Après un début de saison perturbé par le chavirage de son Ocean Fifty survenu fin avril en Méditerranée, Luke Berry s'apprête à renouer avec la compétition. Samedi 11 juillet, le skipper prendra le départ de la Drheam Cup, à Cherbourg. Cette course de 1 000 milles marquera non seulement son retour en course depuis la Transat Café L'Or 2025, mais aussi la toute première épreuve en solitaire de sa carrière en Ocean Fifty. Une étape majeure dans sa préparation à la Route du Rhum.
« Il y a encore quelques semaines, la possibilité de s’engager sur la Drheam Cup n'était pas du tout une évidence, rappelle d’emblée Luke Berry. Après le chavirage, nous avons réussi à remettre rapidement le bateau en état, à le ramener à Saint-Malo et à honorer toutes nos sorties partenaires. Aujourd'hui, nous pouvons enfin reprendre le chemin de la compétition. J'ai hâte de retrouver la navigation engagée, de remettre ma casquette de skipper et mon ciré. Depuis plusieurs mois, notre quotidien était avant tout consacré à la gestion de projet. Aujourd'hui, nous revenons enfin à ce qui nous anime le plus : la confrontation sportive au large. »
Émotions contrastées
Cette Drheam Cup 2026 marque plusieurs premières importantes pour Luke Berry : première course depuis la Transat Café L’Or 2025, premier rendez-vous en solitaire depuis la Route du Rhum 2022 disputée en Class40 et, surtout, toute première épreuve en solo en Ocean Fifty. Un rendez-vous forcément important pour le skipper, qui aborde cette échéance avec un mélange d'excitation et d'appréhension. « Naviguer en Ocean Fifty est déjà exigeant en équipage ; en solitaire, c'est encore un autre niveau. La météo annoncée semble plutôt tonique, donc il faudra être vigilant dès le début », prévient-il.Tiraillé par des émotions contrastées, Luke ne s’en cache pas : il ressent aussi une certaine frustration. « Le bateau n'est pas encore à 100 % de son potentiel, explique-t-il. Nous naviguons avec un mât de prêt, conçu pour un autre bateau, et une configuration de voiles qui n'est pas totalement adaptée. Cela impacte forcément les performances et, aujourd’hui, je ne peux pas courir à armes égales avec les autres concurrents. J'aurais évidemment préféré arriver avec un trimaran totalement opérationnel et davantage d'entraînement. Mais cela fait aussi partie du métier : accepter la situation, composer avec ce que l'on a et donner le meilleur malgré tout. »
Objectif qualif’
En revanche, Luke Berry peut compter sur une très bonne connaissance du parcours de 1 000 milles entre Cherbourg et Lorient, disputé en Manche, en mer d'Irlande et dans le golfe de Gascogne. S'il découvrira son trimaran en solitaire, il n’évoluera donc pas en terrain inconnu, loin de là. Par ailleurs, tous ses futurs concurrents de la Route du Rhum seront présents, faisant de cette Drheam Cup un galop d'essai particulièrement instructif.Luke ne se met pas de pression de résultat. Il voit avant tout cette épreuve comme une étape de reconstruction, l’occasion de retrouver le rythme et de reprendre confiance. Surtout, elle lui permettra de valider sa qualification pour la Route du Rhum.
La suite du programme est déjà bien définie. Après la Drheam Cup, l'équipe entamera un chantier estival avec notamment au programme l'installation du nouveau mât, courant août. Puis les mois de septembre et octobre seront consacrés à des entraînements intensifs. L'objectif sera clair : accumuler les milles, retrouver les automatismes et arriver au départ de la Route du Rhum avec un bateau au top de ses possibilités, et un skipper parfaitement préparé.
Départ anticipé
Compte tenu des conditions difficiles en Manche dans la nuit de dimanche à lundi, la direction de course a pris la décision d’avancer le départ de 24h00 au samedi 11 juillet à 11h00 locale.Source : Ch Bonis
