vendredi 5 juillet 2019

Le Figaro, passage obligé pour performer en IMOCA ? Beyou, Desjoyeaux, Richomme livrent leurs analyses

La 50ème Solitaire Urgo-Le Figaro s’est achevée mercredi dernier à Dieppe. S'il se confirme qu’il faut être un hyper spécialiste du Figaro pour s’imposer dans La Solitaire, le retour en Figaro pour les skippers IMOCA ne semble pas une épreuve des plus aisées. Yoann Richomme (1er), Michel Desjoyeaux (12ème), Yann Eliès (16ème), Jérémie Beyou (20ème et Thomas Ruyant (38ème), doubles spécialistes du Figaro et de l'IMOCA, ont fait le point sur l'édition 2019. 


Le Figaro, passage obligé pour performer en IMOCA ? Beyou, Desjoyeaux, Richomme livrent leurs analyses
Crédit : A Courcoux



Yoann Richomme : "Le Figaro, une école fantastique"

Grand vainqueur de La Solitaire 2019, Yoann Richomme (HelloWork-Groupe Télégramme) ne boude pas son plaisir : « Je me suis éclaté avec ce nouveau bateau grâce auquel la Classe va prendre beaucoup d’importance. En termes de niveau, le Figaro c’est incomparable. C’est une leçon d’engagement, une école fantastique pour apprendre et pour progresser. 

Passer à l’IMOCA est dans la logique des choses pour moi et j’espère toujours être au départ du Vendée Globe l’an prochain". Le vainqueur de la dernière Route du Rhum-Destination Guadeloupe en Class40, va maintenant reprendre les entrainements en IMOCA avec Damien Seguin aux côtés duquel il participera à la Rolex Fastnet Race dans un mois, avant de s'aligner sur la Transat Jacques Vabre.


Thomas Ruyant : "Performer en Figaro est une preuve de talent"

Pour Thomas Ruyant (Advens - La Fondation de la Mer) : « Le Figaro c’est l’olympisme de la course au large. Performer en Figaro est une preuve de talent et ce talent peut être utilisé en IMOCA, mais le Figaro n’est pas pour moi un passage obligé. 

De grands skippers à l’image de Jean-Pierre Dick, Bernard Stamm ou Alex Thomson pour ne citer qu’eux, n’ont pas eu besoin de ce passage par le Figaro. Avoir fait du Figaro ne suffit pas non plus. Il faut avoir fait d'autres choses, du Mini, du Class40' qui sont des supports aussi importants pour se préparer au passage en IMOCA".


Jérémie Beyou : "La Solitaire, une référence en terme de préparation"

Triple vainqueur de l’épreuve (2005-2011-2014), Jérémie Beyou (Charal) le dit haut et fort : « Il faut avoir la volonté farouche d’y aller, car on ne se frotte pas à un tel niveau sans motivation. La Solitaire est une référence en terme de préparation. Personnellement, il me faut 2 à 3 ans pour retrouver le rythme et me remettre dans la peau d’un Figariste. 

Cette édition 2019 n’échappe pas à la règle, c'est vraiment un exercice de spécialiste. Il n’y a qu’à regarder qui sont les 10 premiers... Pour l'emporter, il faut être Figariste à 100% ».

L'IMOCA Charal est tout juste remis à l'eau. Après deux semaines de vacances, le skipper reprendra les entrainements en double avec Christopher Pratt avec lequel il s'alignera au départ de la Transat Jacques Vabre.


Michel Desjoyeaux : "L’expérience du Figaro est incontournable"

Michel Desjoyeaux (Lumibird), triple vainqueur de l'épreuve (1992, 1998, 2007) et très satisfait de sa place de 12ème cette année : « Faire de l'IMOCA sans avoir fait du Figaro est un non-sens, car le plus gros groupe de haut-niveau est là ! L’expérience du Figaro est incontournable pour performer sur un Vendée Globe. Après, il ne faut pas se tromper lorsque l’on passe à l’IMOCA car le bateau est beaucoup plus grand, plus lourd, plus puissant et la préparation très technique ».


Yann Eliès : "Un passage par le Figaro est quasiment obligatoire pour gagner en IMOCA"

Une analyse que partage Yann Eliès (StMichel) pour qui : « Un passage par le Figaro est quasiment obligatoire pour gagner en IMOCA. Le Figaro est un concentré de tout ce que l’on va vivre en IMOCA, surtout avec le nouveau bateau. Faire du Figaro est aussi très complémentaire car on ne passe pas assez de temps sur l'eau en IMOCA et le Figaro donne l’occasion de se maintenir au niveau et de continuer à progresser. 

Cette édition a été compliquée pour moi. Je me voyais clairement plus haut dans le classement final. J'ai manqué de fraicheur sur cette édition dont toutes les étapes ont été difficiles. Je reviendrai peut-être l'an prochain, mais aujourd'hui je me concentre à trouver un partenaire pour The Ocean Race qui m'attire beaucoup et pour le Vendée Globe 2024 ".

D'ici-là Yann embarquera sur le tout nouvel IMOCA Apivia aux côtés de Charlie Dalin pour la Transat Jacques Vabre qui partira le 27 octobre prochain du Havre.


Pour conclure, Yoann Richomme rend hommage aux skippers IMOCA qui reviennent sur le circuit Figaro : « J’imagine que c’est très difficile pour Yann, Jérémie, Armel ou Mich’ de revenir sur la Figaro où on a potentiellement tous le risque de se prendre une grosse bâche… Il faut avoir aussi le mental pour accepter ça ! ».

Source : Mer et Media