Sam Goodchild solide leader sur la 1000 Race, Jérémie Beyou : « L’arrivée de la 1000 Race reste pleine d’incertitudes »

 

La 1000 Race, course d’ouverture des IMOCA Globe Series 2026, propose un scénario aussi complet qu’exigeant pour les sept solitaires engagés. Entre calmes plats et longues glissades au portant dans le golfe de Gascogne, la flotte a déjà balayé un large spectre de conditions.


Crédit : A Courcoux



Partie dimanche midi de Port-la-Forêt dans des airs légers, la course conduit les IMOCA jusqu’au Fastnet, puis à deux marques virtuelles dans le golfe de Gascogne, avant un retour à Concarneau. Depuis, un flux de nord bien établi a envoyé la flotte au près vers le Fastnet, avant une descente rapide au portant, dans des conditions instables et rafaleuses, vers le waypoint Gallimard, situé à environ 150 milles nautiques au nord du cap Finisterre.

Sur ce sprint de 1 200 milles, Sam Goodchild, tenant du titre des IMOCA Globe Series, a longtemps maîtrisé les débats, en tête dès le départ, puis au Fastnet et à la marque Guy Cotten.

Mais la situation a évolué ces dernières heures. Le skipper de MACIF Santé Prévoyance a reculé au classement après avoir choisi une option plus ouest et plus sud vers le waypoint Gallimard, tandis que ses concurrents tentaient une trajectoire plus directe.

Ce matin à 11h, Violette Dorange (Initiatives-Cœur) affichait la plus courte distance à parcourir jusqu’à l’arrivée, avec 388 milles restants, talonnée à moins d’un mille par Corentin Horeau (MACSF). Francesca Clapcich (11th Hour Racing) complètait le trio de tête. Goodchild pointait en cinquième position, mais reste bien placé au routage pour reprendre la main. Cet après-midi, le franco-britannique a repris la tête de flotte.

Observateur attentif, Jérémie Beyou, dont l’IMOCA Charal est actuellement en chantier, insiste sur l’importance du départ sur un format aussi court. « Les premières 24 heures ont été compliquées, mais une chose était claire : le premier à sortir de la zone sans vent prenait l’avantage, » explique-t-il. « Sam l’a très bien fait. Sur ce type de parcours, le départ est déterminant. C’est comme une étape de Figaro, si tu es devant dès la première minute, c’est toujours un avantage et ça s’est vérifié cette fois. »

Au portant ces dernières 24 heures, Sam Goodchild a également confirmé la polyvalence de son IMOCA, vainqueur du dernier Vendée Globe. « C’est un bateau performant partout, » poursuit-il. « Peut-être encore perfectible au portant dans du vent médium à fort, mais dans ces conditions, c’est le meilleur de la flotte. »

Pour Beyou, cette édition constitue un terrain d’apprentissage idéal pour les skippers disputant leur première course en solitaire en IMOCA, parmi lesquels Francesca Clapcich, Corentin Horeau ou encore Nicolas D’Estais. « Ils n’ont pas de pression, » souligne-t-il. « Ils feront des erreurs, c’est normal. Mais les conditions sont parfaites pour une première, et pour lancer la saison. Avec Sam, c’est différent : s’il ne gagne pas, ce sera à cause d’une grosse erreur ou d’un manque de réussite. »

Sur l’eau, Violette Dorange affiche un moral solide à bord de l’ancien bateau de Sam Davies. Rapide dans le petit et le médium, elle confirme ses progrès. « Je suis très contente, » confie-t-elle. « J’ai perdu un peu de temps dans les manœuvres et je sais que je suis parfois un peu moins rapide au portant, mais j’arrive à m’accrocher. Ça me permet de rester dans le match. »

Pour la suite, la stratégie est claire. « Sur ce bord de portant, il faut aller chercher la vitesse avant la bascule du vent, » précise-t-elle. « Les écarts sont importants sur ces bateaux, donc il faut du vent. À la fin, une grosse transition est attendue avec une chute du vent, et ça pourrait redistribuer les cartes. »

Après trois jours en mer, la navigatrice rochelaise de 25 ans tient le rythme malgré la fatigue. « C’est difficile de récupérer. Il faut rester concentrée et réactive en permanence. J’ai réussi à dormir un peu ce matin, mais ce n’est pas simple. Sinon, le moral est bon, je me sens bien à bord, donc c’est un vrai plaisir. »

De son côté, Beyou anticipe une fin de course piégeuse entre le waypoint Gallimard et Concarneau. « Ils sont coincés entre deux dépressions, » conclut-il. « Il y aura sans doute du vent au large de l’Espagne, mais sur la route vers l’arrivée, ça pourrait être plus compliqué… quoi qu’il arrive, il vaudra mieux être devant. »

Source : IMOCA