Les forces IMOCA en présence au départ de la Route du Rhum, Thomas Ruyant remet son titre en jeu

 

La flotte des 60 pieds proposera une sacrée bagarre sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Sur la ligne de départ ? Le tenant du titre (Thomas Ruyant), le vainqueur de la dernière transatlantique (Jérémie Beyou, Charal) et le skipper IMOCA plus en vue du moment, Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance). Ils devront composer avec des figures émergentes de la classe dont Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), Violette Dorange (Initiatives-Coeur), Corentin Horeau (MACSF) ou encore Francesca Clapcich (11th Hour Racing). Comme plusieurs rookies, ils contribuent à l’internationalisation et à la mixité dans la classe mais aussi à un sacré renouvellement. Ça promet !

Crédit : P Bouras

Un palmarès de géants. Chez les IMOCA, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe est un marqueur de la classe. C’est l’une des démonstrations de la capacité des équipes à faire constamment progresser les bateaux, les rendre plus performants et plus résistants à toutes les conditions. Un constat qui s’ajoute à un autre : ce sont des grands noms qui sont rentrés dans le cercle très fermé des vainqueurs. Chez les bateaux à dérives droites, il y a eu le jeune Thomas Coville (1998), l’incroyable Ellen MacArthur (2002), l’unique double vainqueur en IMOCA, Roland Jourdain (2006 et 2010) puis François Gabart (2014).

C’est d’ailleurs à bord du même bateau - Macif étant devenu SMA - que Paul Meilhat s’est imposé en 2018. Une incroyable victoire, alors qu’Alex Thomson, qui était en tête de la course, ne s’était pas réveillé et s’était échoué contre les côtes guadeloupéennes. C’est la dernière fois qu’un non-foiler l’emporte. Il y a quatre ans, les foilers étaient déjà hégémoniques et la bataille pour la victoire l’a prouvé. Un combat de titans où le podium s’était dessiné entre Thomas Ruyant, le regretté Charlie Dalin et Jérémie Beyou en seulement cinq heures seulement !

Des favoris et de très nombreux outsiders

Ce coup d’œil dans le rétro apporte une certitude : dans la grande histoire de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, les IMOCA ont toute leur part avec des rebondissements, du suspense et une sacrée bataille à travers l’Océan Atlantique. L’édition qui se profile n’est pas en reste. Parmi les favoris, Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance, ex-Apivia) et Jérémie Beyou (Charal) tiennent la corde. Franco-britannique depuis peu, Sam s’est distingué en remportant la Course des Caps l’an dernier, la 1000 Race et il vient de terminer 2e de la Vendée Arctique. Jérémie, vainqueur de la Transat Café L’Or, a réalisé un chantier d’ampleur sur son bateau en changeant toute la carène.

Les deux hommes devront composer avec une large série d’outsiders. Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), vainqueur sur le fil de la Vendée Arctique, en fait partie. L’Italien dispose de l’ex-Vulnérable de Thomas Ruyant, le tenant du titre, qui l’a aidé toute l’année dernière dans la prise en main du bateau. À ses côtés, il faudra compter sur Violette Dorange (Initiatives-Cœur) et Élodie Bonafous (Association Petits Princes-Quéguiner), respectivement 3e et 4e de la Vendée Arctique, mais aussi sur Corentin Horeau (MACSF) à bord de l’ex-Paprec Arkéa de Yoann Richomme. Francesca Clapcich (11th Hour Racing) poursuit également sa montée en puissance, elle qui avait terminé 2e l’an dernier de la Transat Café L’Or.

Ruyant et Simon, des retours attendus

Le renouveau parmi les visages et les bateaux aussi. La Route du Rhum-Destination Guadeloupe marque en effet le début d’un nouveau cycle avec l’arrivée de deux nouveaux bateaux, celui de Thomas Ruyant et de Sébastien Simon (Groupe Dubreuil). À l’instar des autres équipes engagées dans la construction d’un nouveau bateau, ils n’ont qu’un objectif : pouvoir améliorer les performances à certaines allures. Après les progrès spectaculaires liés aux foils, tout l’enjeu consiste à “voler” le plus longtemps possible, en décollant plus rapidement et en conservant les phases de vol dans des conditions de vent médium. Par ailleurs, les bureaux d’étude et les architectes ont notamment planché sur l’ergonomie dans la zone de vie et la capacité pour le skipper d’être le plus efficace possible en limitant au maximum les déplacements à bord. Un enjeu majeur, surtout à la Route du Rhum-Destination Guadeloupe qui s’apparente à un sprint océanique où les conditions sont particulièrement éprouvantes à la fois physiquement et mentalement.

Tous ces aspects ont fait l’objet d’un travail intense avant de faire émerger la nouvelle génération. Alors que d’autres IMOCA sont encore en construction, Thomas Ruyant et Sébastien Simon feront office de prescripteur durant cette édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Le Nordiste, qui vient de mettre son nouveau monocoque à l’eau et recherche des sponsors, possède un des plus beaux palmarès de la classe, lui qui compte deux victoires sur la Transat Jacques Vabre (2021, 2023) et qui est tenant du titre sur la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. De son côté, Sébastien Simon (Groupe Dubreuil) s’est lancé pour la première fois avec son équipe dans la construction d’un IMOCA. 2e du Vendée Globe il y a deux ans, ce compétiteur de chaque instant fera tout pour se mêler à la bataille pour les premières places.

De nombreux bizuths prêts à s’élancer dans le grand bain

Il y aura également, sur la ligne de départ, plusieurs habitués de la Route du Rhum et des courses IMOCA. C’est le cas de Fabrice Amedeo (Team FDJ United Wewise), Arnaud Boissières (April Marine – recherche co-partenaire), Manu Cousin (Coup de Pouce) et Oliver Heer (Embrace the challenge) et Sébastien Marsset (Foussier) qui étaient tous de l’aventure il y a quatre ans. Armel Tripon (Les P’tits Doudous) sera également présent, lui qui cultive une riche histoire avec la course. Il l’avait découvert en IMOCA (4e en 2014), s’était imposé en Multi50 (2018) avant de terminer 5e en 2022.

En parallèle, plusieurs skippers disputeront leur première transatlantique en solitaire à bord d’un IMOCA. Davy Beaudart a repris l’IMOCA de Louis Burton (Bureau Vallée) alors que Pierre-Louis Attwell (Resilient), Nicolas d’Estais (Café Joyeux) ou encore Maël Garnier, (DeVenir) s’élanceront à bord de bateaux à dérives droites. À noter enfin qu’il s’agira également d’une grande première pour deux skippers qui se sont aguerris ces dernières années dans la classe, à savoir le Canadien Scott Shawyer (Canada Ocean Racing – Be Water Positive) et le Japonais Masa Suzuki (Milai 22).

Source : M Le Berrigaud