Vendée Globe / François Gabart :"Ca commence à sentir l’écurie !" (ITW)

MACIF pointe ce vendredi après-midi à 720 milles du but. Il fait désormais route vers les Sables d’Olonne, où il est attendu dimanche matin. D’ci là, une dorsale anticyclonique et un Golfe de Gascogne tonique attendent François Gabart, toujours leader avec une centaine de milles d’avance sur Armel Le Cléac’h. Dans ces conditions, pas question pour le skipper charentais de se laisser distraire, l’heure est à la plus grande vigilance…


Attendu dimanche matin, François Gabart :"je fais en sorte de ne prendre aucun risque"
Credit : G.Gabart/Macif

Quel est ton état d’esprit à 48 heures de l’arrivée ?
« C’est toujours le même : concentré à fond ! La ligne approche, cela commence à sentir l’écurie comme on dit, mais tant qu’elle n’est pas franchie, il peut se passer beaucoup de choses. Ce n’est pas le moment de tergiverser : je pense au bateau, à ce qu’il y a devant l’étrave de MACIF, aux cargos, pêcheurs et autres baleines qui vont parfois jusqu’à la plage des Sables-d’Olonne (une baleine de 18 mètres s’y est échouée vendredi, ndlr). »

Prudence avant tout, donc ?
« Oui, je fais en sorte de ne prendre aucun risque tant au niveau du pilotage du bateau que de la stratégie. L’objectif est de rester dans une position qui, quels que soient les aléas de la météo, me permette de toujours garder un léger avantage par rapport à Banque Populaire. »

Te sens-tu encore sous pression par rapport à Armel ?
« Pas forcément par rapport à lui, mais je suis sous pression parce qu’il reste 800 milles qui ne s’annoncent pas très simples. Si Armel était à 800 milles derrière, j’aurais évidemment moins de pression. J’ai une centaine de milles d’avance, c’est à la fois beaucoup parce que cela représente plus de 10% du chemin qu’il reste à parcourir, et pas suffisant s’il arrive quelque chose et que je dois prendre la journée pour réparer. 100 milles à notre vitesse actuelle, cela signifie 7-8 heures, ce n’est pas énorme. »

Mesures-tu l’exploit que tu es en train de réaliser ?
« Non, et je ne le fais pas volontairement, parce que si je commence à réfléchir à tout cela, les 48 prochaines heures risquent d’être compliquées à gérer. Pour le moment, j’essaie de faire le plus simple possible. Je me dis que je dispute une course à la voile, peu importe qu’elle s’appelle Vendée Globe ou régate avec les copains de Port-la-Forêt. Si je réfléchis à autre chose, c’est le meilleur moyen de me mettre une pression dont je n’ai pas besoin. »

Quelles sont tes conditions actuelles et comment vont se passer les 48 dernières heures ?
« Je navigue au portant dans un vent en train de mollir. Une dorsale de l’anticyclone des Açores s’apprête à nous passer dessus, entre deux dépressions, nous aurons un empannage à caler, a priori en fin de journée pour Armel, en milieu de nuit pour moi. Derrière ce « jibe », le vent va refuser et rentrer assez fort, nous nous retrouverons au reaching avec du vent jusqu’à 35 nœuds dans le Golfe de Gascogne. 

Plus on ira vite, plus on arrivera dans du vent maniable. Si on prend du retard, il y aura du vent fort sur l’arrivée mais aussi une grosse mer qui s’annonce même exceptionnellement forte lundi. Il faudra rentrer les bateaux au port dimanche parce que lundi, ce ne sera pas bon de traîner dans le Golfe de Gascogne… »

Dernière ETA : Dimanche matin entre 5 h et 10 h sur la ligne
C’est sans doute dimanche matin que le bateau MACIF coupera la ligne d’arrivée du Vendée Globe. Interrogé vendredi sur son ETA (estimation d’heure d’arrivée), François a confié : « Ce matin, j’ai envoyé un mail à la direction de course en annonçant une arrivée entre 4h et 9h TU (5 et 10h, heure française), tout dépendra de la dorsale. Dès que nous aurons passé la longitude du Cap Finisterre, nous irons ensuite super vite. Pendant les dernières heures, au reaching à 120 degrés du vent dans 30-35 nœuds avec la houle à peu près dans l’axe derrière, nous aurons vraiment des conditions de record. »

Rappel des points de passage
Départ des Sables d’Olonne : 10 novembre 2012 à 13h02
Equateur (sens aller) : en 3ème position le 21 novembre après 11 j 0h 20min
Bonne Espérance : en 3ème position le 3 décembre après 23j 03h 43mn
Leeuwin : en tête le 14 décembre après 34j 10h 23min
Cap Horn : en tête le 1er janvier 2013 après 52j 6h 18min
Equateur (sens retour) : en tête le 15 janvier 13 après 66j 1h 39min

Classement à 16 h
1 MACIF François Gabart  à 721.6 nm de l'arrivée
2 Banque Populaire Armel Le Cléac´h à 123.4 nm du leader
3 Virbac Paprec 3 Jean-Pierre Dick à 818.8 nm
4 HUGO BOSS Alex Thomson à 834.3 nm
5 SynerCiel Jean Le Cam à 2331.9 nm

Source : Macif