La 5e édition des 24H Ultim s’est élancée ce vendredi à 13h, dans une superbe lumière et un flux d’ouest de 6 à 8 nœuds forcissant. Entre la pointe du Talus et l’île de Groix, les 11 Ocean Fifty et les 4 ULTIM® ont offert un magnifique spectacle avant de mettre le cap vers l’archipel des Glénan, première marque du parcours. À 38 jours du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, cette confrontation de 24 heures constitue une répétition grandeur nature pour les solitaires comme pour leurs équipes. Et si le départ s’est joué dans le petit temps, le menu va rapidement se corser.
Il était 13h pétantes lorsque les 15 multicoques ont lâché les chevaux face aux falaises de Groix. Dans 6 à 8 nœuds de vent d’ouest, ULTIM® et Ocean Fifty ont aussitôt dû entrer dans le jeu tactique pour rejoindre la première marque du parcours, la cardinale sud Jument de Glénan, avant le waypoint BPGO. Plusieurs virements de bord étaient au programme dès les premiers milles.
Chez les Ocean Fifty, Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) a été le premier à couper la ligne, bâbord amure, tandis que Baptiste Hulin (Viabilis Océans) se positionnait rapidement aux avant-postes. Côté ULTIM®, Sodebo Ultim 3 a été le premier à franchir la ligne. Petit temps certes, mais déjà de belles accélérations sur mer plate pour les grands trimarans, sur fond de falaises de Groix baignées de lumière.
360 milles pour les ULTIM®, 290 pour les Ocean Fifty
Après les premières heures de navigation, le rythme devrait sérieusement s’accélérer. Les ULTIM® vont enchaîner sur un long bord de portant avant de contourner leurs waypoints Région Bretagne et Lorient Agglomération, puis de remonter au près vers Groix. Au total, près de 360 milles sont au programme des géants des mers. Les Ocean Fifty évolueront sur un tracé d’environ 290 milles, avec leurs propres waypoints Région Bretagne et Lorient Agglomération positionnés plus au nord.Si les premières heures devraient permettre aux marins de prendre progressivement leurs marques, la nuit s’annonce beaucoup plus musclée. Le vent va se renforcer pour atteindre 20 à 25 nœuds et la mer pourrait se creuser jusqu’à trois mètres. Dans ces conditions, les solitaires devront enchaîner les manœuvres, maintenir des vitesses élevées et rester particulièrement vigilants à bord de machines aussi puissantes qu’exigeantes.
« Ça va être sport. Dès ce soir, ils vont être bien cuits ! », résume avec le sourire Pascal Bidegorry, veilleur sur Actual Ultim 4. Pour lui, ces 24 heures constituent aussi une occasion précieuse d’observer Anthony Marchand en situation : « Le but est de regarder, de prendre des notes sur les manœuvres d’Anthony. Le parcours sera court et intense, et c’est important de vivre ce relationnel en mer alors que, d’habitude, je suis à terre, en cellule routage. C’est bien d’avoir quelqu’un qui valide nos outils de travail. Il va y avoir des notes à prendre ! Ça part avec peu de vent, mais on aura rapidement une vingtaine de nœuds en arrivant à Penmarc’h. Antho va gérer pas mal de manœuvres, au près comme au portant. Ça va être sport ! »
Un parcours pour « challenger » les solitaires
Même enthousiasme du côté de Thomas Coville (Sodebo Ultim 3), qui s’attend à 24 heures particulièrement complètes : « Yann Eliès nous a préparé un joli parcours ! Ça va être très technique, très physique, avec beaucoup de manœuvres et beaucoup d’enchaînements, sur des bateaux très difficiles à manœuvrer. Cela va demander un engagement physique et mental total. C’est très bien vu de sa part. C’est ce qu’on demande à cet événement : nous challenger. La météo va être changeante, avec un passage de front, du vent fort, de la mer, mais aussi du vent faible. Une adaptation de chaque instant ! C’est un autre exercice par rapport aux grandes chevauchées auxquelles nous sommes habitués. »Chez les Ocean Fifty, le constat est identique. Luke Berry (Le Rire Médecin-Lamotte) se réjouit de la variété du menu : « Le parcours va être sympa. On va faire du près, puis du vent arrière dans du vent fort, du travers avec de la mer et une petite remontée pour revenir sur Lorient. On aura un peu de vent fort, un peu de mer, ce sera engagé, mais pas plus que ça. Cela ne nous inquiète pas, même s’il faudra rester prudent. J’adore ce rendez-vous des 24H Ultim : c’est à la fois du partage et de la compétition. Cela nous permet d’être dans un bon rythme à un mois du départ de la Route du Rhum. »
Un cocktail météo idéal À bord d’UpWind by MerConcept, Anne-Claire Le Berre voit elle aussi dans ces 24H Ultim un test particulièrement précieux : « C’est un beau parcours, intense, avec des conditions météo qui vont se renforcer cette nuit, avec pas mal de vent et de mer. On s’attend à 24 heures bien toniques, où il faudra beaucoup de concentration, d’engagement et d’intensité. C’est un super rendez-vous. Cela permet d’avoir les bateaux en configuration Rhum, de voir ce qui manque. Toute la partie à terre est aussi très intéressante. C’est vraiment une répétition, c’est formidable, et on est super contents de se retrouver. C’est un beau rendez-vous. »
Une répétition que Pierre Quiroga (Wewise) qualifie volontiers de « cocktail idéal » avant le grand bain de la Route du Rhum : « Le parcours est varié, optimisé, avec plein de phases différentes : du vent, moins de vent, des rotations… Je suis absolument certain qu’on ne fermera pas beaucoup les yeux ! C’est une confrontation intense, avec beaucoup de manœuvres et des conditions fortes entre Penmarc’h et Yeu. Il n’y a rien de mieux que de se frotter une dernière fois en solo avec les petits copains. C’est court et intense. Il faudra gérer la fatigue, car il va y avoir beaucoup de choses à faire sur ce parcours, avec pas mal de manœuvres. Je suis super content de cette confrontation dans des conditions toniques. »
Les premières arrivées à Lorient sont attendues demain, samedi, entre le lever du soleil et la mi-journée. Le dernier waypoint 24H Ultim, positionné dans l’ouest de Groix, restera une variable d’ajustement entre les mains de la direction de course, qui pourra modifier sa position en fonction des derniers fichiers météo.
D’ici là, après la douceur lumineuse du départ, changement de décor : du vent, de la mer, des manœuvres à répétition et très peu de sommeil. Exactement ce que les solitaires étaient venus chercher sur les 24H Ultim !
Source : J Cornille


