La Roche-Posay Racing, premier AC75 à l'eau à Naples, Quentin Delapierre : "une vraie fierté de porter ce défi tricolore"

 

La Roche-Posay Racing Team donne le coup d'envoi de la 38e America's Cup à Naples. Première équipe à mettre son AC75 à l'eau dans la baie qui accueillera la compétition en 2027, le Challenger français marque une étape majeure de sa campagne. Après une première phase de navigation à Lorient cet été, l'équipe poursuit sa préparation avec son AC75 adapté au règlement de la 38e America's Cup et un collectif renforcé. Une nouvelle phase sportive et technologique s'ouvre pour La Roche-Posay Racing Team, déterminée à faire progresser le challenge français parmi les meilleures équipes mondiales.


Crédit : N Touze



Le premier AC75 à l'eau à Naples : un moment fort pour le Challenger français

Ce lundi 19 octobre, à 14 heures, devant les partenaires, invités et médias réunis pour l'occasion, l'AC75 de La Roche-Posay Racing Team a retrouvé son élément. Quelques instants plus tard, le monocoque volant s'élançait pour sa première navigation dans la baie de Naples, avec le Vésuve en toile de fond. Un décor spectaculaire, mais surtout un symbole : c'est sur ce même plan d'eau que se joueront les régates de la 38e America's Cup en 2027.

Pour le challenge français, cette première mise à l'eau napolitaine est bien plus qu'une cérémonie. Elle concrétise plusieurs mois de préparation et marque le début d'une nouvelle séquence sportive. Première équipe à installer son AC75 sur le futur théâtre de la compétition, La Roche-Posay Racing Team entre dans le vif du sujet.

Paré des couleurs de La Roche-Posay, son partenaire titre, l'AC75 de près de 23 mètres a été adapté aux exigences du règlement 2027. Déjà présente à Naples, l'équipe va pouvoir enchaîner les navigations, confronter les développements techniques à la réalité du terrain et accélérer sa montée en puissance.

Quentin Delapierre, skipper de La Roche-Posay Racing Team : « Voir notre AC75 à l'eau ici, à Naples, c'est un moment très fort pour toute l'équipe. On est sur le plan d'eau où se jouera l'America's Cup dans quelques mois, et tout devient soudain beaucoup plus concret. Il y a énormément de travail derrière cette mise à l'eau, beaucoup de personnes qui se sont investies pour nous permettre d'être ici aujourd'hui. En tant que skipper, je ressens une vraie fierté de porter ce défi tricolore. Maintenant, on a surtout une envie : naviguer, faire voler ce bateau et vivre pleinement cette aventure jusqu'en 2027. »

Le compte à rebours est lancé : six mois pour franchir un cap

Sur l'eau, le défi est immense. L'America's Cup est une compétition unique, où les talents des marins, la maîtrise technologique et la capacité à progresser rapidement font la différence. Chaque journée de navigation compte.

Sous la direction sportive de Philippe Presti, double vainqueur de l'America's Cup, le collectif français s'est enrichi de deux champions olympiques, Diego Botín et Florian Trittel, venus rejoindre Quentin Delapierre et les autres talents de l'équipe.

La préparation repose sur trois axes complémentaires : navigation, analyse et développement de la performance, et simulation. À cela s'ajoutent un travail spécifique sur le match racing et la recherche des meilleures combinaisons d'équipage. L'enjeu est de transformer chaque sortie en mer en progrès mesurables, dans une course contre la montre jusqu'au rendez-vous de 2027.

Philippe Presti, directeur sportif de La Roche-Posay Racing Team : « Nous avons montré en AC40 que nous étions capables de rivaliser avec les meilleurs à armes égales, et c'est très encourageant. Mais l'America's Cup est aussi une compétition technologique, dans laquelle le développement du bateau joue un rôle déterminant. Les six prochains mois vont être essentiels pour exploiter pleinement le potentiel de notre AC75 et poursuivre notre progression. Nous avons renforcé notre équipe et nous disposons d'une vraie marge de progression. Notre ambition est de franchir un cap par rapport à Barcelone et de nous battre pour une place dans le dernier carré, ce qui serait historique pour un Challenger français. »

Maelenn Lemaître, stratège à bord de l'AC75 de La Roche-Posay Racing Team : « Ce qui m'anime le plus, c'est l'envie de devenir meilleure chaque jour et de progresser vite. C'est ma toute première America's Cup : je découvre et j'apprends énormément au quotidien. Les défis sont nombreux, aussi bien sur le plan technologique que sportif, mais le plus grand challenge reste le temps. C'est une véritable course contre la montre. Mon défi personnel est d'acquérir rapidement toutes ces nouvelles connaissances pour pouvoir y apporter mes compétences de tacticienne en match racing et d'ingénieure, et être performante lors de l'America's Cup. »

Diego Botín, barreur de La Roche-Posay Racing Team : « L'America's Cup nous a toujours attirés. Quand l'opportunité de rejoindre le Challenger français s'est présentée, nous avons tout de suite été séduits par les personnes qui portent ce projet et par la façon dont il est construit. C'est une équipe à taille humaine, où chacun s'investit pleinement et où tout le monde avance dans la même direction. Cette cohésion et cette énergie collective sont de vraies forces. Nous avons entre les mains un bateau au potentiel considérable, et nous avons hâte de découvrir tout ce qu'il peut nous offrir. »

La Roche-Posay : quand la compétition devient un laboratoire à ciel ouvert

Cette mise à l'eau marque également la première apparition de l'AC75 français à Naples sous les couleurs de La Roche-Posay, partenaire titre de l'équipe.

Au-delà de sa présence sur le bateau, la marque a engagé un programme scientifique avec les marins du Challenger français. Lancé en août dernier au laboratoire de Chevilly, ce protocole médical associe les athlètes à un suivi dermatologique tout au long de la campagne jusqu'à Naples 2027.

Alexandra Reni-Catherine, CEO de La Roche-Posay : « Voir l'AC75 français porter les couleurs de La Roche-Posay à Naples, c'est le début d'une aventure que nous avons préparée avec toute l'équipe. L'America's Cup est un terrain d'exigence ultime, pour les hommes et les femmes qui y courent comme pour leur peau, exposée aux UV, au sel, au vent et aux chocs thermiques. C'est pour cela que nous y sommes : en faire un véritable laboratoire à ciel ouvert. Avec le protocole médical lancé avec les marins de La Roche Posay Racing Team, nous suivons leur peau tout au long de la campagne, dans des conditions extrêmes. Notre ambition commune pour cette 38e America's Cup est double : accompagner l'équipe vers la meilleure performance, et transformer ce que nous apprenons sur l'eau en protection et en soins utiles à chacun d’entre nous, au-delà de la compétition. »

De Barcelone à Naples, le challenge français change de dimension

Cette mise à l'eau raconte aussi une autre histoire : celle d'un Challenger français qui, pour la première fois, peut construire sur les acquis d'une campagne précédente.

Après Barcelone 2024, K-Challenge a conservé son AC75, ses infrastructures et une partie de son collectif. Une continuité essentielle dans une compétition où les années d'expérience et de développement constituent un avantage considérable.

Cette ambition s'accompagne d'une avancée historique en dehors du plan d'eau. K-Challenge, porté par Stephan Kandler, fait désormais partie des sept membres fondateurs de l'America's Cup Partnership (ACP), aux côtés d'Emirates Team New Zealand, Athena Racing, Luna Rossa, Tudor Team Alinghi, Arc Team USA Challenge et Team Australia. Pour la première fois, le Challenger français participe directement à la gouvernance et aux décisions qui dessineront l'avenir de la compétition, avec l'objectif de construire un modèle plus stable, plus attractif et économiquement durable, notamment avec des cycles de 2 ans.

Stephan Kandler, CEO de K-Challenge / La Roche-Posay Racing Team : « Avec cette nouvelle campagne, nous franchissons une étape importante dans l'histoire de la France dans la plus ancienne épreuve sportive au monde. Pour la première fois, nous avons pu capitaliser sur une campagne précédente, conserver nos compétences, nos outils et notre expérience pour construire un projet plus solide. Voir notre AC75 à Naples aujourd'hui est un moment fort, mais c'est surtout le début d'une nouvelle phase de notre ambition. Nous voulons installer durablement la France parmi les meilleures équipes mondiales et construire une plateforme capable, un jour, de remporter l'America's Cup. »

Source : V Bouchet