Nouvel IMOCA pour Thomas Ruyant toujours en recherche de partenaires, Antoine Koch : "plus polyvalent, notamment au démarrage et au près"

 

Le nouveau voilier de Thomas Ruyant a été mis à l’eau ce jour à Lorient. Il est le fruit d’une forte collaboration entre les équipes de l’architecte Antoine Koch, à la tête du cabinet AKO, le bureau d’études de TR Racing évidemment, GSea et Finot-Conq pour les calculs, CDK, le constructeur, ainsi qu’un travail de mutualisation avec les teams de Boris Herrmann (Malizia) et Loïs Berrehar (Banque Populaire), qui construisent actuellement la même unité. Armé par Alexandre Fayeulle, l'IMOCA est à la recherche d’un partenaire pour voler jusqu’au Vendée Globe 2028 et se présenter dès cette année au départ de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, dont Thomas Ruyant est le tenant du titre. L'envie de TR Racing est de pouvoir ensuite s'aligner sur The Ocean Race, tour du Monde en équipage et avec escale, dont le départ sera donné d'Alicante en janvier 2027. Zoom avec l’architecte Antoine Koch…

Crédit : ScanVoile


Quelle est la genèse de ce nouvel IMOCA ?

Le point de départ a été l’ancien voilier de Thomas, Advens 2, qui est désormais aux mains d’Ambrogio Beccaria. Il a une bonne réputation à certaines allures, mais nous avons identifié ces dernières années quelques phases où il était moins rapide sur l’eau. Nous sommes donc partis sur l’idée de concevoir un nouvel IMOCA plus polyvalent, notamment au démarrage et au près. De plus, TR Racing souhaitait avoir un voilier exploitable aussi bien à l’aise en solitaire, en double et en équipage, nous avons donc travaillé dans cette optique en revoyant l’ergonomie à bord, ce qui va grandement faciliter la vie des marins, parfois difficile sur ce genre de bateau. Le but était de mettre l’humain au cœur de la conception. Les aménagements intérieurs sont, par exemple, modulables.

Et ce plan AKO bénéficiera de barres à roue ?

Dans l’optique d’améliorer la vie à bord, il nous a paru intéressant de mettre en place des postes de barre dans le sens de la marche du bateau, ce qui est plus naturel, mais surtout plus confortable et performant pour le pilote. Nous avons donc opté pour des barres à roue, mais également pour des hublots omniprésents dans le cockpit, de façon à ce que l’équipage ait toujours un œil sur ses réglages et sur l’extérieur. La fluidité entre l’intérieur et le cockpit a aussi été repensée afin de pouvoir se déplacer à peu près normalement à bord, d’apporter un gain de vitesse et de réduire la fatigue. Du coup, Thomas aura moins à se déplacer et risquera moins de se faire mal. Thomas et Morgan Lagravière ont certainement gagné la Transat Jacques Vabre 2023 en reprenant la barre et en ne se reposant pas uniquement sur le pilote automatique. Les postes de barre nous ont donc paru très importants à intégrer dès le début de nos réflexions.

D’autre part, toujours dans l’objectif d’aller plus vite, vous vous êtes penchés sur la question des safrans. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Nous avons travaillé sur la manière d’utiliser les safrans pour rester en vol au portant avec moins de traînée et un comportement général du voilier plus linéaire. Ils sont déjà plus grands qu’avant et leur traînée crée une force à l’arrière qui stabilise le bateau longitudinalement. Rapprochés de l’axe du bateau, ils joueront aussi, en quelque sorte, le rôle de frein. Un foiler a encore besoin d’un contact avec la mer ; sinon, il reculerait. Dans notre cas, le safran au vent restera dans l’eau, ce qui engendrera une véritable stabilité et davantage d’efficacité en vol grâce aux foils.

Sa carène est particulière. Peux-tu nous la décrire ?

Le double étage de bouchains nous permet d’avoir une coque relativement fine au portant, tout en offrant une réserve de puissance au près et au reaching. Le bateau plantera inéluctablement moins dans les vagues pour aller plus vite. Il y aura aussi moins d’eau sur le pont, ce qui constitue un avantage en termes d’ergonomie et de pilotage. La concavité entre les deux lignes permettra également davantage de facilité au portant grâce à l’étroitesse de la carène et plus de largeur au redémarrage. L’effet dynamique des vagues sur cette concavité va créer de la force !

Penses-tu que l’on passe un nouveau cap en performance avec ce nouvel IMOCA ?

Je ne vais pas dire non (rires). En tout cas, tout est un peu mieux : des voiles aux foils, des safrans à la carène. Thomas et TR Racing ont accumulé une très grande expérience, ce qui va leur permettre d’exploiter au mieux ce voilier au fil des années. Lors de la Course des Caps, Thomas et son équipage ont connu des phases au portant qu’ils n’avaient jamais connues auparavant en termes de vitesses moyennes et de performances. Un voilier de ce type progresse au fur et à mesure de sa vie. Enfin, il sera équipé d’un nouveau mât monotype IMOCA, plus robuste. Globalement, cette unité comporte davantage de cloisons afin d’être le plus serein possible sur le plan structurel.

Quelle est ta relation avec TR Racing et Thomas ?

Avec Thomas, nous sommes proches. Nous évoluons ensemble depuis longtemps maintenant et nous entretenons une relation de pleine confiance. C’est un client historique d’AKO et je lui souhaite désormais de trouver des partenaires pour faire fonctionner au mieux cet IMOCA très prometteur. Nous serons là pour l’accompagner dans cette phase. J’ai hâte de naviguer avec TR Racing sur leur IMOCA et de le tester cet été.


 

Source : TB Press