À l’aube d’une neuvième saison sur le circuit Figaro Beneteau, Tom Dolan retrouve la compétition avec une énergie singulière. Freiné l’an dernier par une blessure qui l’a contraint à interrompre son parcours sur la Solitaire du Figaro, le skipper de Kingspan revient animé par une envie décuplée. Comme un combattant qui préfère remonter sur le ring sans attendre, il voit dans le positionnement très précoce de l’épreuve de la classe une vraie opportunité : celle de repartir vite, fort, et de transformer l’élan du retour en performance immédiate.
La reconstruction
La saison passée, la Solitaire du Figaro, épreuve reine du Championnat de France Elite de Course au Large, s’était arrêtée sur blessure à l’avant-bras, laissant un goût d’inachevé. Tom Dolan a choisi d’encaisser ce choc sans jamais baisser la garde. Après l’effort, il s’est accordé un vrai break, indispensable pour couper et repartir plus fort. « A la suite de ça, il fallait vraiment faire une pause. Physiquement et mentalement », explique-t-il. « J’ai vécu ça comme un KO. Mais justement, ça donne envie de revenir vite. » Cette reconstruction s’appuie aussi sur le travail colossal réalisé en amont de la saison précédente. « En début d’année dernière, on avait fait un énorme travail : réglages, voiles, plein de choses qu’on n’avait jamais vraiment essayées. » Un socle technique solide, toujours d’actualité. « Aujourd’hui, le bateau est prêt à partir, il n’y a rien de trop à refaire. »La montée en puissance, sans précipitation
La reprise sur l’eau, il y a tout juste quelques jours, s’est faite avec méthode, lucidité et plaisir. « Je suis trop content de faire mon retour aux affaires », confie-t-il, sans masquer une reprise progressive. « Je suis légèrement rouillé après cet hiver, mais tout revient vite… » La vitesse, elle, est bien là. Reste à affiner certains curseurs, notamment physiques. « Il me manque un peu de cardio, mais ce sont de bons problèmes, faciles à régler. » Cette montée en puissance s’inscrit parfaitement dans un calendrier 2026 dense et exigeant : la Solo Guy Cotten – Concarneau (6–14 mars), le Trophée Laura Vergne en double (27 mars–6 avril), le Trophée Banque Populaire Grand Ouest (15–25 avril), puis très vite la Solitaire du Figaro Paprec, du 13 mai au 7 juin. « Que la Solitaire arrive tôt, c’est une bonne chose pour moi. Pour avancer et passer à autre chose ensuite car ce sera très probablement ma dernière », souligne-t-il, avec en ligne de mire une vraie performance au Championnat de France Élite de Course au Large 2026.Un plateau relevé, une motivation décuplée
Dans ce contexte, la concurrence s’annonce particulièrement relevée. Yoann Richomme, deuxième du dernier Vendée Globe, Nicolas Lunven, double vainqueur de la Solitaire du Figaro, ou encore Nicolas Troussel, récent recordman du Trophée Jules Verne aux côtés de Thomas Coville, élèvent encore le niveau d’exigence. Un contexte que Tom Dolan accueille avec appétit. « C’est hyper stimulant, vraiment chouette. Voir tout ce beau monde revenir, ça met une niaque d’enfer. » Vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2024, l’Irlandais Volant, tel qu’on le surnomme, avance sans arrogance, fidèle à son tempérament. « Je veux confirmer que je suis là et bien là, penser au présent et en profiter. » Comme Rocky sur son ring, Tom Dolan ne promet rien d’autre qu’une chose : se battre jusqu’au bout, avec humilité, détermination et l’envie farouche de s’installer, une nouvelle fois, aux avant-postes.Source : Ancora
