Conditions bien molles sur la 1000 Race, Elodie Bonafous : "Ce n’est pas facile de faire avancer le bateau"

 

Premier départ en solitaire en IMOCA, et déjà une marque posée. A bord d’Association Petits Princes – Quéguiner, Elodie Bonafous n’a pas tremblé au moment de s’élancer hier à la mi-journée sur la 1000 Race. « Il y a eu un petit moment de stress juste avant la procédure, quand l’équipe est descendue du bateau, a-t-elle confié dans un message, ce matin. Et puis j’ai basculé dans ma bulle, je me suis concentrée sur le placement… et après, j’étais à fond. » Résultat : un lancement propre, maîtrisé, et la confirmation que le travail paie. « Je suis très contente, surtout que mes départs à l’entraînement n’étaient pas toujours bons. Là, ça valide ce qu’on a fait. »

Crédit : R Marie 


Depuis, le décor a radicalement changé. Après un début de course solide, la navigatrice est toujours parfaitement dans le match ce lundi, au cœur d’une journée piégeuse, engluée comme les autres dans une vaste zone sans vent installée entre la pointe bretonne et le sud de l’Angleterre. Sur la cartographie, elle bataille bord à bord avec Corentin Horeau (MACSF) pour la quatrième place et illustre sa capacité à rester au contact dans un contexte particulièrement instable. Car rien n’est simple. Entre trafic maritime dense, courant contraire et dérive menaçante vers le DST d’Ouessant, ces dernières heures ont été tendues. Et surtout lentes. « Là, les voiles font “flop-flop”, a-t-elle détaillé. Ce n’est pas facile de faire avancer le bateau. On s’arrête tous dans la molle, mais ceux de devant repartent toujours un peu plus tôt… donc il faut tout donner pour ne pas lâcher trop de milles. » Une lutte de chaque instant, où le moindre filet d’air devient capital.

L’enjeu est désormais clair : sortir de cette bulle au plus vite et accrocher le flux de nord-est attendu en première partie de nuit prochaine. « L’objectif, c’est vraiment de traverser cette zone en limitant la casse, puis de gagner vers le nord-est pour aller chercher ce vent derrière. » Un basculement clé, qui permettra alors d’accélérer franchement en direction du phare du Fastnet, attendu demain matin, aux environs de 9 heures.

En attendant, place au jeu de patience. Réglages fins, trajectoires ajustées au millimètres, vigilance constante : Elodie avance pas à pas, lucide et appliquée. « Dans l’immédiat, je me concentre surtout sur la vitesse du bateau, a-t-elle expliqué. L’important, c’est de bien sortir de là. ». De fait, il ne s’agit pas d’attaquer, mais de ne pas subir. Et sur ce terrain-là, la Bretonne tient sa place.

Source : Rivacom