ITW / Carton plein pour Morgan Lagravière sur la Solitaire (vidéo)

Ce mercredi 24 août 2011, à 13h03, en franchissant en 7ème position la ligne d’arrivée de la quatrième et dernière étape de la 42ème édition de la Solitaire du Figaro, Morgan Lagravière a marqué de son empreinte l’histoire de l’épreuve. De nouveau premier bizuth, pour la troisième fois en quatre étapes, le skipper du Figaro Bénéteau 2 Vendée, fort de cette performance, s’adjuge une superbe 8ème place au classement général synonyme de victoire au classement bizuth. Un succès que le jeune pensionnaire du Pôle Vendée France de Saint Gilles Croix de Vie a su construire à force de ténacité et de régularité, lui qui a tout juste 24 ans a été en permanence, durant ces 4 semaines de compétition, aux avant-postes, rivalisant avec les meilleurs.



« Jusqu’au bout, tant que la ligne d’arrivée à Dieppe ne sera pas franchie, il ne faudra rien lâcher ! » : à Perros-Guirec, il y a maintenant presqu’un mois, Morgan Lagravière avait donné le ton dans ses déclarations déjà empreintes d’une belle lucidité. Si la volonté était réelle, encore fallait-il pouvoir traduire cela dans les faits... Le jeune skipper du Figaro Vendée l’a fait et bien fait ! Concentré, rigoureux, rapide, Morgan Lagravière a réalisé une Solitaire du Figaro en tous points maîtrisée. Au final, il remporte le classement bizuth et s’adjuge une magnifique 8ème place au classement général, tout comme, en son temps, un certain… Michel Desjoyeaux. Un succès mérité qui force l’admiration de tous, y compris de ses adversaires. Un succès que le jeune homme savourait à son arrivée aux pontons.

Un final mouvementé…
« C’est une journée exceptionnelle pour moi mais elle aurait pu tourner au drame à peu de chose près. A environ 10 milles de l’arrivée, sur le dernier empannage, j’ai pris le tangon en pleine tête. Là, voile noir. Je ne me sentais vraiment pas bien, je saignais du nez abondamment. J’ai donc tout de suite prévenu la direction de course afin qu’ils me suivent au cas où je fasse un malaise. Finalement, je me suis remis doucement et j’ai pu terminer normalement la course. Plus de peur que de mal finalement, mais ça aurait pu être bien pire. J’ai pris conscience à ce moment que tout tient à vraiment peu de choses… »

Une étape éprouvante…
« J’ai réalisé une très belle dernière étape mais je reviens de loin. J’avais pris un super départ mais, alors que j’étais 2ème derrière Fabien Delahaye, j’ai oublié une bouée. J’ai donc du faire demi-tour. Derrière il a fallu cravacher pour revenir. J’en ai vraiment bavé. La nuit dernière, j’étais tellement fatigué que je me suis écroulé de fatigue dans le cockpit. Je n’avais même pas eu le temps de configurer le bateau en mode sieste, pas non plus programmé de réveil… Je ne sais pas combien de temps j’ai dormi. Heureusement, quand je me suis réveillé, le bateau était en ordre de marche et n’avait pas trop dévié de la trajectoire. Mais que ça fait du bien d’en avoir terminé ! Maintenant que le bateau est amarré, je vais pouvoir me détendre et savourer ! »

Un résultat exceptionnel…
« 1er bizuth avec 3 victoires d’étapes, je suis un peu le « Beyou des jeunes ». Je suis vraiment fier de moi d’autant que parmi les débutants il y avait des clients ! Le combat a été rude et s’il a été beau, c’est que les adversaires étaient valeureux ! Je tiens notamment à souligner l’exceptionnel combativité de Xavier Macaire, mon dauphin, qui n’a rien lâché jusqu’au bout. En plus, avec 3 étapes dans les 10, je termine à une magnifique 8ème place, c’est une énorme satisfaction et la récompense de tout le travail qui a été fait depuis le début de la saison au sein du Pôle Vendée France. Ce résultat, je le dois aussi à Jules, mon préparateur, à Etienne, mon entraîneur, et à tous ceux qui me soutiennent et m’encouragent. »

La Solitaire du Figaro…
« Ca fait vraiment du bien quand ça se termine ! Je pense que quand on est nouveau sur cette course, on en bave encore plus que les autres et du coup on a du mal à en capter les bons moments. C’est dur, fatiguant, usant même, on ne dort pas, on mange mal… Mais malgré tout, au fil des étapes, j'ai commencé à m’habituer, à réussir à savourer des petits moments de plaisir dans un lever de soleil, un joli bord le long des côtes ou la compagnie de dauphins… En fait, c’est surtout quand c’est terminé, avec le recul, qu’on se rend compte de ce qu’on a fait et qu’on apprécie… »

La suite…
« Là honnêtement, je n’ai plus une once d’énergie. On avait tout calculé pour que je sois à bloc sur 4 étapes mais pas une de plus : le bonhomme est à bout ! Maintenant, je vais me reposer, récupérer avant d’enchainer sur la suite de la saison. Je serai présent sur le Tour de Bretagne avec Gildas Mahé qui a participé à ma préparation au sein du Pôle Vendée France , que j’apprécie et avec lequel je sais que je vais encore apprendre et progresser. En tout cas pour l’instant, je vais savourer et fêter ce succès comme il se doit… »

Source : La septième vague / Pole Vendée France