lundi 11 janvier 2016

Carnet de bord / Les 13 hommes de Spindrift 2 dans les yeux de Dona Bertarelli, la femme du bord

Ils ont été 14 à boucler le Trophée Jules Verne, vendredi, sur Spindrift 2. A bord, une femme : Dona Bertarelli. La marin a pris la plume pour présenter ses compagnons de route, qu'elle a appris à connaître au fil de leurs 47 jours de vie commune. Des portraits intimistes où l'on découvre un peu plus les hommes du bord.


Dona Bertarelli sur Spindrift 2 à son arrivée du Trophée Jules Verne.
Credit : E.Allaire


Seb (Marsset) : "Esprit d’équipe et entraide"
Tu as été notre force, infatigable, inépuisable et aussi insatiable ! Toujours aux avant postes et aux endroits les plus exposés, cela n’a jamais effacé ta constante bonne humeur et ton large sourire.

L’esprit d’équipe et l’entraide pour toi ne sont pas juste des mots, mais bien une réalité. Et puis, ton appétit m'a rendu bien des fois service, lorsque j’ai pu (discrètement) vider ma gamelle dans la tienne !


Antoine (Carraz) : "Tu as été là pour ce bateau que tu chéris"
Qu’est ce qu’on aurait fait sans toi ! Ou plutôt, qu’est ce que Spindrift 2 aurait fait sans son ange gardien. À chaque petits et grands bobo, tu as été là pour ce bateau que tu chéris déjà depuis plusieurs années maintenant.

Ta jeunesse, ton calme et ta discrétion n’enlèvent en rien à un travail hautement qualifié et précis. Tu as donné beaucoup de toi lors de toutes ces réparations et perdu pas mal d’énergie. Cependant, tu n’as jamais rien lâché et si aujourd’hui, il nous est amené de finir ce tour du monde, c’est aussi grâce à toi.


François (Morvan) : "Toujours plus vite !"
Tu aurais presque pu passer inaperçu sur ce tour du monde, tellement ton caractère est agréable, toujours d’humeur égale, volontaire, sans jamais se plaindre. Sauf qu’une fois à la barre et aux réglages, ta jeunesse et ta fougue révèlent le vrai compétiteur qui est en toi : toujours plus vite !

Ton toucher de barre a été un atout majeur sur cette tentative, ainsi que ton aide précieuse à Antoine lors des quelques travaux. Et puis, je n’oublierai pas que, grâce à nos échanges, moi te donnant mes Bounty, et toi tes Oreo, le troc est devenu de mise sur le bateau.


Thierry (Duprey du Vorsent) : "Infatigable, même épuisé"
L’infatigable, même épuisé ! Jamais stressé, à ton rythme, calmement, tu faisais ton travail. Toujours avec quelque chose à la main, ouvrir les cales, éponger, nettoyer, huiler, sécher, fermer à nouveau pour en ouvrir à nouveau. Et puis toujours prêt à rendre service, à rater ton quart de repos pour finir un travail.

De temps en temps tête en l’air, perdant momentanément une crocs, un livre ou alors oubliant tout simplement de manger. Méticuleux, tu t’es même désigné pour marquer chaque jour d’un point rouge la carte de notre avancée autour du monde. Discret, peu bavard, j’ai découvert un homme sensible, attachant. J’ai aimé nos échanges sur les enfants, la famille. Cela a été un réel plaisir de faire partie de ton quart.


Thomas (Rouxel) : "Le chocolat ne faisait pas long feu"
Ton rituel ? Une tartine de pain et de miel, coupée avec minutie bien finement afin d’acquérir le droit d’en manger une deuxième. Gourmand, le chocolat ne faisait pas long feu lorsqu’il y en avait. Toi non plus pas très bavard, pas très bruyant, j’ai aimé nos discussions sur la science, la politique, les océans ou le sport.

En toutes conditions, tu as réussi à « bouquiner », calmement dans ton coin, avec comme seul éclairage ta lampe frontale en mode rouge, afin de ne pas déranger les autres. À la barre, les consignes, tu les suivais à la lettre et ton poste d’équipier d’avant, tout comme Seb et Christophe, tu l’as fait avec maîtrise et précision.


Jacques (Guichard) : "Tu détiens le run de vitesse"
Mon confident. C’est probablement avec toi que j’ai passé le plus de temps sur ce tour du monde. On était dans le même quart et c’est souvent vers toi que je me suis tournée pour de l’aide. Tu m’as donné tous tes Oreo en échange d’un bonnet en laine propre, de savon, de talc ainsi que de lingettes biodégradables. Soigné, toujours propre sur toi, c’est là qu’on voit que ça change un homme d’avoir été élevé parmi trois sœurs !

Grand maniaque devant l’éternel, j’ai pu compter sur toi pour recoudre la toile en cuben m’isolant du froid venant de l’arrière, que pour finir, tu as rendue plus neuve qu’au départ. Régleur d’exception, précis, sérieux, tu ne laisses jamais rien au hasard. Bon barreur, tu détiens le run de vitesse parmi tous. Pointilleux, voire même parfois énervant, tu aimes faire le guignol et taquiner les autres alors que tu as un grand cœur.


Christophe (Espagnon) : "Tu as tout fait, et bien fait"
Le copain de tous, le blagueur, jovial, celui qui est toujours de bonne humeur. Et pourtant, c’est un homme sérieux, soucieux, prévoyant, toujours attentif à la santé et à la sécurité de chacun. Tout comme Seb et Thomas, ton poste d’équipier d’avant a été l’un des plus exposés et des plus exigeants.

Une vraie force de la nature, infatigable, volontaire, il n’y a pas un poste à bord qui n’a de secret pour toi. D’assistant cameraman, photographe, à médecin, barreur de talent... Tu as tout fait, et bien fait. Seul bémol, je pense avoir nettoyé ta gamelle plus souvent que tu ne l’as fait !


Yann (Riou), media man : "Un amoureux inconditionnel de ton métier"
On ne se connaissait que très peu avant ce tour du monde. On a travaillé ensemble et au fil des photos, des videos, des textes aussi, on a appris à se connaître de mieux en mieux et à s’apprécier au fil des jours. Tu es un amoureux inconditionnel de ton métier. Tu te jettes corps et âme dans ce que tu fais, avec passion et détermination.

Ton regard est aussi juste que ton analyse de la communication. Pour autant, tu acceptes les critiques et tu n’as pas peur de te remettre en question. L’un de nos objectifs, si ce n’est le plus important, était de partager cette aventure. Grâce à ton travail de qualité, on a fait bien plus que ça. On a vendu du rêve.


Xavier (Revil) : "Compétiteur dans l’âme"
Tu ne t’es pas arrêté une seule seconde. Tu as été sur tous les fronts, infatigable, volontaire, sérieux et exigeant avec toi autant qu’avec les autres. Chef de quart hors pair, barreur d’exception, on peut toujours compter sur toi. Tu as géré notre vie de main de maître. On n’a jamais manqué de rien !

Les consignes de nettoyage données, mais ce n’est que lorsque toi ou Thierry qui vous en chargiez que l’on pouvait dire que le bateau était réellement propre, des cales au plafond, de long en large. Compétiteur dans l’âme à fort caractère, tu ne lâches jamais rien et tu te bats toujours pour faire mieux. Pour ma part, je n’aurais pas vécu ce tour du monde de la même façon sans toi à bord.


Seb (Audigane) : "Un vrai loup de mer"
Tout comme Yann (Riou) et Loïc, je ne te connaissais pas très bien avant ce tour du monde. J’ai appris à te connaître au fil des semaines. Nos échanges sur les océans, la faune et la flore marine m'ont souvent aidée pour mes textes de Spindrift for School – Out of the Classroom. Tranquille, posé, sans jamais un mot plus fort qu’un autre, tu as pris ton poste de chef de quart avec sérieux.

Jamais je ne t’ai entendu te plaindre, ni du froid, ni du chaud, ni de la nourriture ou de quoi que ce soit d’autre. Je suis restée maintes fois comme une petite fille à t’écouter raconter des histoires de marin. Tu auras passé l’année 2015 plus de temps en mer que sur terre, avec à la clef deux tours du monde, dont l’un qui aura duré plus de 100 jours. Tu es tout ce que je m’imaginais du marin du grand large, d’un vrai « loup de mer ».


Loïc (Le Mignon) : "Le coup de cœur"
Pour moi, tu as été le coup de cœur de ce voyage. Je ne te connaissais pas et j’ai découvert un homme ouvert aux autres, gentil, avenant, généreux, sympathique, cultivé, tout en étant un chef de quart et un marin hors pair. On a parlé aussi bien de nourriture, s’échangeant des recettes, ou alors trouvant des astuces pour améliorer nos plats lyophilisés.

Grand amoureux de la nature, des animaux, des oiseaux et de la faune marine que tu connais à merveille, tout comme Seb (Audigane), tu m’as appris beaucoup de choses sur les océans. Ton surnom, que je ne dévoilerai pas ici, c’est Jacques, ton ami le farceur (oops, j’en ai dit un peu trop), qui me l'a suggéré. Mais tu n’as rien de ce personnage hormis la boucle d’oreille. Ce fût un réel bonheur que de partager ce tour du monde avec toi.


Erwan (Israel), navigateur : "Très rarement transparaître tes doutes"
Je te connais à présent depuis quelques années et je dois t’avouer que sur ce tour du monde, tu m’as impressionnée. Tu as su garder tout au long de ces 47 jours ton calme, positiver à chaque nouveau fichier météo, et ne laissant que très rarement transparaître tes doutes et tes angoisses.

Le poste de navigateur n’est pas facile. Tu étais entre l’enclume et le marteau, faisant le relais et parfois l’émissaire entre Yann et Jean-Yves. De plus, tu n’as pas démérité comme équipier, prenant part à chaque manœuvre d’avant, celles les plus exposées. C’est peut-être pour cela, que tu as toujours été le premier à la douche, lorsque les conditions d’averses le permettaient, mais aussi le premier à se servir, lorsqu’il était l’heure de manger.


Yann (Guichard), compagnon de Dona Berteralli : "Une main de fer dans un gant de velours"
Notre skipper, celui sur qui toute la responsabilité de ce tour du monde a reposé. Tu as su nous mener en toute sécurité, du début à la fin de ce Trophée Jules Verne, avec une main de fer dans un gant de velours. Toujours à l’écoute du bateau, des hommes, des éléments autour de nous, tu n’as pris que peu de temps pour toi.

Travailleur acharné, exigeant, avant tout envers toi, je sais que ce n’est pas la course que tu aurais aimé faire. Que tu aurais préférer combattre les éléments, le vent, la mer, au lieu de les subir. Mais tu n’as rien à te reprocher. Nous avons fait la course qui nous a été donnée de faire, je dirais même en mieux.

Tu as su prendre les opportunités lorsqu’elles étaient là, savoir sortir notre épingle du jeu en regagnant l’avance perdue à maintes reprises et combattant les mésaventures. Sans ton bon sens marin et ton leadership, nous n’en serions pas là. Cette aventure sans toi, je ne l’aurais jamais tentée. Tu m’as amenée au bout du monde, en me donnant la force et les moyens de croire en moi. Mais par-dessus tout, tu m’as fait confiance. Je t’en serai éternellement reconnaissante.


Par Dona Bertarelli, seule femme embarquée sur Spindrift 2


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http://www.scanvoile.com/2016/01/images-cest-fini-pour-le-trophee-jules.html#.VpEuVfnhDIU


Par la rédaction
Sources : Spindrift - ScanVoile

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