Gitana 17 et Sodebo Ultim 3, deux équipages vont tenter de battre le record de Francis Joyon et IDEC SPORT

 

"Il y a une belle fenêtre très bientôt." Gitana 17 et Sodebo Ultim 3 devraient s'élancer sur le Jules Verne, le tour du monde en équipage, dont le record appartient à IDEC SPORT. 

 

Crédit : JM Liot

40 jours (23 heures, 30 minutes et 30 secondes) c’est la marque qui fait rêver de nombreux marins depuis 2017 puisqu’il s’agit du record du tour du monde à la voile, détenu par Francis Joyon et ses hommes sur le maxi-trimaran IDEC SPORT. Si le marin de Locmariaquer a réussi cet exploit sur un bateau d’ancienne génération (Groupama 3 de Franck Cammas), il sait que le record pourrait être amélioré par des Ultimes plus récents. Ce sont d’ailleurs deux bateaux de dernière génération qui s’apprêtent à se lancer contre la montre sur les océans du globe : Gitana avec le Maxi Edmond de Rothschild et Sodebo avec Sodebo Ultim 3, qui se mettent en stand-by.

 

"Le vol stabilisé sera la clé"

« Je suis envieux de voir tous les bateaux qui partent d’ici quelques jours, entre le Vendée Globe et les multis qui se mettent en stand-by », plaisante Francis Joyon. « Sodebo et Gitana se mettent en stand-by au bon moment. Il y a une belle fenêtre très bientôt pour descendre en 12 ou 13 jours à Bonne-Espérance. » explique le dernier vainqueur de la Route du Rhum, destination Guadeloupe, qui admire les performances des maxi-trimarans équipés de foils. « Les bateaux ont de sacrées compétences mais ont-ils trouvé assez de fiabilité pour effectuer un tour du monde ? Le vol stabilisé sera la clé. Les foils s’ajustent automatiquement, le bateau ne plante pas et donc il y a plus de stabilité de vol. Mais d’un autre côté ça fait prendre des quantités de carburant importantes. On n’avait que 30 litres à bord nous (sur IDEC SPORT en 2017). Il y a également les appendices qui sont lourds et qui traînent plus lorsqu’il n’y a pas de vent. C’est également plus d’entretien et plus de problèmes mécaniques possibles. Mais ça apporte aussi de gros avantages puisque les bateaux filent dix nœuds plus vite dans les conditions favorables. »

 

"La nature dictera leur trajet"

Lors du record du Trophée Jules Verne, Francis Joyon avait fait le pari de partir dans une fenêtre météo grande comme un trou de souris. IDEC SPORT accusait donc un petit retard après la descente de l’Atlantique. « Après Bonne-Espérance on a enchaîné jusqu’au cap Leeuwin et on a rattrapé le retard. Je pense qu’ils iront moins Sud que nous. Eux ont des bateaux pour naviguer vite dans vents médiums. On les retrouvera vers le 40 ou 45ème plutôt que 50ème. La nature dictera leur trajet. »

 

Marcel van Triest, un routeur commun 

En 2017, l’expérience de Francis Joyon l’avait poussé à innover en ne partant autour du monde qu’avec un équipage composé de six personnes et c’est aujourd’hui une tactique appliquée par les autres skippers. « On est partis avec un équipage léger et ça avait fait jaser. Mais je vois que ça a fait école et j’en suis très content. »

 

En plus de cette option, une autre similitude rapproche les nouvelles tentatives de celle de Francis il y à trois ans : Marcel van Triest. Il avait été le routeur d’IDEC SPORT et il sera le « septième homme » pour Gitana. « Marcel c’est une valeur sûre. Son vrai atout, c’est son expérience des zones glacières. Il a des avis percutants. Il m’a bluffé sur sa connaissance des glaces et c’était un vrai plus sur notre tour du monde. On a été dans des zones où je ne serais pas allé de moi-même. »

 

Et pour conclure : « je vais suivre avec grand intérêt les tentatives, d’autant plus que Franck Cammas a annoncé pouvoir améliorer le temps de dix pour cent… »

 Source : F Thomazeau