Tara Polar Station a atteint son objectif de prise en glace, "poser un diagnostic sur l’état de santé de l’océan Arctique central"

 

En dérive dans l’océan Arctique central : Tara Polar Station et son équipage de douze personnes commencent leur expédition scientifique au pôle Nord. Vingt ans après la prise en glace de la goélette Tara en Arctique, Tara Polar Station se retrouve volontairement prisonnière des glaces. L’expédition Tara Polaris I (2026-2027) lance le début d’un programme de recherche international prévu sur les deux prochaines décennies qui permettra de comprendre l’état de santé de notre seul océan polaire et de notre planète.

Crédit : S Devrient 




Tara Polar Station est partie le 19 juillet de Lorient, son port d’attache, pour rejoindre la Norvège en août et accueillir à Kirkenes le premier équipage d’hivernants. La traversée des eaux russes s’est bien déroulée, grâce à la coopération avec l’administration de la Route Maritime du Nord, malgré des conditions météo délicates. Le 8 septembre, dans le cadre d’une collaboration franco-chinoise, le Xue Long 2, brise-glace océanographique du Polar Research Institute of China qui étudiait la zone depuis 2 mois, a rejoint Tara Polar Station à un point de rencontre fixé entre les deux navires. Le Xue Long 2 a ainsi ouvert la voie à Tara Polar Station et lui a permis d’atteindre son objectif de prise en glace par 82°24’N 155°03’E le 9 septembre à midi heure de Paris. Amarrée à un vaste bloc de glace, la station a commencé sa dérive. L’équipage lancera les recherches et ses nombreux protocoles d’échantillonnage au fur et à mesure que la glace autour de la station sera bien stabilisée par le froid hivernal.

Romain Troublé, Directeur général de la Fondation Tara Océan : “C’est un moment très important pour la Fondation Tara Océan mais aussi pour l'exploration polaire en général. Cela fait plus de 10 ans que nous avons imaginé cette base polaire dérivante destinée à étudier l’Arctique au fil des saisons et sur le long-terme. Je remercie nos équipes et nos partenaires pour la réussite du projet. Aujourd’hui, 80 scientifiques issus de 32 institutions de 12 pays sont mobilisés autour de cette première expédition Tara Polaris I. Collectivement, nous allons pouvoir vous raconter ce pôle, mais aussi poser un diagnostic sur l’état de santé de l’océan Arctique central et faire avancer la connaissance et la gouvernance de cette région sentinelle des changements globaux.” 

L’équipage du premier hivernage de Tara Polaris I est prêt à vivre plus de huit mois ensemble. Quatre marins, six scientifiques, une docteur et un correspondant de bord se sont engagés, après des tests d'aptitudes physiques, psychologiques et diverses formations, dans l'hivernage, l’une des phases les plus exigeantes, étant donné les quatre longs mois de nuit polaire. Ils et elles seront relevés à la mi-avril en avion avec l’arrivée du printemps.

Source : S Roux