Vendée Globe / Impossible de réparer, Sébastien Josse abandonne : "Il va falloir débriefer"

Depuis 48 heures, Sébastien Josse, actuel troisième du Vendée Globe, a dû faire passer la course au second plan pour se concentrer exclusivement sur sa sécurité suite à une avarie majeure de son foil bâbord. Ce mercredi, la nette amélioration de la situation a permis au skipper de réaliser enfin un véritable état des lieux des dommages subis par Gitana 16. Bilan : le marin doit abandonner. La course perd un de ses grands favoris.


Gitana 16 abandonne le Vendée Globe !
Credit : JM Liot/DPPI/Gitana SA/VG

Impossible de réparer
Après de nombreux échanges et quelques tentatives, les options de réparation sont trop difficiles à mettre en œuvre en pleine mer par un homme seul et s'apparentent plus à des réparations provisoires qu'à des solutions pérennes. Le moment est difficile et la déception immense.


Pas de regrets
« Mon univers depuis un mois est de douter en permanence pour être performant ! Alors forcément la décision d'abandonner a été très difficile à prendre mais elle est mûrement réfléchie et assumée par tous. Gérer la déception, cela va durer des semaines, des mois. car ce n'est pas uniquement le fait d'arrêter la course, c'est tout ce qu'il y a derrière : la passion, l'énergie et l'engagement que nous mettons tous dans de tels projets, » confiait Sébastien Josse.

« C'était dur il ne faut pas se le cacher car les bateaux sont très exigeants et inconfortables. Pour aller vite, il faut 'foiler' et pour 'foiler' il faut être dessus en permanence ! Mais j'étais content d'être là. Je me suis donné du mal et je n'ai pas de regrets sur cette course dans ma manière de la mener, de naviguer. » 


"Nous irons rapidement de l'avant"
« Si la compétition est l'essence même des courses au large et le moteur pour la majorité des marins et leurs équipes, la priorité absolue demeure la sécurité des hommes et de leurs bateaux. Il existe forcément des risques à s'élancer sur un tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance mais ils sont acceptés dans une certaine maîtrise. 

Car au large, le saut dans l'inconnu et l'approximation ne peuvent pas faire partie de l'adéquation. C'est un coup très dur pour notre équipe, nous sommes tous très déçus mais nous irons rapidement de l'avant et le projet qui nous attend - celui du maxi-multicoque - est en cela une chance » déclarait Cyril Dardashti, le directeur du Gitana Team.



Sébastien Josse revient sur son avarie

Lundi matin à 10h30, Sébastien Josse avertit son équipe d'une avarie majeure sur le foil bâbord d'Edmond de Rothschild suite à un enfournement : « Quand le bateau s'est relancé j'ai senti que quelque chose n'allait pas et j'ai vite vu qu'il y avait un problème avec le foil bâbord, il était dans l'eau alors que je naviguais foils relevés. J'ai été ouvrir la trappe du puits de foil à l'intérieur et j'ai pu constater qu'il y avait de la casse. 

Le point d'attache du bout situé sur la tête de foil, qui est pourtant une pièce en carbone imaginée et dimensionnée pour résister à de fortes contraintes, a cédé. Il fallait faire vite car le foil ne tenait plus que grâce à deux vis et si il sortait de sa cale cela pouvait avoir des conséquences beaucoup plus graves. Il pouvait endommager le puits en se mettant en travers, ce qui pouvait amener à une voie d'eau. 

J'ai empanné très vite pour sécuriser le foil et éviter cette situation mais malheureusement le timing météo était mauvais. Pour préserver le matériel endommagé il aurait fallu que je continue tribord amures en direction du Nord-Est mais la dégradation annoncée réclamait que je replonge au Sud-Est, appuyé sur le foil blessé dans des mauvaises conditions. »


"Nous avons minimisé les conséquences des avancées technologiques"
« Les monocoques à foils sont très différents des précédents bateaux. Avec ce Vendée Globe, les grosses équipes défrichent pour tout le monde. Il va falloir débriefer avant de tirer des conclusions car le but n'est vraiment pas d'incriminer qui que ce soit, nous sommes là pour progresser, mais je pense que nous avons minimisé les conséquences des avancées technologiques et tous traité cette révolution comme un changement traditionnel. 

La gestion des foils et leurs systèmes doivent être pensés différemment car les charges qu'ils subissent sont énormes. Nous avons fait des erreurs dans l'intégration de ces appendices car nous y avons réfléchi comme pour des dérives classiques, alors que désormais le bateau repose sur les foils.»


Vers l'Australie
Naviguant par 41° Sud et 107° Est, le Mono60 Edmond de Rothschild fait actuellement route vers l'Australie. Les membres du Gitana Team travaillent à la meilleure option et détermineront dans la journée la destination de Sébastien Josse qui pourrait être Perth, au Sud-Ouest, ou Adelaïde, sur la côte Sud, selon les solutions de rapatriement dont disposent les deux ports australiens.

Par la rédaction
Source : Zephyr Comm