mardi 18 septembre 2018

Le Figaro 2 tire sa révérence, le Figaro 3 fait son entrée, retour sur le monotype de la classe

Avec la fin de La Solitaire 2018, le Figaro 2 tire sa révérence sur le circuit. A l’occasion de ce passage de relais entre le Figaro 2 et le Figaro 3, revenons sur 30 ans de monotypie dans la Solitaire. Une histoire unique en son genre, revisitée par Michel Desjoyeaux.



Crédit : A Courcoux



C’est à la fin des années 80 que l’idée de monotypie émerge. A l’époque, la Solitaire se court sur des Half tonners, qui sont devenus de petits bijoux de technologie fort onéreux. Très peu de nouveaux prototypes chaque année, un ticket d’entrée chaque fois plus élevé et l’idée nocive que le vainqueur à bord du proto dernier cri n’était peut-être pas le meilleur sur l’eau. Avec l’appui de Michel Malinovsky, ancien participant et alors directeur de course de la Solitaire, Jean Michel Barrault du Figaro se rapproche du chantier Bénéteau. François Chalain, « monsieur First » à l’époque, mandate Jean-Marie Finot pour dessiner un bateau libre de toute jauge qu’il cosigne avec Jean Berret, notamment pour le plan de pont et les appendices.


Le Figaro Solo entre en scène en 1990 

En 1990, c’est Laurent Cordelle qui remporte la Solitaire, suivi l’année suivante par Yves Parlier et en 1992 par un certain Michel Desjoyeaux. « J’avais le n°7 de la série, baptisé Skipper Elf, formule de sélection que j’avais gagné l’année précédente. J’ai eu le half tonner qui était une véritable Mac Laren pendant deux mois et Elf a décidé d’ acheter le monotype. Trois ans après, j’ai empoché la mise. Le Figaro Solo était bien né, on pouvait faire du large avec et j’aimais bien son premier gréement à bastaque »

Bien née, la carène Finot fait des émules. Bénéteau l’utilise sur pas moins de trois modèles, dont le First 31.7 construit à plus de 1400 exemplaires. Quant au Figaro Solo, 100 unités sont réalisées entre 90 et 2003. Déjà, les skippers qui se nomment Cordelle, Peyron, Desjoyeaux, Parlier ou Cammas découvrent que le Figaro est non seulement un bon bateau mais aussi un placement fiable. Relativement économique à l’achat, il s’amortit sur cinq ans. La rusticité de sa construction permet de le louer facilement mais au tournant des années 2000, le plan a pris un petit coup de vieux. Finot reste une valeur sûre mais le cabinet Lombard a montré en IMOCA qu’il fallait compter sur lui, notamment avec Jean Le Cam à la barre.


En 2003, le Figaro deuxième du nom change d’architecte

Gildas Morvan joue le rôle de metteur au point de ce monotype certes sage mais élégant et qui franchit un cap sur le plan technique : coque sandwich sous infusion, mât carbone, double safran, remplissage des ballasts électrique… Profitant des enseignements acquis sur les 60 pieds, le Figaro 2 se montre surtout beaucoup plus marin au portant que le Figaro Solo. Les skippers peuvent aller dormir sous pilote et le bateau n’enfourne plus, enfin quasiment plus si l’on reste dans les limites du raisonnable. Michel Desjoyeaux se souvient : « Le Figaro 2 a capitalisé sur les acquis de la monotypie. Les règles de classe se sont améliorées. Tout le système s’est engouffré dans un truc de plus en plus cadré et professionnel. 28 ans plus tard, ça tient toujours et on arrive à se renouveler »


VPLP, architecte du Figaro 3

A raison de 250 jours de navigation par an, le loch d’un Figaro 2 engloutit 12 à 14000 milles chaque saison. Après treize années de bons et loyaux services, certains Figaro 2 ont l’équivalent de sept tours du monde dans la quille ! Et comme l’évolution technologique n’attend pas, la classe souvent sollicitée sur le sujet décide en 2015 qu’il est temps de lancer le chantier du Figaro 3.

Comme pour le 2, un concours d’architectes est lancé. C’est finalement le projet VPLP qui l’emporte, d’une courte tête devant celui de Mer Forte, la structure animée par Michel Desjoyeaux. « On a sans doute manqué d’ambition en présentant un bateau au prix du concours mais plus commun que celui retenu. Pour faire simple et en copiant la maxime de Jacques Séguéla, si à 40 ans aujourd’hui, tu n’as pas des foils sur ton bateau de course au large, tu as raté ta carrière ! Ce qui est certain c’est que le Figaro 3 sera un bateau plus complexe que le 2. S’il y a bien une édition où des anciens comme moi peuvent revenir, c’est la prochaine, un peu comme je l’avais fait en 2003 pour le Figaro 2 »


Foil addict

Ambitieux avec ses foils, le Figaro 3 propulse indiscutablement la Solitaire dans le futur, un atout indéniable au moment du choix. Pour contenir la masse et ne pas voir s’envoler le prix (en hausse significative : 225 000 euros HT prêt à courir), la taille revient à 9,75 m et la quille plonge à 2,50 m sous l’eau. Exit les ballasts, ce sont les deux foils qui accroissent la puissance.

Avec leur forme inversée par rapport à ceux des IMOCA, ces appendices rentrent dans des puits très au dessus de la flottaison et n’excèdent pas trop la largeur de la coque une fois rentrés. Lesté comme le Figaro 2, mais plus léger et toilé avec une garde robe plus étoffée, le Figaro 3 affiche une puissance équivalente dès 7 nœuds. Mais comme la poussée de l’appendice augmente avec le carré de la vitesse, on peut espérer de très belles images et des moyennes plus élevées à toutes les allures autres que le près.


Loick Peyron, Michel Desjoyeaux, ...

43 commandes ont déjà été enregistrées et de nombreux anciens vainqueurs ont annoncé leur retour dès l’année prochaine sur la Solitaire : Loïck Peyron, suivi tout récemment de Michel Desjoyeaux qui cherche encore un partenaire, et pourquoi pas aussi Yann Eliès ou Jeremie Beyou.


Rendez-vous en 2019 !

Le tirage au sort de l’ordre de livraison aura lieu au Nautic de Paris . Elles s’enchaîneront alors à partir du 7 janvier. 34 unités du Figaro 3 ont d’ors et déjé été produites à ce jour. Première épreuve du circuit 2019 : La Sardinha Cup, nouvelle course entre Saint Gilles Croix de Vie et Lisbonne disputée en double. Départ le 29 mars prochain.


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Source : Rivacom