Record / Les premiers glaçons à 300 milles de Sodebo

Devant les étraves de Sodebo une zone de glaces longue de plus de 2000 kilomètres s'étend entre le 51e et le 62e parallèle dans le Pacifique Sud. La stratégie est affinée et la météo conciliante, Thomas va pouvoir contourner cet immense champs d'icebergs par le Nord.

Crédit : Y Zedda

Lorsqu’il a déclenché son empannage à l’heure du dîner en France hier soir, le skipper avait 1190 milles de retard sur le record de référence. Après une bonne nuit pour nous et une belle journée pour lui sur une trajectoire plein Est dans les Cinquantièmes, le skipper a repris 138 milles (255km) avec un delta de 1052 milles à l’heure actuelle.

Une centaine de milles, une bagatelle à l’échelle du globe évidemment mais l’objectif d'avoir autour de deux jours de retard à la sortie du Pacifique qu’il atteindra dans 6 jours environ tient toujours et comme il le disait hier "chaque mille compte". Cela mérite de descendre par 57/58 degrés Sud, même pour quelques heures, surtout pour trouver du bon vent.

A l’issue de son contre-bord au Sud-Est réalisé hier dans un vent maniable de 16 à 22 noeuds, le skipper a empanné pour repasser bâbord amure dans un vent d’Ouest-Nord-Ouest qui va adonner dans la journée et lui permettre de remonter naturellement au Nord-Est en bordure d’un anticyclone. Le trimaran accélère de nouveau avec une vitesse de 22 à 26 nœuds sur la journée. Il naviguera ensuite dans le fort flux de Sud-Ouest de la dépression qui s’évacue devant lui.

Bénéficiant d’un angle de vent favorable, Sodebo va remonter peut-être même jusque dans les Quarantièmes qu’il a quittés peu avant les Kerguelen. Mathématiquement, croiser plus au Nord se traduira par une perte de terrain sur Francis Joyon mais l’heure n’est pas à la roulette russe d'autant que les routages restent encourageants pour le virage au Cap Horn.

Les premiers « glaçons » pointent à 300 milles dans l’Est de Thomas ce mardi. Les informations données par CLS Argos permettent de cartographier précisément la zone à risques mais les satellites repèrent les icebergs d’une taille de 100 mètres minimum, en dessous, on ne sait pas.

En bon cartésien, en bon compétiteur et grâce à un bon enchaînement météo, le skipper a défini avec ses routeurs la trajectoire la moins dommageable en terme de performance mais garantissant un maximum de sécurité. Néanmoins, Thomas va naviguer pendant deux jours et demi dans le Nord de ces sentinelles de glace majestueuses certes, mais terriblement stressantes. Dans l’Indien déjà, le solitaire avait vu deux icebergs d’une vingtaine de mètres alors qu’il passait sous un champ de glaces dans l’Est des Kerguelen.

Source : J.H. / Sodebo