Après avoir bouclé la troisième étape de ralliement, hier soir peu avant 21 heures pour les derniers concurrents, les équipages du Tour Voile ont retrouvé Camaret-sur-Mer avec une seule certitude : ils avaient bien mérité quelques heures de répit. Ce mardi matin, l'absence de vent leur a offert un sursis bienvenu. Initialement fixé à 13h30, l'appareillage a finalement été repoussé, le temps que la brise thermique accepte enfin de s'engouffrer dans le goulet de Brest. Lorsqu'elle s'est finalement invitée, aux alentours de 15 heures, il n'était plus question de laisser passer sa chance. Cette unique manche disputée dans 6 à 8 nœuds de vent allait finalement être la seule validée de la journée. Une seule occasion de faire une différence au classement… qui a pris une valeur considérable.
Savoir attendre... puis frapper au bon moment
Le plus difficile n'a peut-être pas été de naviguer. Il a d'abord fallu patienter, sans perdre le fil. Un peu comme un coureur maintenu dans ses starting-blocks plus longtemps que prévu : rester relâché, mais être capable de jaillir au premier signal. « Ça a commencé par un petit retard à terre. Il a fallu réussir à gérer ça, rester concentrés et arriver sur l'eau avec l'envie de bien faire », a expliqué Arthur Meurisse. Lorsque le départ a enfin été donné, son équipage n'a pas tergiversé. Auteur d'un excellent envol, Dunkerque – Kiloutou a immédiatement pris place aux avant-postes avant de parfaitement contrôler la manche. « Le vent s'annonçait changeant mais, finalement, il est resté assez stable pendant la course. On a pris un super départ, ça nous a tout de suite placés dans le groupe de tête et, ensuite, le chemin était assez clair dans nos têtes. On a pu dérouler notre jeu jusqu'à la victoire. » Une victoire qui récompense la régularité affichée depuis le début de l’épreuve sur les parcours construits. « Ce sont toujours quelques petits points de repris au général. Ça fait du bien au moral et ça nous donne déjà envie de repartir nous battre demain. »Saisir l'unique occasion
Derrière les Nordistes, cette unique manche a permis à plusieurs équipages de retrouver des couleurs. Après deux journées particulièrement compliquées lors du Grand Prix Saint-Brieuc Armor Agglomération puis sur la troisième étape de ralliement, CER – Ville de Genève a signé une belle deuxième place. Une performance qui rappelle que les Suisses savent particulièrement bien exploiter les petits airs. « Ça fait vraiment du bien. On sait qu'il y aura toujours des journées moins bonnes sur un Tour Voile. L'important, c'est de continuer à faire ce que l'on sait faire quoi qu’il arrive », a confié Nils Palmieri. Habitué aux vents légers sur les lacs helvétiques, le skipper a toutefois rappelé que la Bretagne ajoutait une difficulté supplémentaire. « Chez nous, on navigue souvent dans le petit temps, mais beaucoup moins avec du courant. Ici, il faut composer avec les deux ! », a-t-il souri.Autre belle opération du jour : celle de Région Bretagne – CMB Espoir. Pourtant rappelé pour départ anticipé, tout comme APCC Centre de Formation - finalement contraint à l'abandon après avoir déchiré sa grand-voile -, Paul Loiseau est revenu franchir la ligne avant de repartir bon dernier. Passée cette petite bouffée d'impatience, le leader du classement général est progressivement revenu au contact jusqu'à décrocher une jolie troisième place. « Ça faisait quatre jours que je n'avais pas navigué... j'avais un peu trop hâte de partir ! », a plaisanté le skipper. « On est restés concentrés. On savait que dans ce vent-là, tout pouvait encore se passer. Il suffisait de continuer à faire avancer le bateau. Finalement, on a réussi à sauver les meubles. » Une remontée qui lui permet, ainsi qu’à ses équipiers du jour, de conserver les commandes du classement général provisoire après vingt-deux courses, avec 18,5 points d'avance sur leurs dauphins.
Le même scénario demain ?
À peine cette première régate terminée, Yann Chateau a tenté de prolonger la journée en lançant deux nouvelles procédures de départ. Mais le thermique, aussi capricieux qu'à son arrivée, n'a pas jugé utile de faire des heures supplémentaires. Les deux tentatives ont finalement été annulées avant même le passage de la première marque, renvoyant la flotte vers Camaret-sur-Mer avec une seule course validée. Demain, le scénario pourrait bien se répéter. Les prévisions annoncent une situation très proche de celle de ce mardi, avec une nouvelle attente avant l'installation du vent. Si les conditions le permettent, la Direction de course espère lancer deux parcours construits avant un parcours côtier de onze milles. Une nouvelle journée où il faudra sans doute savoir patienter... avant de saisir, une fois encore, le bon moment lorsque le vent décidera enfin de montrer le bout de son nez.Le programme du mercredi 8 juillet 2026
12h30 Appareillage des bateauxA suivre signal d’avertissement
18h45 Briefing équipages
19h00 Remise des prix de l’étape de Plérin – Camaret-sur-Mer sur la scène du village du Tour Voile, au pied de la tour Vauban, en présence de Monsieur Joseph Le Mérour, maire de Camaret-sur-Mer, et Madame Gladys Grelaud, conseillère régionale de la Région Bretagne
Classement
Source : J Cornille
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