Record / Loïck Peyron: "La météo s'en mêle de belle manière"

L'express Banque Populaire continue sa descente dans les eaux atlantiques et pointe actuellement au large du Cap Blanc en Mauritanie. Après quelques heures d'un décroché dans l'Ouest hier, Loïck Peyron et ses hommes observent de nouveau une trajectoire propre à leur faire gagner du temps dans le Sud. Bénéficiant de conditions de navigation favorisées par un flux de Sud Est inhabituel dans cette zone, les marins de la Banque de la Voile engrangent les milles mais ne s'économisent aucun effort pour éviter toute sortie de piste. A bord les manœuvres s'enchaînent et les organismes peinent parfois à se recharger.



"Si nous avions inscrit cette croisière au programme d'une agence de voyage, les clients seraient mécontents ! ". La plaisanterie de Loïck Peyron à l'occasion de la vacation du jour sonnait dans le vrai tant le Maxi Banque Populaire V ne laisse à personne ne soin d'admirer le paysage. Ainsi, trois jours après avoir quitté Brest, après Les Canaries hier matin, l'archipel du Cap Vert pointe-t-il son ombre devant les étraves du grand trimaran. Mais qu'on ne s'y trompe pas, pour faire fumer l'écume comme il le fait depuis son entrée en jeu dans le Trophée Jules Verne, l'équipage ne s'épargne rien. Prenant le parti d'un décalage dans l'Ouest pour aller chercher une rotation du vent à l'Est et un meilleur angle pour la descente, le Team Banque Populaire est en train d'en récolter les fruits et d'une certaine façon d'en payer le prix :
" Nous avons fait beaucoup de manœuvres depuis ce matin parce qu'on a eu plus de vent que prévu. Mais ça glisse et la direction du vent nous permet de tenir une jolie vitesse et d'avoir un beau décalage qui nous sera profitable pour la suite. Nous avons un vent de Sud Est en provenance du Sénégal, ce qui est assez rare, voire même inespéré car ça nous permet d'aller vite. Mais la contre partie est qu'il a fallu réduire la toile. Ce n'est parfois pas simple de ralentir cette belle machine qu'est Banque Populaire. La météo s'en mêle de belle manière et ça ne se passe pas mal du tout. Ca reste bluffant de voire défiler autant de pays, aussi vite, sur la carte ".

Au grand large du Cap Vert
Avec l'heureuse surprise de voir la météo se révéler plus optimiste dans les faits que sur les fichiers, Loïck Peyron et ses chasseurs de records tirent donc le meilleur parti possible pour accentuer leur glissade vers le Sud et le premier point de passage à l'échelle du globe, l'Equateur, qu'ils devraient franchir dans la nuit du 27 au 28 novembre : " Nous poursuivons notre descente et allons passer au grand large, loin dans l'Ouest du Cap Vert pour éviter les dévents. Ce sera aux environs de 23 heures/minuit la nuit prochaine et puis nous poursuivrons notre glissade vers l'Equateur. Nous devrions théoriquement y être en cinq jours et demi, ce qui serait parfait. Les prévisions pour le Sud ne sont pas mal non plus. Avec le potentiel de ce bateau, on acceptera de toutes façons toujours d'être en retard, jusqu'au dernier moment ". Bien conscient que si un record se gagne sur la durée, il peut aussi se perdre sur une rencontre fatale ou un quart de seconde d'inattention poussant à la faute. Pour toutes ces raisons, les hommes du Maxi Banque Populaire V prennent soin d'en garder sous les flotteurs.

Bientôt le sommeil réparateur
Autre critère de performance au moins aussi crucial que l'aspect matériel et stratégique de la tentative, la bonne forme et la capacité à récupérer des marins est pour l'heure légèrement mise à mal. Ainsi, si l'organisation des quarts a pris ses quartiers depuis le passage de la ligne à Ouessant, le sommeil souffre quant à lui des conditions de navigation et de l'intense activité liée aux manœuvres incessantes de ces dernières heures. Mais tous le savent, il faudra se faire aux bruits constants et parfois stressants, aux mouvements de la machine, au chaud et bientôt au froid : " Nous sommes bien organisés, même si les séances de sommeil ne sont pas faciles à caler pour chaque quart, notamment parce que ça bouge beaucoup, qu'il fait parfois chaud et que les manœuvres s'enchaînent. Beaucoup font des petites siestes flash pour récupérer. Mais nous allons très vite reprendre des phases de sommeil réparateur ".

Avance à 16h00
212.3 milles d'avance par rapport au temps de référence

Source : Banque Populaire