jeudi 8 novembre 2018

Thomson, Meilhat, Riou et Elies bien placés sur la Route du Rhum : "une course de vitesse va s’engager" - IMOCA

Ils sont 12 IMOCA à poursuivre leur route vers Pointe-à-Pitre puisque Yannick Bestaven est reparti ce jour de Cascais. Un quatuor de tête se dégage, composé d’Alex Thomson, Paul Meilhat, Vincent Riou et Yann Eliès, tandis que Boris Herrmann tente une option plus extrême. Jean Le Cam fait le point sur cette quatrième journée de Route du Rhum. 


Crédit : V Curutchet



« Pour Alex Thomson, Paul Meilhat, Vincent Riou et Yann Eliès, l’enjeu des prochaines heures est de négocier une dorsale anticyclonique avant de toucher les alizés. Ils devraient réussir à passer au Sud de cette dorsale sans trop de souci. Ce sera plus compliqué pour les poursuivants car la porte va se refermer…


« Peu d’écart à la sortie de la dorsale »

Alex Thomson tire encore profit de son option Ouest et caracole en tête. Il a toujours été extrême et il le confirme sur cette Route du Rhum en étant le seul à passer au Nord du DST d’Ouessant, quitte à faire face à des conditions de vent et de mer encore plus désagréables et exigeantes. Il a affiché des vitesses incroyables et réussi à faire du Sud au bon moment. Il s’est bien repositionné car maintenant il faut absolument passer sous l’anticyclone. C’est logique que l’écart latéral se réduise avec ses concurrents. 

Alex, Paul, Vincent et Yann vont avoir de la pression et profiter aujourd’hui de vents portants. Ca va adonner tranquillement et ceux qui sont le plus au Sud pourraient avoir un petit avantage. Mais je pense qu’au final il y aura peu d’écart à la sortie de la dorsale. Selon moi, trois de ces quatre marins composeront le tiercé à l’arrivée.


« Quatre skippers au top, un super match »

Une fois la dorsale passée, une course de vitesse va s’engager entre ces skippers au top. Yann Eliès est très constant, il est toujours rapide, il connaît bien son bateau. Idem pour Vincent Riou, même s’il a un peu moins de vécu sur son PRB en version foiler. Il a en tout cas une capacité à aller vite... 

Et Alex Thomson, n’en parlons pas ! Paul Meilhat se débrouille bien avec son bateau à dérives droites. Dans les alizés ce sera logiquement plus dur et il devrait perdre du terrain face aux IMOCA à foils. Mais vu ce qu’il a accompli jusqu’à présent, on n’est peut-être pas au bout de nos surprises. Cela dépendra aussi de l’état dans lequel sont les autres bateaux, s’ils sont en pleine possession de leurs moyens ou pas. Peut-être que certains ont des problèmes et ne le disent pas… En tout cas il va y avoir un super match !

En gagnant dans le Sud, les marins ont la vie plus belle. C’est une libération de naviguer dans des conditions plus maniables, avec des vents portants. On respire, on sèche, on se repose, on fait le tour du bateau, on répare ce qu’il y a à réparer. Sur ces machines, il y a toujours des petits soucis à régler. Après, il ne faut pas imaginer que les alizés sont des vents toujours constants, notamment en raison des grains. C’est plus cool mais ce n’est pas non plus un long fleuve tranquille.


« Fier de mon poulain Damien Seguin »

Pour le moment, Boris Herrmann est toujours 2e du classement car il est plus proche de la route directe, mais a priori ça ne devrait pas durer dans les prochaines 24 heures. A mon sens, repartir dans l’Ouest était une bonne option en début de course mais l’est moins maintenant. Boris est encore très Nord. Il va prendre du vent fort jusqu’au moment où il va buter dans la dorsale.

Dans les prochaines 24 heures, cette dorsale va s’installer et barrer la route. Les quatre premiers vont s’échapper et ce sera plus dur pour le petit groupe de poursuivants composé de Stéphane Le Diraison, Alan Roura et Damien Seguin. Ces trois marins font une très jolie course. Je suis particulièrement satisfait de la position de Damien Seguin qui est un peu mon poulain. Sa performance est remarquable surtout qu’il navigue avec des voiles qui ont fait le dernier Vendée Globe. A priori il n’a pas eu trop de soucis à bord et il s’en sort très bien pour sa première transat en IMOCA. Je suis fier de lui. »

Source : Mer et Media