lundi 25 novembre 2019

Armel Tripon dévoile son nouvel IMOCA à foils, signé Sam Manuard : "Nous voulons un bateau facile et homogène"

Après 9 mois de chantier, il est l’heure pour le chantier nantais, Black Pepper Yachts, de dévoiler l’Imoca L’Occitane, skippé par Armel Tripon. C’est désormais dans un peu moins d’an que le skipper prendra le départ du Vendée Globe à la barre de son nouvel foiler dernière génération, dessiné pour Sam Manuard et sponsorisé par l’Occitane.


Credit : P.Bouras


Carène de scow, foils déportés, ... place à la nouveauté

Ce bateau se démarquera sur plusieurs points, la carène de scow, la largeur modérée, les foils déportés, le pont flush deck, le cockpit reculé, la casquette à vision frontale, des poids reculés avec le cockpit et la zone de vie très en arrière.

La carène de scow, grâce à son étrave spatulée, permet de mieux passer la mer au portant lorsque le bateau rattrape les vagues. Moins de coups de frein dans les vagues permettent d'obtenir une meilleure vitesse moyenne, tout en réduisant le stress mécanique (pics d'efforts dans les plantés) et le stress humain.

La largeur modérée permet de réduire les surfaces développées pont/coque pour réduire la masse du bateau. C'est aussi un facteur favorable pour optimiser la jauge IMOCA (AVS et test à 180°). Bien que la largeur soit contenue, les formes de coque sont puissantes, afin de garder de la stabilité en particulier lorsque le bateau évolue à faible vitesse lors des manœuvres d'empannages notamment.

Les foils déportés de grandes dimensions permettent de générer du RM dynamique avec peu de trainée. On se rapproche du mode de fonctionnement d'un trimaran. Les foils déportés fonctionnent dans un flux propre, décalé du train de vague de la coque. Nos foils permettent aussi d'être relevés pour ne pas trainer dans l'eau dans le petit temps lorsqu'ils sont inutiles/néfastes, ainsi que dans le gros temps où le skipper peut vouloir naviguer en mode dégradé pour sa propre sécurité.

Le pont flush deck convexe est minimaliste, une forme simple pour que l'eau ne soit pas piégée et puisse quitter au plus vite le pont, dans le but de rester léger en navigation. Cette forme pure permet de matosser les voiles aisément en les trainant.

Le cockpit est de petite dimension pour avoir tout sous la main sans trop se déplacer. Il est placé au plus bas pour baisser le centre de gravité du cockpit et de tout son équipement. Il est en position reculée afin de dégager beaucoup d'espace à la fois sur le pont et à l'intérieur pour pouvoir matosser efficacement. Le matossage est un réglage de performance très effectif mais demande de gros efforts de la part du skipper.



Un bateau facile et homogène

« Nous avons basé notre réflexion sur le principe d'efficience dans le cadre du Vendée Globe. Comment un homme seul dans un milieu hostile et en charge de sa propre sécurité peut-il exploiter au mieux le potentiel de son bateau ? Comment réussir à pousser le bateau tout au long du parcours et en particulier dans le Grand Sud ? 

C'est cette grille de lecture qui nous a amenés à prendre ces choix. Nous voulons un bateau facile et homogène, qui préserve au mieux son skipper. La dernière Transat Jacques Vabre l'a encore démontré, ces nouveaux Imoca sont très rapides mais très exigeants à mener, et nombreux skippers considèrent qu'ils ne pourront pas tenir ces cadences de double en mode solo, » explique Samuel Manuard.

AGENDA

Janvier 2020 : Mise à l’eau à Nantes
Mai 2020 : Départ de la Transat Anglaise en solitaire « The Transat » Brest /Charleston.
Juin 2020 : Transat retour en solitaire New York – Vendée.
Novembre 2020 : Départ du Vendée Globe.

Source : M.Pennaneac'h