Sam Goodchild mène la danse de la Vendée Arctique, vers un regroupement général à l’arrivée aux Sables d'Olonne?

 

Le duo de tête, Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) et Élodie Bonafous (Association Petits Princes - Quéguiner) progresse entre l’Angleterre et l’Irlande. Dans le même temps, Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei, 3e) et Violette Dorange (Initiatives Cœur, 4e) ont choisi de longer l’Ouest de l’Irlande. Deux stratégies distinctes alors qu’une zone sans vent à proximité de l’arrivée pourrait rebattre les cartes. Le dénouement est attendu dans la nuit de lundi à mardi aux Sables-d’Olonne. Et le suspense sera total !


Crédit : S Goodchild


Sam Goodchild et Élodie Bonafous, entre l’Irlande et l’Angleterre

Deux options ont pris de l’épaisseur ces dernières heures sur la route du retour. L’une passe entre l’Angleterre et l’Irlande, l’autre qui longe la côte Ouest de l’Irlande. Sam Goodchild (Macif Santé Prévoyance) et Élodie Bonafous (Association Petits Princes - Quéguiner) ont privilégié la première option. Le leader y était déjà passé en Figaro Beneteau et en MOD70. Ce matin, il a justifié ce choix : « C’est vrai que le canal est étroit, le vent descend des reliefs irlandais de manière très irrégulière et il y a peu de place pour l'erreur. Mais en solitaire, sur un IMOCA, il faut accepter un compromis. Je suis venu ici parce que c'était la meilleure option stratégiquement, même si en contrepartie je perds volontairement un peu en performance pour gagner en sécurité »

Élodie Bonafous va également s'engager dans le canal du Nord dans l’après-midi. La navigatrice, elle aussi, avait déjà emprunté cette route en Figaro Beneteau, une expérience qui a compté dans son choix : « C’est un des éléments qui a pesé dans la balance. Sur le papier, c’est une option vraiment intéressante. La route est plus courte, ça permet aussi d’éviter une dorsale sur l’ouest de l’Irlande. Il y a aussi des avantages : ça mollit, la mer va devenir beaucoup plus plate et, finalement, il n'y a pas tant de trafic que cela en dehors des grands points de passage. Ça reste un endroit où il faudra être vigilant, mais je suis plutôt sereine. »

Beccaria et Dorange, l’option Ouest

Derrière le duo de tête, la course-poursuite a désormais lieu sur une route distincte. Revenu à la troisième place, Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) l’a expliqué ce matin : « Quand je regarde ce qu’il y a au menu entre l’Angleterre et l’Irlande, du vent fort, de la mer, du courant contraire, un DST à négocier dans un passage étroit, franchement, ça me prend l’estomac. Même si c’est probablement la route gagnante, je ne le sens pas »

Le skipper italien ne devrait pas être le seul dans cette voie puisque Violette Dorange (Initiatives Cœur) qui a longuement hésité, se positionne aussi pour suivre la même route que lui. Ce matin, elle faisait part de sa réflexion : « Cela fait plusieurs heures que je tourne le problème dans tous les sens. Pour l’instant, je penche plutôt pour un contournement par l’ouest. Je vais essayer de compenser par des choix stratégiques et tirer le meilleur parti de ce qu’il me reste à bord »

À noter que Francesca Clapcich (11th Hour Racing, 4e) privilégie de son côté le canal du Nord : « Je sais que c’est une option plus complexe mais c’est celle que j’ai envie de défendre. S’il faut ralentir légèrement à certains moments pour rester dans une zone de confort, je le ferai »

Vers un regroupement général à l’arrivée ?

S’il a mené une grande partie de la course, Sam Goodchild sait que rien n’est encore fait. En cause ? Une grande zone de molle (zone sans vent) de la pointe bretonne jusqu’au large des Sables d’Olonne, qui va fortement ralentir la tête de la flotte. Les cinq premiers devraient donc se regrouper pour offrir un final à couper le souffle.

Ce scénario bouleverse aussi les ETA (heure estimée d’arrivée). Les cinq premiers pourraient donc tous arriver dans la nuit de lundi à mardi avec « quelques heures d’écart seulement » selon Christian Dumard, le météorologue de la course.

Source : Ch Hamonic