Record / Cap Leeuwin dans le sillage de Sodeb'O

le vent est rentré. Le trimaran de 32 mètres a décollé de nouveau. Cette transition entre deux dépressions dans laquelle Sodeb'O a ralenti pendant plusieurs heures est terminée. Thomas fille maintenant plein Est, à plus de 25 noeuds.


Le moins connu des trois
Le Maxi Trimaran a franchi cette nuit, à minuit, la longitude du Cap Leeuwin, après 25 jours et 9 heures de mer et avec un retard de 2 jours et 18 heures sur le temps de Francis Joyon. Ce Cap Leeuwin n’a pas la même renommée que celui de Bonne Espérance ou bien évidemment du mythique Cap Horn. Et pourtant, il est le second des trois grands caps à laisser à bâbord lors d’un tour du monde à la voile. Thomas est même parti il y a des années le voir au Sud-Ouest de l’Australie. Il voulait rencontrer ce cap que les habitués du Grand Sud ne voient jamais puisqu’ils passent à plusieurs centaines de kilomètres. Le skipper de Sodeb’O l’avait alors trouvé décevant, « un petit phare sur une petite pointe, » rien de bien majestueux et pourtant que d’efforts à fournir pour arriver jusqu’à lui ! Quelle lutte pour traverser cette « vacherie » d’Océan Indien !

Le skipper de Sodeb'O ne dira pas le contraire cette fois-ci encore. Lui qui a laissé ces dernières heures beaucoup d’énergie dans une zone sans vent située entre deux dépressions. Une transition tueuse de moral et coûteuse en performance mais qui s'est finalement effacée, au proffit d'une retour salutaire de la vitesse.


Avec le vent, le bateau renaît
« Cet arrêt dans ce col entre deux dépressions me parait une éternité, » écrit Thomas Coville cette nuit avec beaucoup d’émotion. « La pluie glaciale tombe depuis des heures, ni mes cris, ni mes larmes n’y changent rien. Soudain, elle s’arrête. Le bateau s'immobilise. Les compteurs restés rouges s'affolent, le vent rentre du Sud. C'est lui que l'on attend ! Ce vent qui vient directement de la banquise et qui pince de froid les doigts mouillés, » raconte-t-il. « Je cours vers l'avant, passe de nouveau cette voile immense du bon coté des étais, retourne derrière à la manœuvre et borde comme si tout en dépendait. Soudain, le bateau revit. Tu le sens se dresser et renaître. Tu reconnais ce comportement, le vent apparent créé par la vitesse te gifle la joue. C'est reparti ! Il faut y croire de nouveau. Le vent est bien rentré et je me suis offert un vol de plusieurs minutes, coque centrale complètement sortie appuyée en bout de dérive. Haut, très haut comme si j'avais été en baie de Quiberon mais je suis par 49 ° Sud et 96 E. Un seul instant magique pour effacer l’ardoise et réécrire mon sillage. »
Source : Sodeb'O