La 11ème édition de la Mini Atlantique a tenu toutes ses promesses. Avec 64 bateaux au départ des Sables d'Olonne, cette première étape de 1 300 milles à destination de Horta (Açores) aura offert un condensé de course au large : de la haute vitesse, des coups du sort spectaculaires et un suspense insoutenable jusqu'aux derniers mètres.
Un dégolfage musclé et marqué par les faits de course
La traversée du Golfe de Gascogne s'est révélée particulièrement exigeante et a rapidement fait des dégâts. Au total, la direction de course a enregistré 8 abandons, dont un démâtage pour Rémy Balze (1127 - Hep Diskrog) qui a su gagner un abri sous gréement de fortune.Fait marquant dans cette série noire : Guillaume Wehrlen (920 - POGO LAP1), qui souhaitait faire escale pour réparer ses pannes matérielles avant de repartir en course, a été pris à partie par trois orques à moins de 10 milles des côtes. Les cétacés s’en sont pris à ses safrans avant de s’attaquer à la coque.
Prototypes : Julien Letissier impérial, la révélation Koki Sawada
En Proto, suite à l'abandon de Caroline Boule, Julien Letissier (1069 - Branchet) a dominé les débats d'une main de maître pour remporter cette première étape. « Je suis super content, et surtout, je n’en reviens pas d’arriver premier. Je savais que j’avais un tout petit matelas d’avance » explique t’il à l’arrivée.Derrière lui, le Japonais Koki Sawada (1048 - DMG MORI Global One) s'impose comme la véritable révélation de cette étape. Malgré une blessure au doigt survenue en mer, il décroche une magnifique 2ème place. Alors qu’il pose le pied à terre, il se réjouit de cette performance. « Les anciens skippers japonais de DMG MORI n’avaient jamais terminé cette course, donc être le premier marin japonais de l’Academy à franchir la ligne d’arrivée ici, c’est incroyable. Je suis aux anges et tellement fier. »
Le podium Proto est complété par Thomas Jouans (791 - Minimoana). À seulement 22 ans, le jeune skipper était le premier surpris par une telle performance à son arrivée : "Je m’attendais juste à aller jouer avec les copains, pas à faire un podium !"
Série : Le coup de maître de Ronan Jézégou après un scénario cauchemardesque pour les leaders
Du côté des bateaux de Série, la bataille a été extrêmement serrée, avec une tête de flotte restée très compacte pendant les sept jours de course. C'est lors de l'atterrissage sur l'archipel des Açores que le scénario a basculé.Jusqu'alors bien placés, Meven Flao (1025 - Casper Marin Breton), Malo Bellec (980 - MOJO) et Noé Ackermann (981 - Naviguer Large) pensaient avoir fait le plus dur en choisissant de passer par le sud de l'archipel — une option qui avait offert la victoire à Julien Letissier quelques heures plus tôt. Mais le piège s'est refermé sur le trio. Englués dans la pétole, ils ont finalement dû se résoudre à rebrousser chemin pour s'engager entre les îles de Pico et de São Jorge, un canal réputé très délicat que les marins cherchent d'ordinaire à éviter.
Pendant ce temps, Ronan Jézégou (1119 - Irish Express) réalisait un sans-faute parfait. Dans les dernières 72 heures, il a déposé ses concurrents en tentant une approche par le nord qui s'est avérée particulièrement payante. Coupé du monde, sans radio météo ni communications avec la terre, ce médecin de 40 ans a navigué totalement à l'aveugle tout au long de cette traversée. Ce n'est qu'à quelques mètres de la ligne d'arrivée qu'il a découvert qu'il l'emportait en catégorie Série !
Joseph Cloarec (994 - Mini Fifty Fifty) s'empare quant à lui de la deuxième place après une belle remontée finale : « Je ne me voyais vraiment pas arriver deuxième. J’étais un peu largué au classement, mais sur la fin, j’ai eu la bonne inspiration. Je me suis bien placé et le bateau a bien glissé dans la molle au niveau de l’archipel. Je suis super content du résultat ! »
Thomas Darmont (1122 - Demosthene) vient compléter ce podium Série à la troisième place.
Enfin, la Néerlandaise Nienke Mullink (968) signe un magnifique parcours en terminant 4ème du classement Série et première féminine de la catégorie. Un coup de maître éclatant pour sa première grande course au large : "C’est la première fois que je passe autant de temps en course et que je dois me débrouiller seule. Ça fait un bien fou. Je suis vraiment trop contente !"
Alors que la dernière concurrente – Carla Henon Steck – est encore en mer, les skippers préparent déjà leur retour vers Les Sables d’Olonne. Le départ de la deuxième étape sera donné mercredi dans des conditions qui s’annoncent orageuses.
Source : M Honoré
