Ce dimanche 17 mai à 10h30, Chloé Le Bars et Hugo Dhallenne prendront le départ de la 57e Solitaire du Figaro Paprec entre Perros-Guirec et Vigo, en Espagne. Une première étape de 610 milles théoriques qui passera par le mythique phare de Wolf Rock avant une longue descente du golfe de Gascogne jusqu’au cap Finisterre. Pour Chloé, ce sera déjà une cinquième participation, Hugo s’élancera, lui, pour sa quatrième Solitaire. Et le menu s’annonce copieux : du près quasiment du début à la fin, un front attendu lundi générant 25 à 30 nœuds de vent et une arrivée espagnole réputée aussi piégeuse qu’aléatoire. Bref, une vraie entrée en matière où il faudra autant savoir tenir la cadence… que garder les idées claires.
Les dernières heures à terre ressemblent toujours à un tourbillon. Entre les visites des bateaux, les dédicaces, les briefings sécurité, les interviews et les derniers fichiers météo, c’est le rush avant de pouvoir enfin entrer dans sa bulle pour quatre jours de compétition en solitaire.
« Le village ici à Perros-Guirec est plus court cette année, donc les journées sont chargées », raconte Chloé Le Bars, qui a déjà parfaitement organisé ses sacs de vêtements et d’avitaillement. « Tout est prêt », sourit la navigatrice de 28 ans. Même ambiance côté Hugo Dhallenne : « Hier, c’était une grosse journée communication : visites, dédicaces… Aujourd’hui, place à la météo et à la préparation finale. Je rentre dans ma bulle. » À bord aussi, tout est désormais millimétré. « Les glacières pour les jours 2, 3, 4 et 5 sont prêtes », détaille Hugo. « Il ne restera plus qu’à embarquer le frais dimanche matin. »
Des virements, du vent et peu de répit
Les voilà prévenus : cette première étape s’annonce comme une longue bataille au près. Dès le départ, un vent d’ouest-nord-ouest de 12 à 15 nœuds imposera une remontée à coups de virements jusqu’à Wolf Rock (sud-ouest de la Cornouaille anglaise), avant une bascule au sud-ouest et le passage d’un front musclé. Les bras vont chauffer… et les cerveaux aussi.« Le départ s’annonce très tactique avec une longue phase de louvoyage jusqu’à Wolf Rock », explique Chloé. « Ensuite, le vent tournera au sud-ouest et se renforcera. On risque donc de rester longtemps au contact, dans des conditions exigeantes. » Hugo, lui, résume le programme avec humour : « On va clairement passer plus de temps avec le bateau incliné qu’à plat ! » Avant d’ajouter : « Lundi, nous devrions passer un front dans 25 à 30 nœuds de vent de face. »
Dans ces conditions, les placements des virements pourraient rapidement créer des écarts. « La grosse difficulté sera de virer au bon moment, notamment entre Wolf Rock et le cap Finisterre », analyse Chloé. Même constat pour Hugo : « Il faudra bien choisir ses positionnements pour la traversée de la Manche et la redescente vers la Galice. »
La bonne nouvelle, c’est qu’au près dans du vent soutenu, le Figaro Bénéteau 3 reste relativement stable et permet parfois de mieux gérer son sommeil. « Quand on fait du près, on peut aussi réussir à se reposer un peu », explique Hugo. « Le bateau reste calé sur son angle, ce qui simplifie la vie à bord. J’ai trouvé comment aller vite sur cette allure donc je suis confiant. » Une sensation que partage Chloé : « J’aime bien naviguer au près. On est calé, et cela laisse davantage de place à la réflexion. »
Garder de la lucidité jusqu’à Vigo
Si la première partie du parcours promet déjà d’être physique, l’arrivée en Espagne pourrait bien finir d’user les organismes. Car après plus de quatre jours de mer annoncés, les pièges météo devraient se multiplier le long des côtes ibériques. « Le vent devrait mollir à l’approche de l’Espagne, ce qui pourrait provoquer un regroupement de la flotte », prévient Chloé Le Bars. « La baie de Vigo n’est pas un endroit facile. Il pourrait même ne plus y avoir de vent du tout à la fin. »Entre les reliefs espagnols capables de perturber le vent et la fatigue accumulée, les dernières heures pourraient donc coûter cher. « Il faudra rester lucide jusqu’au bout », insiste la Skipper Macif. D’ici là, place au grand départ dimanche matin. Les skippers quitteront les pontons dès 8 heures pour un coup d’envoi prévu à 10h30 devant Perros-Guirec. « Sitôt le top départ, on aura deux bouées à contourner devant Perros-Guirec et puis ce sera le grand saut ! » sourit Hugo Dhallenne.
Objectif affiché pour les deux skippers Macif : ne rien regretter et tout donner pour rester aux avant-postes dès cette première grande explication de la saison dont l’arrivée à Vigo est prévue le jeudi 21 mai.
Source : S Gueho