mardi 15 mars 2016

ITW / PRB version Vendée Globe, Vincent Riou : "Nous n’avons pas trouvé de raison de nous équiper de foils "

Après 10 semaines de chantier, PRB a été remis à l'eau ce matin à Port-la-Foret, révélant ses nouvelles couleurs. Si le orange reste un incontournable du bateau de Vincent Riou, le 60’ arbore aussi un mât noir et gris argent, couleurs associées à Mercedes-Benz, co-sponsor du bateau. Mais l'information du jour est ailleurs. Vainqueur de la dernière Transat Jacques Vabre, le skipper, qui s’alignera sur son quatrième Vendée Globe en novembre prochain, a tranché : pas de foils pour PRB. Il s'explique.



Vincent Riou met à l'eau PRB à Port La Foret, objectif : Vendée Globe
Credit : B.Stichelbaut/PRB


Pendant plusieurs mois, Vincent Riou a travaillé avec son design team et l’architecte Juan Kouyoumdjian pour prendre la meilleure décision possible en vue d’atteindre son objectif : remporter son deuxième Vendée Globe. Retour sur une décision importante et définitive.


Avec qui avez-vous travaillé pour ces études ?
Vincent Riou : « Nous avons travaillé avec mon bureau d’études en interne (Nicolas Andrieu et Guillaume le Brec) et l’architecte Juan Kouyoumdjian. Je ne pouvais pas aller voir l’architecte de mon bateau (NDLR : VPLP) car il travaillait déjà avec mes concurrents et en plus, il avait signé une exclusivité concernant le développement des foils. Il fallait donc trouver quelqu’un qui proposait un outil d’évaluation fiable. 

Juan K a une autre ouverture sur les monocoques et une grande expérience. Au travers de son travail sur la Coupe de l'America et sur la Volvo Ocean Race, il est l’un des seuls à avoir eu les moyens de développer ses outils d’évaluation. Il pouvait nous apporter la finesse nécessaire. »


Comment avez-vous travaillé ?
« Au début de nos investigations, on ne savait pas ce que faisaient les concurrents. Nous sommes partis des polaires de vitesse de PRB. Nous avons ensuite fait toute l’étude sur les foils. Nous avons fouillé dans tous les sens. 

Rapidement, avec Juan, nous avons eu l’intime conviction que cela allait être compliqué de mettre des foils sur PRB, que le gain en performance n’était pas une évidence. Mais on a voulu aller jusqu’au bout des études. Après avoir balayé tous les types de foils possibles, toutes les conditions, on ne voyait pas de solutions avec les foils pour PRB. 

Nous avons donc décidé de stopper les études et d’attendre de voir les nouveaux bateaux en navigation. Avec le temps, nous avons vu qu’ils progressaient mais à aucun moment, on a trouvé qu’ils allaient mieux que ce que l’on imaginait en termes de vitesse. 

Avant le départ de la Transat Jacques Vabre, on a vu que les conditions du début étaient plutôt favorables aux foilers. Finalement, nous avons réussi à gagner malgré ces conditions (devant le foiler Banque Populaire VIII). Nous restions donc dans les clous de ce que l’on avait prévu. 

Suite à cette course, en interne, nous avons traité les traces et les fichiers d’analyses de nos concurrents, nous avons vu que notre polaire était bonne au final. Le dernier stade, c’était d’appliquer ces données à un tour du monde.  »


Quelles ont été les conclusions de ces analyses à l’échelle d’un Vendée Globe ?
« Dans un grand nombre de cas, nous étions gagnants. Nous avons essayé de savoir de combien devaient progresser les foilers pour réussir à gagner au moins une fois sur deux. Là, on est arrivé à des % élevés proches des gains en performance entre deux générations de bateaux. Sur les éditions précédentes du Vendée Globe, la jauge était plus libre donc tu faisais à chaque fois des bateaux plus puissants et plus légers. 

Cette fois, les foilers sont plus puissants et plus légers dans certaines conditions. C’est là qu’ils vont plus vite que nous. Par contre, il y a tellement d’autres conditions qui leur sont défavorables. Dans les mers du Sud, les foilers seront a priori avantagés mais ça dépend des passages de front. Ce sera une histoire de timing. »


A la suite de ces résultats, vous avez décidé de ne pas mettre de foil sur PRB ?
« Oui. Très clairement, aujourd’hui, nous n’avons pas trouvé de raison d’équiper PRB de foils car nous n’avons pas plus de chances de gagner avec des foils que de gagner sans foil. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas un foiler qui gagnera. 

Aujourd’hui, ce que je peux dire, après les analyses que nous avons menées, c’est qu’il faudrait que les foilers progressent énormément pour avoir plus de chances de gagner le Vendée Globe que PRB. Je ne vois pas comment ils peuvent y arriver en si peu de temps et je ne vois surtout pas comment j’aurais pu installer des foils et combler la différence avec les foilers en un temps si court. »


Vous pensez donc pouvoir gagner le Vendée Globe avec PRB dans sa configuration actuelle ?
« Exactement, je sais que je peux gagner le Vendée Globe avec mon bateau. Ce qui nous donne, de notre point de vue, le plus de chances de remporter ce Tour du Monde, c’est de rester comme nous sommes. »




Credit : E.Allaire


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http://www.scanvoile.com/2016/03/imoca-pas-de-foils-sur-prb-vincent-riou_21.html#.VvEfGuLhDIU


Par la rédaction
Source : Effets Mer

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