planification de la saison simplifiée. « De nombreuses options et plusieurs bateaux sont sur le marché », souligne Alan Roura qui ne cache pas sa préférence pour un changement de monture, selon les opportunités financières qui se présenteront.Et si le projet est essentiellement centré sur la navigation en équipage et le partage de compétences, la Swiss Offshore Team ne veut pas s’interdire d’offrir à l’une ou l’un de ses membres de goûter à une expérience en double, ou même en solitaire. Le Rhum 2026 et le Vendée Globe 2028 pourraient ainsi mettre à l’honneur un talent émergeant de la voile suisse, comme un marin au profil plus buriné.
Pour donner encore un peu plus de valeur au projet, la volonté de renforcer leur présence en Suisse est également au coeur des préoccupations du collectif. Avec le développement de divers programmes de courses et d’entraînements sur des supports secondaires, ou l’organisation d’événements avec les structures locales. Toujours animés par l’idée d’offrir une approche professionnelle de la navigation en équipage et de s’ouvrir aux marins de demain, même les plus jeunes.
« Avec toutes les possibilités qui s’offrent à nous, il faudra que l’équipe s’étoffe et recrute toujours plus de nouveau jeunes talent, poursuit Alan Roura. The Ocean Race est une course exigeante et longue et il faudra du monde pour faire tourner l’équipage sur la durée. L’objectif est également que le projet puisse exister, évoluer et inspirer au-delà de son premier équipage. Grâce à des partenariats avec les écoles et les clubs de voile de toute la Suisse, nous pourrons insuffler ce vent frais à l’échelle national. »
Enthousiasme, motivation, transmission… Comme dit Alan Roura: « Y’a plus qu’à ! »
Source : A Mouraud
