"On s’est lancé dans un défi de géant," Alexia Barrier, Dee Caffari, Deborah Blair, Annemieke Bes, Rebecca Gmuer, Tamara « Xiquita » Echegoyen, Molly Lapointe et Stacey Jackson sont arrivées à Brest avec le premier temps de référence

 

Ce lundi, huit femmes, huit sourires et huit visages façonnés par le large ont offert la démonstration éclatante que les rêves peuvent devenir réalité. La Française Alexia Barrier, les Britanniques Dee Caffari et Deborah Blair, la Néerlandaise Annemieke Bes, la Suissesse et Néozélandaise Rebecca Gmuer, l’Espagnole Tamara « Xiquita » Echegoyen, l’Américaine Molly Lapointe et l’Australienne Stacey Jackson ont constitué le premier équipage 100 % féminin à boucler un tour du monde à bord d’un multicoque et sans escale. Jusqu’au bout, elles ont dû résister à une météo capricieuse. Sans grand-voile (déchirée par une tempête mercredi dernier), elles ont bouclé la boucle après 57 jours, 21 heures et 20 minutes de mer.

Crédit : R Christol

 



Le franchissement de ligne à 12 heures a eu valeur de délivrance. C’était enfin le temps de la légèreté, des embrassades et d’une bière bien fraîche et bien méritée. À l’arrivée à Brest, elles ont allumé des fumigènes et goûté à l’accueil chaleureux des Brestois. Si la pluie a redoublé d’intensité, elle n’a eu raison ni de leur enthousiasme, ni de leur bonheur communicatif. Thomas Coville et Benjamin Schwartz, détenteurs du Trophée Jules Verne depuis la veille, leur ont remis des fleurs aux pontons, symbole du respect qui unit les femmes et les hommes de mer. Des centaines de spectateurs se sont ensuite massés autour de la scène pour les applaudir et les féliciter. Une communion avec le public, à Brest comme partout dans le monde à travers les réseaux sociaux, qui a montré la forte adhésion populaire qui les a accompagnés pendant 57 jours. Au fil de cette aventure hors norme, ces drôles de dames du large ont créé un précédent et une première marque de référence. Désormais, les huit navigatrices cultivent le doux espoir de susciter des vocations chez les petites filles et les convaincre d’écrire à leur tour leur propre histoire. 

PAROLES DE NAVIGATRICES
Alexia Barrier (Française, 46 ans) : « C’est une grande fierté et une grande délivrance. Ces derniers jours ont été très compliqués avec la météo, les avaries alors le fait d’arriver, c’est vraiment incroyable, je suis tellement fière de nous et des progrès. Ce qu’il y a de plus beau, c’est de voir la force du collectif et la manière dont nous avons pris soin de nous. Entre Deborah Blair, la plus jeune (23 ans) qui n’avait jamais franchi l’équateur et Dee Caffari (53 ans), la « daronne » et ses 7 tours du monde, nous avons su former une belle équipe et nous avons appris. On s’est lancé dans un défi de géant. Personne ne pouvait imaginer ce qui allait se passer. Nous y sommes allés avec insouciance, détermination et surtout avec la rage au ventre. Partir faire le tour du monde en multicoque, c’était culotté mais je suis heureuse de savoir qu’on fait désormais partie des géants. »

Dee Caffari (Britannique, 57 ans) : « Après 57 jours en mer, nous avons la chance d’être de retour ici, à Brest, avec tout le public présent et tous ceux qui nous ont soutenus. Bien entendu, nous étions huit à bord mais cette performance, c’est aussi celle de tous ceux qui nous ont accompagnés pendant cette incroyable aventure. Merci aussi à ceux qui nous ont encouragés autour du monde. Le fait que Thomas Coville et Benjamin Schwartz nous offrent un bouquet de fleurs sur le ponton, c’est très symbolique. Ils ont réalisé une prouesse exceptionnelle mais on n’a pas dit notre dernier mot (rires) ! Quoi qu’il en soit, ce qu’on vient de réaliser pose les fondations pour construire l’avenir. »

Molly Lapointe (Américano-Italienne, 28 ans) : « C’est un bonheur de voir la terre et de respirer à nouveau ! Bien sûr que ça a été long et ça n’a pas tous les jours été facile donc forcément, ça fait du bien d’être rentrée ! Les derniers jours, les conditions à bord ont été vraiment dures et le pire, c’est que ça a continué après avoir franchi la ligne d’arrivée ! Mais maintenant, c’est derrière nous. On va pouvoir prendre une douche et dormir dans un lit donc tout va bien ! »

Rebecca Gmuer (Suisse - Néozélandaise, 25 ans) : « Je suis vraiment très fière de nous, de ce qu’on a fait et de savoir qu’on a réussi à revenir à Brest. Il y a eu des moments durs, nous avons été confrontées à des choses qui ne sont pas faciles à gérer. Pourtant, on a toujours réussi à être soudées dans les bons et les mauvais moments et à avancer ensemble, coûte que coûte. Maintenant on va pouvoir profiter ! »

Stacey Jackson (Australienne, 41 ans) : « C’était un sacré challenge, on a eu tout ce qu’on peut affronter dans ce genre de défi. Ce qui est le plus difficile, c’est de réussir à ramener le bateau sans rien casser. Je suis très heureuse de cette aventure. En 57 jours, tu as forcément des jours difficiles mais ce qui compte, c’est de se rappeler pourquoi on est là, pourquoi on se bat. Et à la fin, c’est juste incroyable de le célébrer. J’ai la chance que mon copain soit venu de Sydney. Il a traversé le monde pour me retrouver ! »

Annemieke Bes (Néerlandaise, 47 ans) : « Je crois que le moment dont je suis le plus fière, c’est celui que l’on vit aujourd’hui. Être là avec toute l’équipe et être aussi heureuse, c’est génial. Nous avons vécu des moments durs, des hauts et des bas, on a parfois douté, parfois pensé qu’on n’arriverait jamais au bout. Mais avec de la détermination, on a réussi, on a fini et j’en suis très heureuse. »

Deborah Blair (Britannique, 23 ans) : « Comme nous toutes, je suis super contente de retrouver mes proches. Mon copain et mes parents sont venus ici, ils étaient déjà là au départ. Nous avons vécu de supers moments à bord, des instants de joie intense. Je pense au “Secret Santa” qu’on a fait à Noël et de notre petite et courte fête pour célébrer le nouvel an… C’était sympa mais j’ai quand même prévu de fêter à nouveau Noël avec mes proches dès que je rentrerai en Angleterre ! »

Tamara Echegoyen (Espagnole, 41 ans) : « Je ressens beaucoup de bonheur de terminer ce tour du monde et cette sacrée aventure au sein de cette belle équipe. Il me tient à cœur de remercier profondément Alexia (Barrier). C’est elle qui a eu l’idée de ce projet, qui nous a rassemblées, qui y a cru, qui nous a permis d’aller au bout. Elle a transformé ce rêve en réalité et je lui en serais toujours reconnaissante ! »

Source : TB Press