10 flotteurs Argo déployés au cœur de l’Atlantique Sud, des mesures en continu sur l’ensemble du Vendée Globe

 

En mars 2025 s’achevait le Vendée Globe. Un an plus tard, l’heure est venue d’en mesurer toute la portée scientifique. Une chose est sûre : l’édition 2024-2025 restera comme celle d’un engagement inédit des skippers, pleinement mobilisés au service de la connaissance et de la compréhension de l’océan.


Crédit : E Stichelbaut 

Dans le cadre d’un programme de recherche océanographique d’envergure internationale, porté par le Vendée Globe et l’UNESCO et coordonné opérationnellement avec des acteurs scientifiques de référence comme l’Ifremer, les marins ont mis leur tour du monde au service de la science. Leur objectif : collecter des données essentielles dans des zones encore trop peu échantillonnées, afin de mieux comprendre l’évolution de l’océan dans le contexte du changement climatique.

10 flotteurs Argo déployés au cœur de l’Atlantique Sud

Fin novembre 2024, dix skippers - Yoann Richomme, Oliver Heer, Kojiro Shiraishi, Sam Goodchild, Sébastien Marsset, Guirec Soudée, Maxime Sorel, Szabi Weores, Jingkun Xu et Fabrice Amedeo - ont chacun déployé un flotteur Argo fourni par l’Ifremer.

Véritables concentrés de technologie de 2 mètres de haut, ces instruments mesurent la température et la salinité de l’eau de la surface jusqu’à 2 000 mètres de profondeur.

Ces 10 déploiements représentent à eux seuls près d’un quart des déploiements français réalisés en Atlantique en 2024, dans le cadre du réseau Argo, qui compte environ 4 000 flotteurs à l’échelle mondiale.

350 profils de température et salinité collectés en un an

Les flotteurs déployés lors du Vendée Globe 2024 permettent de capter des données tous les 10 jours et ce pendant 8 ans ! Sur cette première année de fonctionnement, ces flotteurs ont déjà transmis plus de 350 profils de température et de salinité.

Ces données sont déterminantes : elles permettent d’identifier l’origine des masses d’eau, de mieux comprendre les courants océaniques et d’affiner les modèles climatiques. Les flotteurs ont notamment contribué à combler un déficit d’observation dans une zone stratégique située entre 20 et 30° Sud, dans l’Atlantique, une zone peu fréquentée.

Des mesures en continu sur l’ensemble du tour du monde

Au-delà des flotteurs Argo, plusieurs skippers ont embarqué des dispositifs de mesure automatique permettant d’enregistrer des données tout au long de leur parcours, de la ligne de départ à la ligne d’arrivée. Parmi eux, Fabrice Amedeo, Boris Herrmann, Oliver Heer, Nicolas Lunven.

Leurs bateaux étaient équipés d’un système complet permettant des mesures continues de surface (notamment température et salinité).

En parallèle, un capteur plus léger et innovant – le prototype TSG Gaillard, développé avec des équipes scientifiques – a été testé pour la première fois en conditions extrêmes par Romain Attanasio et Antoine Cornic.

Les premières analyses montrent une excellente cohérence entre les différents dispositifs qui valident la robustesse des instruments et ouvrent la voie à un déploiement élargi.

Disposer d’un tour du monde en solitaire comme laboratoire grandeur nature constitue une opportunité scientifique rare, notamment dans des zones difficiles d’accès, comme l’océan Austral autour de l’Antarctique, où les satellites doivent souvent être validés par des mesures in situ.

Une ambition : une flotte 100 % équipée pour la science en 2028

Fort des résultats obtenus en 2024-2025, le Vendée Globe poursuit son ambition : faire de la course un formidable accélérateur de connaissance océanographique. Sous la coordination d’OceanOps, centre du programme mondial d’observation des océans, les skippers contribuent à la collecte de données essentielles à la compréhension du système climatique.

Dans la perspective du Vendée Globe 2028, l’objectif est clair : équiper 100 % de la flotte de dispositifs scientifiques, en lien avec les programmes internationaux coordonnés sous l’égide de l’UNESCO et en collaboration avec les grands organismes de recherche.

Alain Leboeuf, Président du Vendée Globe et du Département de la Vendée : « Le Vendée Globe n'est plus seulement un exploit sportif ou une aventure humaine - il est devenu un acteur engagé et concret de la connaissance et de la protection de l'océan. C'est une conviction profonde que nous portons : en plus d’admirer ces femmes et ces hommes qui naviguent autour du monde, le Vendée Globe nous offre collectivement la chance d’observer, de comprendre et de transmettre. » 

Source : VG